Bastet : déesse-chatte égyptienne

Dans la mythologie égyptienne, la déesse Bastet se caractérise par sa tête de chat, un animal vénéré dans l’ancienne Égypte. Elle représente les bienfaits du Soleil, en tant que fille du puissant dieu solaire Râ. Mais garde à son courroux qui laisse émerger une autre personnalité, celle de la sanguinaire Sekhmet au visage de lion !

Bastet, déesse au visage de chat

Fille solaire du divin Râ

Dans les mythes de l’Égypte pharaonique, le dieu (ou Rê) représente le Soleil. Créateur de l’univers, il possède un étrange œil magique qu’il envoie aux quatre coins du monde pour déjouer les éventuels complots destinés à le renverser.

Le pouvoir de ce merveilleux globe oculaire ne s’arrête pas là. Il prend la forme d’une des filles du maître suprême qui symbolisent chacune un aspect de l’astre du jour. Ainsi, la déesse égyptienne Bastet incarne la puissance des rayons lumineux, en compagnie de ses sœurs Hathor, Sekhmet et Maât, respectivement divinités de l’amour, du feu et de la vérité.

Elle diffuse la lumière sur la Terre et participe au renouvellement de la vie. Si la divine Bastet personnifie les bienfaits du Soleil, elle peut, cependant, se montrer destructrice…

Divinité féline des terres chaudes d’Égypte

À l’origine, l’antique déesse Bastet revêt une tête de lionne. Elle porte une croix ansée, nommée la croix Ankh, symbole de la vie, et un sceptre. Progressivement, la gueule effrayante du roi des animaux prend les doux traits d’un chat.

La délicate immortelle, sous la forme d’une chatte, se pare de bijoux. Puis elle redevient femme et conserve le faciès de l’animal. Elle joue le sistre, un instrument de musique à percussion, ou déploie l’égide, bouclier de la sage déesse grecque Athéna et emblème de la puissance suprême. Mais sur ce dernier ne figure pas l’effigie du monstre Méduse, mais celle d’une lionne.

Car, de temps à autre, la femme hybride ressent des ardeurs léonines et libère le fauve en elle. C’est là que les ennuis commencent…

Double bienfaisant de la redoutable Sekhmet

La déesse Sekhmet
La dangereuse Sekhmet laisse libre cours à ses pulsions animales.

Pacifiste, Bastet se métamorphose en sa sœur Sekhmet, sous l’effet d’une intense colère. Personnification de la fureur, cette double personnalité emprunte les traits et l’instinct des lions et symbolise les ravages du Soleil.

Quand la terrible Sekhmet prend le dessus, la sauvagerie s’abat sur les hommes. Même le puissant Râ ne peut la raisonner. Dans la légende égyptienne dite de la Lointaine, le dieu âgé apprend que les humains complotent contre lui. Il consulte l’Ennéade, un groupe de neuf divinités primordiales, qui lui conseille d’envoyer son œil prodigieux, sous la forme d’Hathor afin qu’elle dévoile les coupables.

La déesse de l’amour et de la joie devient ainsi l’œil du Soleil, mais se querelle avec son père avant son départ. Contrariée, elle s’exile dans le désert de Nubie. Le maître céleste mandate le dieu guerrier Onouris, pour la ramener.

Le combattant la retrouve sous la forme de la chatte Bastet. Pour l’apaiser, il lui narre de fabuleuses histoires sur le royaume des pyramides. L’exilée comprend sa fourberie et se change en Sekhmet, la cruelle carnivore. Ivre de rage, elle extermine un à un les êtres humains conspirateurs.

Pour calmer le fauve, Onouris lui promet des offrandes dans tous les temples égyptiens et lui remet du vin, boisson concoctée par Rê, qu’elle pense être du sang. Elle reprend, sous l’effet de l’alcool, sa version de chat.

