🦄La licorne : animal lĂ©gendaire Ă  la corne magique

La lĂ©gende de la licorne dĂ©bute avec celle du monocĂ©ros, dans l’AntiquitĂ©. Puis le Moyen-Ă‚ge pose les bases du cheval imaginaire. L’animal devient reconnaissable grâce Ă  sa corne unique qui recèle de vertus magiques.

Une licorne cachée dans la forêt

Les origines de la licorne

La lĂ©gende de l’animal fabuleux remonte Ă  l’AntiquitĂ©. AppelĂ© monocĂ©ros, « une seule corne », Ă  cette Ă©poque, il apparaĂ®t pour la première fois en Inde. Les Indiens donnent la chasse Ă  la bĂŞte sauvage composĂ©e d’un buste de cerf, d’un corps de cheval, de pieds d’Ă©lĂ©phant et d’une queue de sanglier. Sa tĂŞte pourpre possède une longue corne droite au centre du front, blanche Ă  la base, noire au milieu et rouge Ă  l’extrĂ©mitĂ©. Un bleu foncĂ© colore ses yeux.

CtĂ©sias, mĂ©decin grec antique et historien de la Perse et de l’Inde, en parle dans ses Ă©crits. Dans les textes anciens, l’appellation « unicorne » figure Ă©galement. En Chine ancienne, la licorne symbolise la royautĂ©.

Elle est liĂ©e aux rĂ©vĂ©lations. Sa corne unique, rayon solaire, reprĂ©sente la rĂ©vĂ©lation divine. Dans les traitĂ©s alchimiques, elle s’associe au troisième Ĺ“il.

Un cheval blanc

L’hĂ©raldique moyenâgeuse dĂ©finit le nom et les traits physiques de la licorne. Pur-sang Ă  la robe blanche, elle rassemble les vertus chevaleresques : l’amour courtois, le courage, la puissance et la puretĂ©.

Elle se cache dans les forĂŞts profondes. Solitaire, elle retrouve son partenaire Ă  la saison des amours, au printemps. L’agilitĂ©, la force et la rapiditĂ© la caractĂ©risent. Douce, elle se montre fĂ©roce pour protĂ©ger ses petits ou se mesurer Ă  un Ă©lĂ©phant. Ses sabots tranchent la chair et son cĂ´ne frontal, aiguisĂ© sur les rochers, perce tout ce qu’il frappe.

Le lion, roi des animaux, la redoute lui-mĂŞme. Pour lui Ă©chapper, il se camoufle derrière un arbre et la dĂ©vore quand elle coince sa dĂ©fense dans l’Ă©corce. Le prophète David prie Dieu de lui Ă©pargner la gueule des lions et la violence des licornes.

Une vierge et une licorneLors du DĂ©luge, l’arche ne peut accueillir le cheval fantastique. Il reste attachĂ© au bateau par une corde et survit, de cette manière, aux eaux torrentielles. Selon d’autres, il demeure un animal antĂ©diluvien dont la disparition remonte bien avant cet Ă©pisode dans l’histoire de l’humanitĂ©.

Furtive, la galopeuse cornue s’apaise Ă  la vue d’une jeune vierge. Les chasseurs utilisent cette ruse pour la capturer. Son reflet l’hypnotise Ă©galement.

Une corne aux propriétés magiques

L’excroissance torsadĂ©e recèle la capacitĂ© de purifier l’eau. D’ailleurs, la faune attend que la crĂ©ature chevaline la trempe dans les eaux toxiques pour l’assainir, avant de s’abreuver. UtilisĂ©e pour boire, elle prĂ©serve des convulsions et des crises d’Ă©pilepsie, qu’importe le liquide qu’elle contient : eau, liqueur, vin.

Mais son pouvoir le plus important reste sa nature d’antipoison universel. En buvant dedans, la personne s’immunise contre tous les poisons. Mieux, ce procĂ©dĂ© guĂ©rit immĂ©diatement l’empoisonnement. Certains rois mĂ©fiants Ă©tanchaient leur soif uniquement dans ces ivoires protecteurs.

Pour vĂ©rifier l’authenticitĂ© de la corne, une araignĂ©e, un crapaud ou une vipère se place Ă  cĂ´tĂ©. Si la bĂŞte meurt et que le prĂ©cieux sĂ©same devient moite, l’excroissance conique est bien celle du fameux unicorne. La poudre extraite traite l’ivresse, la peste, la rage et un certain nombre de maladies incurables.

La licorne demeure le symbole de la puretĂ© au travers de sa blancheur, de son attirance pour les jeunes filles vierges et de son pouvoir de purification contre les poisons. Aujourd’hui, elle galope dans de nombreuses Ĺ“uvres de fantasy.


Sources :
  • La licorne : de la lĂ©gende Ă  la rĂ©alitĂ© de Jean Savare, 1972.
  • Dictionnaire des symboles de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant.
  • Le bestiaire divin de Guillaume, clerc de Normandie, 1852.
  • Dictionnaire portatif de la mythologie pour l’intelligence des poètes d’AndrĂ© de Claustre, 1765.
  • L’EncyclopĂ©die du Merveilleux – Tome 2 : du bestiaire fantastique d’Édouard Brasey, 2006.
  • Histoire naturelle du monde surnaturel de Joel Levy et autres auteurs, 2000.
  • EncyclopĂ©die ou Dictionnaire RaisonnĂ© des Sciences, des Arts et des MĂ©tiers de Denis Diderot et Jean le Rond d’Alembert, 1772
  • Les animaux ont aussi leur histoire : les mystères de la licorne de Michel Pastoureau et Mathilde Wagman, Ă©mission de France Culture, 2015.
Images libre de droit sur Pixabay ; auteurs : ArtsyBee & Ractapopulous

 

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