La gargouille

Dégorgeoir par lequel s’évacue l’eau des gouttières, la gargouille, statue de pierre, orne les cathédrales. Pourquoi avoir choisi cette effigie monstrueuse ? Remontons en l’an 520, à Rouen, là où la vraie gargouille montre son museau pour la première fois…

gargouille

En plein Moyen Âge, un monstre volant surgit des eaux de la Seine. Ses yeux, rouges perçants, repèrent des passants. En plein vol, elle saisit les malheureux et les déchiquette. La gargouille effectue une entrée fracassante dans la ville de Rouen. Bientôt, une inondation menace la ville, car la créature volante crache des torrents de rage.

Alors qu’il escorte un criminel, Saint Romain, premier évêque de Rouen, aperçoit la gargouille. Il la suit jusque dans la caverne qu’elle s’est construite, au bord de la Seine. Sûr de sa foi, il effectue un signe de croix qui calme la bête. Mais cela reste bien trop dangereux de s’en approcher. Le détenu surgit et, pour se repentir de ses crimes, enchaîne la gargouille. Tous deux l’amènent sur la place publique où les diocésains, ne croyant pas en la rédemption du monstre, ordonnent de le brûler. Pour rappeler cette victoire, tous les ans, à Rouen, le jour de l’Ascension, un criminel obtient grâce.

Gargouille de Paris

Constatant que la gargouille, avant son exécution, s’est tournée vers Dieu, le diable maudit toute son espèce. Les gargouilles se réfugient sur les toits des édifices, comme sur la cathédrale Notre-Dame de Paris, et se pétrifient sous les rayons du soleil. Désormais, elles demeurent les gardiennes des édifices religieux. En évacuant l’eau des gouttières, elles purifient le lieu. Leur présence permet de chasser les mauvais esprits. Sous le silence de la nuit, elles redeviennent vivantes et s’envolent jusqu’à l’aube.

Le petit +

Le mot « gargouille » se compose de la racine « garg » qui signifie gorge et de l’ancien français « goule », c’est-à-dire gueule.


Sources :

  • Dictionnaire de l’Académie française
  • Dictionnaire des sciences occultes de Jacques Collin de Plancy, 1846
  • L’Encyclopédie de la fantasy de Judy Allen, 2006
  • L’Encyclopédie du Merveilleux : du bestiaire fantastique d’Édouard Brasey, 2006
  • Revue des traditions populaires, 1980

Crédits images :

  • La Gargouille sous la tempête de Darksouls1, sur Pixabay.
  • La Gargouille de Paris de Pexels, sur Pixabay.
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