Déesse festive de la musique, la joie et la danse

À la frontière égyptienne (la Nubie demeurait un territoire indépendant lors de l’Antiquité), une foule joyeuse accueille Bastet, selon la promesse du brave Onouris. Les deux compagnons de voyage décident de se reposer à Thèbes. Pendant la nuit, un serpent du chaos tente d’étouffer la chatte, mais le guerrier la réveille et parvient à éviter l’attaque.

De retour à Héliopolis, la ville du Soleil, l’œil reprend la forme d’Hathor et retourne auprès de son propriétaire. La fureur de Sekhmet a vaincu les ennemis de Râ, mais elle reste incontrôlable. Pour maîtriser ses accès de colère, le dieu lui institue des fêtes, lors des inondations du Nil, où l’on prendra soin de lui servir l’alcool rouge.

C’est à Bubastis (« la maison de Bastet »), dans le temple de la déesse, que se célèbrent ces cérémonies musicales qui se terminent en orgie. Tout comme Hathor, Bastet dispense les joies, les musiques et les danses.

Protectrice des chats et du foyer

Bastet est souvent représentée avec un panier dans lequel reposent ses petits. Les chatons symbolisent l’amour maternel de la déesse. De même, elle protège les nouveau-nés. Pour s’assurer sa protection, une entaille s’effectue dans le creux du bras du nourrisson où l’on verse quelques gouttes du sang du compagnon à moustaches.

Dans les sanctuaires, les statues de chats remplacent celles des lions, autrefois consacrés à Sekhmet. Bastet repousse également les maladies contagieuses et préserve les hommes des mauvais esprits.

Femme aux pupilles changeantes

Bastet surveille les mauvais esprits
Bastet veille sur la barque de Râ.

Le rapport entre la déesse Bastet et le Soleil transparaît dans les yeux du chat. En fonction de l’intensité de la lumière, ses pupilles changent de formes. Elles se réduisent à une simple fente verticale en pleine clarté.

La nuit, le chasseur à quatre pattes utilise une membrane réflectrice derrière sa rétine, pour voir dans l’obscurité. Ses yeux luisent dans le noir. Bastet, elle, chasse les ténèbres qui, sous la forme du dieu-serpent Apophis, tentent de renverser la barque de Râ, chaque soir après l’accomplissement de son parcours diurne sur le monde.

Adoratrice des chats

Maîtresse des chats, Bastet participe à les rendre sacrés auprès du peuple du Nil. Pour lui remettre des offrandes, les adorateurs nourrissent ces animaux familiers des meilleurs aliments. Ils les gardent dans leur habitat pour leurs qualités de chasseurs de rats et ainsi leur rôle dans la préservation des récoltes et l’éloignement de la peste.

À la mort d’un chat domestique, les hôtes de la maison se rasent les sourcils pour signifier leur peine. Comme le pharaon, la bête est embaumée. Sa momie, enterrée dans une nécropole, comporte des couleurs qui représentent son pelage et ses yeux.

En outre, on attribue au petit félin la capacité d’éteindre le feu. La légende raconte qu’il bondit dans les flammes, ce qui estompe subitement l’incendie.

Au travers de sa nouvelle Les Chats d’Ulthar, H.P. Lovecraft redonne à cet animal tout le pouvoir qui lui était accordé dans l’Antiquité.

Découvrir l’histoire des chats d’Ulthar

Caractéristiques et attributs de la déesse égyptienne Bastet

La déesse Bastet de l'Egypte ancienne

  • Fonctions : déesse des chats, des bienfaits du soleil, de la joie, de la musique, de la danse, de l’amour maternel et du foyer ; une des incarnations de l’œil de Râ.
  • Parenté : Fille de Râ, sœur de Sekhmet, Hathor et Maât.
  • Attributs : chat, croix Ankh, sceptre, bijoux, sistre, égide.
  • Pouvoirs : se transformer en Sekhmet, repousser les maladies contagieuses et les esprits malveillants.
  • Territoire : Égypte.

Sources :

  • Dictionnaire des Mythologies de Myriam Philibert, 1998.
  • Encyclopédie Atlas de la mythologie des Éditions Atlas, 2003.
  • Mythologies du monde entier de Roy Willis, 1993.
  • Sphinx, les gardiens de l’Égypte, exposition de 2006.
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Abracadabra : un mot magique aux origines fabuleuses

Abracadabra constitue un mot magique aux nombreuses racines. Son histoire nous mène sur les traces du dieu ancien Abraxas. Prononcée ou écrite, la formule enchanteresse manifeste la magie et s’utilise comme talisman protecteur. Remontons aux origines du pouvoir d’un mot hors du commun. ABRACADABRA !

Abracadabra-formule-magique

Origines d’un mot mystique

Le terme fabuleux abracadabra viendrait de l’hébreu ab, « père », ruah, « esprit » et dabar, « parole », ce qui désigne la Sainte Trinité. En effet, dans le christianisme, Dieu se manifeste en trois personnes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit.

D’autres historiens affirment que l’incantation se compose du mot persan abrasas qui correspond à la divinité et de l’hébreu dabar, « parole ». Abracadabra se rapporterait donc à la « parole divine ». D’une manière plus poétique, ce mot enchanteur pourrait provenir de l’hébreu abreg ad hâbra, « envole ta foudre jusqu’à la mort ». On trouve aussi l’araméen évra kedebra, « je créerai d’après mes paroles ».

L’étymologie la plus couramment retenue est celle du grec abrakadabra, formé à partir du persan abrasas. C’est cette racine qui nous amène à l’un des plus anciens dieux.

D’Abraxas à Abracadabra

Abraxas-dieu
Abraxas, un dieu ancien à tête de coq

Sous l’appellation Abraca ou Abracas, les Perses se réfèrent à l’une des plus vieilles divinités. Les Syriens reprennent son culte sous le nom d’Abraxas. On trouve même des traces de lui dans les théogonies asiatiques. Il apparaît sur des allumettes en Égypte, en Asie et en Espagne. Avec une tête de coq et des pieds en forme de serpents, il brandit un fouet.

Au deuxième siècle, l’écrivain Basilide vit à Alexandrie et se réapproprie l’étrange entité. Il développe la pensée gnostique, du grec gnostikos, « celui qui sait ». Très vite, ses disciples, les basilidiens, forment une secte qui rejette l’interprétation de la Bible faite par l’Église. Selon leur doctrine, Jésus-Christ ne serait qu’un fantôme bienveillant envoyé sur terre par Abraxas et l’homme posséderait deux âmes, une pour la raison, l’autre pour la passion. L’initiation à la gnose mène à la connaissance de vérités cachées sur Dieu et son œuvre, puis au salut.

Basilide voit en Abraxas le créateur suprême (alors que les chrétiens en font un démon). Il constate que les sept lettres grecques de son nom forment le nombre 365 comme les jours de l’année. Ainsi, le dieu gouvernerait 365 esprits ou anges qui veillent sur les 365 cieux constitués de 365 vertus, une pour chaque jour.

Les fidèles de Basilide emploient aussi le mot Plérôme pour qualifier l’être supérieur. Ce terme se rapporte à la plénitude divine composée de tous les êtres, ce qui montrerait que Dieu subsisterait dans toute vie et non plus dans la trinité. En ancienne physique, ce mot désignait l’ensemble des êtres vivants.

Pour profiter des bienfaits d’Abraxas, Basilide grave son nom sur des pierres. Peu à peu, on y inscrit sa racine grecque abrakadabra, puis abracadabra.

La magie des mots

Au départ, les pierres marquées de l’inscription divine servent de signes de reconnaissance entre les basilidiens. Portées autour de cou, elles forment un talisman qui éloigne les maladies, notamment la fièvre, et écartent les dangers. La pierre ainsi gravée prend le nom d’abraxas. Employée sur un pentacle, la locution magique abracadabra demeure tout aussi puissante.

Abracadabra-protection
L’écriture du mot abracadabra recèle aussi de grands pouvoirs.

D’autres caractères sacrés s’utilisent sur ces amulettes. C’est le cas d’agla, un mot cabalistique qui combat et chasse l’esprit malin.

Au IIIe siècle, l’auteur Serenus Sammonicus compose un poème intitulé De medicina præcepta dans lequel il propose des remèdes magiques. Pour guérir une dangereuse fièvre que les Grecs nomment « hémitritaion » (traduit par fièvre demi-tierce), le poète suggère d’écrire le mot abracadabra onze fois (ce qui correspond au nombre de ses lettres), en retirant chaque fois la dernière lettre de sorte d’obtenir un triangle inversé. Puis, le papier se suspend au cou du malade grâce à un fil de lin. Sinon, essayez la graisse de lion !

Durant tout le Moyen Âge, les syllabes enchanteresses sont reprises et rien qu’en les prononçant, on peut faire appel à la magie. D’ailleurs, les magiciens la popularisent en l’usant dans leurs tours.

Dans le langage courant, le terme donne le verbe abracadabrer, synonyme de stupéfier. Les adjectifs abracadabrant et abracadabresque renvoient à une chose extraordinaire et invraisemblable. La littérature, et notamment le poète Arthur Rimbaud, exagère encore plus l’invraisemblance avec abracadabrantesque.

Carte d’identité du mot magique Abracadabra

Abracadabra-Abraxas

  • Nature : mot.
  • Fonctions : faire appel à la magie, éloigner les maladies et les dangers, guérir la fièvre.
  • Étymologie : du persan abrasas en référence au dieu Abraxas.
  • Dérivés : le verbe abracadabrer et les adjectifs abracadabrant, abracadabresque, abracadabrantesque.

Découvrez l’histoire de la formule magique Sésame ouvre-toi !


Sources :

  • Dictionnaire de l’Académie française.
  • Dictionnaire Larousse en ligne.
  • Dictionnaire de la langue française par Émile Littré, 1873.
  • Dictionnaire Illustré des Arts Divinatoires de Thomas Decker, 1999.
  • Revue des traditions populaires par la Société des traditions populaires, 1892.
  • Dictionnaire des Symboles de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, 1969.
  • Dictionnaire des superstitions, erreurs, préjugés et traditions populaires de M. A. de Chesnel, 1856.
  • Dictionnaire des sciences occultes de Jacques Collin de Plancy, 1846.
  • Préceptes médicaux de Serenus Sammonicus de Louis Baudet, 1845.
  • Machines. Magie. Médias. de Frank Kessler, 2019.

Le Leprechaun : un lutin irlandais

Le leprechaun est un lutin venu tout droit du folklore irlandais. Cordonnier de profession, il s’amuse à jouer de mauvais tours aux humains et se garde bien de leur montrer l’emplacement de son trésor, caché au pied de l’arc-en-ciel. Symbole de la chance, il devient l’un des emblèmes de la fête de la Saint Patrick, le 17 mars.

Leprechaun

Lutin d’Irlande

Présents dans de nombreux contes et légendes, les lutins se révèlent de petits personnages malicieux avec de grandes oreilles pointues. En Irlande, le plus connu de cette espèce demeure le leprechaun. Il prend l’apparence d’un vieillard bougon de taille minuscule, barbu, coiffé d’un chapeau et de vêtements de couleurs vives.

Pour découvrir le trésor d’un lutin traditionnel, un humain devra dérober son long bonnet. Son cousin irlandais, lui, garde ses richesses dans un chaudron enterré au pied de l’arc-en-ciel. Attraper son chapeau ne suffira pas, le farceur demeure le seul à connaître l’emplacement de sa marmite remplie d’or. Sous la menace, il accepte de mener les hommes jusqu’à sa cachette, mais finit par les égarer.

Le leprechaun séjourne dans les caves des maisons de campagne ou dans les fermes abandonnées. Si vous l’apercevez, il vous rendra service. S’il vous voit en premier, il vous jouera un vilain tour !

Savetier

Solitaire, le leprechaun exerce le métier de savetier : il restaure et entretient de vieilles chaussures qu’il déniche dans les champs. Il aime confectionner des chaussons avec son petit marteau. D’ailleurs, le mot « leprechaun » dériverait du gaélique leith bhrogan, le « cordonnier à un seul soulier ». Cela s’explique par le fait qu’il répare une seule chaussure par paire.

Symbole de la chance et de la Saint-Patrick

Saint-Patrick-Maewyn-Succat-Irlande
Saint Patrick convertit les rois Irlandais grâce au trèfle.

Tous les 17 mars, le leprechaun sort de l’ombre pour fêter la Saint Patrick. Derrière cette célébration se cache un hommage à Maewyn Succat, alias saint Patrick, fondateur du christianisme irlandais, au Vème siècle, et mort ce jour-là.

En savoir plus sur la fête de la Saint-Patrick

Vêtu de vert pour l’occasion, le leprechaun y symbolise le printemps et la chance, tout comme le trèfle appelé shamrock. Le saint patron de l’Irlande aurait utilisé cette plante pour expliquer la Sainte Trinité et convertir ainsi les rois.

Pendant cette fête populaire, le lutin verdâtre y apprécie le whiskey et le tabac fumé à la pipe. Amateur de musique, il joue lui-même du violon. Il a envahi la culture irlandaise à tel point qu’un musée lui est consacré : le Leprechaun Museum National.

Carte d’identité du leprechaun

  • leprechaun-lutin-irlandaisEspèce : lutin.
  • Pays : Irlande.
  • Fonctions : gardien d’un trésor, savetier, symbole de la Saint Patrick.
  • Habitat : cave des maisons rurales, fermes abandonnées.
  • Attributs : le vert, le chapeau, le chaudron d’or, l’arc-en-ciel, le trèfle.
  • Fêtes : la Saint Patrick, le 17 mars.
  • Etymologie : « cordonnier à un seul soulier ».

Sources :

  • Le Dictionnaire Féérique d’André-François Ruaud, 2002.
  • Les créatures fantastiques des Éditions Piccolia, 2007.
  • Encyclopédie du fantastique et de l’étrange : l’intégrale de Béatrice Botter, 2008.
  • L’Univers féerique d’Edouard Brasey.
  • Je découvre Dublin par l’équipe Globekid, 2016.

Images :

  • Saint Patrick, détail d’un vitrail d’une église catholique de l’Ohio par Nheyob sur Wikipedia, 2015.

Belzébuth : prince des démons

Belzébuth, surnommé « prince des démons », demeure l’un des sept princes de l’enfer. Bien avant ce statut infernal, il apparaît comme une divinité oraculaire chez le peuple des Accaronites. Son image s’associe à celle des mouches dont il est le maître. Mais il revêt bien des apparences et se joue des humains comme des démons, et même de Satan !

Belzébuth-prince-démons

Seigneur des mouches

C’est en Syrie, tout d’abord, que se déploie le culte de Belzébuth. Les Accaronites, habitants d’Accaron, cité de Chanaan (ancien nom de la Palestine) lui consacrent un temple et l’honorent comme une divinité. Ils lui offrent des sacrifices sur des tombeaux.

Belzébuth-seigneur-mouches
Belzébuth apparaît parfois sous la forme d’une mouche gigantesque (par Dresmiel).

Réputé pour rendre des oracles, le dieu syrien possède le pouvoir de chasser les mouches et ainsi de préserver les moissons. Il obtient naturellement le titre de seigneur des mouches. De plus, son sanctuaire est dépourvu de ces petites bêtes, car elles s’empêtrent sur sa statue sanglante. En latin, son nom signifie « seigneur de tout ce qui vole ». Les peuples de Chanaan le représentent parfois sous l’apparence de cet insecte volant.

Mais celui qu’on appelait autrefois Beelzebuth revêt différentes formes comme celles d’un veau monstrueux, d’un bouc à longue queue ou d’un chameau. Il se métamorphose même en une femme séduisante allant jusqu’à adopter une nouvelle identité : la voluptueuse Biondetta. Celle-ci se révèle un succube, un démon femelle nocturne qui s’unit aux hommes.

En l’an 897 avant J.-C., Ochosias, le roi d’Israël, ordonne à son armée de consulter Belzébuth, après s’être fracassé le corps en tombant d’une fenêtre. Dieu envoie l’un de ses partisans, Élie, avertir la troupe royale que puisse qu’Ochosias préfère s’en remettre à une autre divinité que celle d’Israël, il vivra cloué dans son lit et y mourra. À cette nouvelle, le roi charge son capitaine et ses cinquante hommes d’arrêter le prophète. Mais sous les prières d’Élie, un feu tombe du ciel et décime les orgueilleux. Un second commandant intervient et meurt de la même façon. Le troisième supplie l’envoyé de Dieu d’épargner sa vie, ce qu’il fait. Il se rend avec lui au chevet du roi et lui confirme son trépas prochain en raison de son impiété. Ochosias décède un an plus tard.

Lieutenant de Satan et démon de la gourmandise

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Belzébuth est un démon de l’enfer.

Les doutes sur la véracité des prophéties données par Belzébuth s’accumulent. Issu de la première hiérarchie des mauvais anges, il finit par révéler son vrai visage, celui d’un démon. Il possède deux grandes cornes et des ailes de chauve-souris. De plus, un bandeau enflammé ceint son front et ses yeux étincellent de mal. Sous la colère, il hurle comme un loup et vomit des flammes. Deux longues pattes de canard, une queue de lion et des poils complètent ce portrait monstrueux.

Démon de la gourmandise, l’un des sept péchés capitaux, Belzébuth pousse les mortels à la tentation. D’ailleurs, il présente parfois un visage bouffi pour souligner cette fonction. Il réside en enfer où il devient le bras droit de Satan. Mais très vite, il se montre bien plus fourbe que son chef et lance une révolte contre lui. Il fonde l’ordre de la Mouche, décoration pour honorer les créatures les plus viles.

Prince des démons

D’une taille prodigieuse, Belzébuth règne sur une partie de l’empire infernal du haut de son immense trône et s’oppose à Satan. Le grand-duc Astaroth, sous l’apparence d’un âne, l’assiste parfois. Le démon Nysrock est son cuisinier personnel. Sur Terre, un sorcier du nom de Moreau le représente.

Surnommé le prince des démons, Belzébuth appartient au rang des sept princes de l’enfer avec Asmodée, Azazel, Belphégor, Dispater, Mammon et Méphistophélès. Notons que, dans le royaume infernal, les princes possèdent beaucoup plus de pouvoirs que les rois.

Récapitulatif des caractéristiques du démon Belzébuth

  • Fonctions : divinité oraculaire des Accaronites, seigneur des mouches, fondateur de l’ordre de la Mouche, démon du péché de gourmandise, prince infernal.
  • Etymologie : « seigneur de tout ce qui vole ».
  • Pouvoirs : repousser les mouches, changer d’apparence, inciter à la gourmandise.
  • Attributs : la mouche et le bandeau de feu.
  • Autres noms : Belzebut, Beelzebuth, Biondetta.

Sources :

  • Dictionnaire du diable, des démons et des sorciers de Pierre Ripert, 2012.
  • Dictionnaire des sciences occultes de Jacques Collin de Plancy, 1846.
  • Biographie universelle ou Dictionnaire historique des hommes qui se sont fait un nom par leur génie, leurs talents, leurs erreurs ou leurs crimes de François de Feller, 1847.
  • Dictionnaire historique, critique ou bibliographique, contenant les vies des hommes illustres, célèbres ou fameux de tous les pays et de tous les siècles de Louis Chaudon, 1823.
  • Exorcismes, possession : le combat face au démon de Stéphane Cacheux, 2015.
  • Dictionnaire de démonologie occidentale de Marie d’Ange, 2018.

Le prince-lion : un amoureux ensorcelé

Le prince-lion pousse son rugissement dans un conte des frères Grimm, La fauvette qui saute et qui chante. Sous les chants de ce bel oiseau, se cache une terrible malédiction. Comme la Belle, la dernière fille d’un voyageur demeurera prisonnière de la Bête. Mais un amour surgira de la forêt sauvage. Le temps et un féroce dragon le mettront à rude épreuve. Laissez-vous ensorceler par l’histoire d’un prince qui marche, félin, dans la lumière.

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Un lion ou un prince ?

La fauvette qui saute et qui chante

Tout commence par une fauvette ! Ce petit oiseau chanteur au plumage fauve appartient au groupe des Passériformes, un ordre d’espèces arboricoles. D’ailleurs, le conte où apparaît le prince-lion s’intitule La fauvette qui saute et qui chante par les frères Grimm. Notons que le mot « fauvette » dérive de « fauve« , ce qui rappelle le roi des animaux.

La troisième et dernière fille d’un homme désire un tel oiseau alors que ses sœurs préfèrent les perles et les diamants. Au cours d’un long voyage, le père récupère facilement les bijoux, mais il s’aventure au cœur de la forêt pour trouver le passereau.

Dans ce lieu sauvage, il tombe sur un redoutable lion, propriétaire d’une fauvette parfaite en tout point. La féroce bête consent à lui épargner la vie et à lui laisser son compagnon à plumes s’il lui ramène la première personne qu’il croisera à son retour. Vous l’avez deviné : la cadette est condamnée à finir dans la gueule du félin.

Le royaume qui rugit

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La jeune femme se trouve dans un étrange royaume peuplé de lions

Heureusement pour la pauvre fille, le lion demeure un prince victime d’un enchantement. Lui et les siens se transforment en félins au contact de la lumière. Ainsi, la jeune femme erre au milieu de ces dangereux carnivores. Le soir venu, elle découvre le vrai visage de son ravisseur et en tombe amoureuse.

Bientôt, la captive devient princesse. Elle dort la journée, en compagnie des félidés, et vit la nuit avec les hommes. Un jour, le prince confie à sa tendre que la sœur aînée de cette dernière va se marier. Son époux l’autorise à y aller, mais refuse lui-même de s’y rendre. Il la fait escorter par des lions. Elle retrouve avec joie sa famille qui la pensait dévorée.

Lors des noces de sa deuxième sœur et devenue mère d’un enfant, elle supplie son bien-aimé de l’accompagner. Le prince lui révèle que si un rayon de lumière le touche en dehors de la forêt, il se métamorphosera en colombe pendant sept longues années. Sa compagne insiste et ils participent tous deux à la fête.

Le fauve lion qui devient blanche colombe

Prenant toutes les précautions nécessaires, la princesse mure une pièce chez son père pour que son mari s’y réfugie. Mais lorsque les invités allument les flambeaux de la noce, un fin rayon touche le prince qui se transforme aussitôt en colombe.

Quand elle revient, son épouse découvre le drame. Il lui explique que, pendant sept ans, il volera jusqu’au bout du monde. Pour qu’elle suive sa trace, il déposera tous les sept pas une goutte de sang et l’une de ses plumes. Si elle parvient à le retrouver, elle pourra le libérer.

La jeune femme poursuit l’oiseau pendant presque sept ans jusqu’à ce que les plumes et le sang n’apparaissent plus sur son chemin. Désespérée, elle demande de l’aide au Soleil. Ce dernier ne sait pas où se trouve la colombe, mais lui offre un coffret à ouvrir en cas de danger. De même, elle interpelle, sans succès, la Lune qui lui remet un œuf.

Le vent de la nuit n’a rien vu non plus, mais il interroge les autres courants d’air. Par chance, le souffle du Sud a aperçu le pigeon blanc. Le prince est arrivé jusqu’à la mer Rouge où il est redevenu un lion.

Le dragon qui s’empara du prince

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Le prince-lion et la princesse-dragon s’affrontent sur les bords de la mer Rouge où habite un griffon.

La jeune femme apprend que son lion combat un dragon, en réalité une princesse elle aussi victime d’une malédiction. Le vent nocturne lui conseille de couper le onzième roseau qu’elle trouvera sur la rive droite de la mer Rouge et de frapper le monstre volant avec. Selon lui, cela permettra aux animaux de retrouver forme humaine. Pour retourner chez elle avec son mari, elle montera sur un griffon qui habite non loin. Elle devra jeter une noix au milieu de la mer qui deviendra aussitôt un noyer pour que l’oiseau fabuleux se repose à mi-chemin.

Alors que la princesse parvient à rendre leur véritable apparence aux deux adversaires, la suite ne se déroule pas comme prévu. L’autre princesse serre le prince dans ses bras et tous deux s’envolent sur le dos du griffon. Désespérée, notre héroïne trouve pourtant le courage de partir à la recherche de son bien-aimé. Après un long voyage, elle arrive au château de sa rivale et où les noces avec son prince vont être célébrées.

Ne sachant comment pénétrer dans l’enceinte, elle ouvre le coffret du Soleil et y découvre une robe rayonnante. Ainsi vêtue, elle illumine le bal royal. Sa concurrente, qui ne l’a pas reconnue, marchande avec elle pour obtenir sa tenue afin de la porter à son mariage. Alors la belle lui répond :

— Ni pour or, ni pour argent, mais chair et sang en sont le prix.

Elle demande ainsi à passer une nuit dans la chambre où dort le fiancé. La future mariée, subjuguée par la robe, accepte, ayant pris soin au préalable d’endormir le prince avec un somnifère. L’héroïne lui raconte toute sa mésaventure, mais il ne peut l’entendre. Abattue, la belle quitte le château en larmes. Elle se rappelle alors l’œuf de la Lune et le casse. Une poule et ses douze poussins en or en sortent aussitôt. Ainsi les échangent-elles contre une nouvelle nuit au chevet de son amour. Cette fois-ci, le prince, au courant pour le somnifère, écoute toute l’histoire. Il ouvre les yeux et enlace sa bien-aimée. Ses retrouvailles le délivrent d’un charme qui avait effacé sa mémoire.

Sous la crainte du père de la princesse, un méchant sorcier, les amoureux s’échappent. Ils s’envolent à dos de griffon et regagnent leur royaume où leur fils est devenu un homme.

Lire l’histoire de La Fauvette qui saute et qui chante des frères Grimm

Connaissez-vous l’histoire du prince-grenouille ?


Sources :

  • La fauvette qui saute et qui chante des frères Grimm.
  • Dictionnaire de l’Académie française.

Images :

  • Un lion par IanZa sur Pixabay.
  • The Lady and the Lion d’Arthur Rackham, 1909.
  • Un lion-tigre par DrSJS sur Pixabay.

 

Zéphyr : vent grec de l’Ouest

Zéphyr, l’un des huit vents de la mythologie grecque, souffle sur l’Ouest. Avec son frère Borée, il déchaîne le ciel. Il s’adoucit, peu à peu, au contact de Chloris, la déesse des fleurs. Ensemble, ils diffusent un parfum d’amour sur la terre.

Zéphyr-Vent-Chloris
Le dieu Zéphyr et son épouse Chloris

Vent occidental

Zéphyr (Favonius, en latin) naît de l’union d’Astréos, titan des étoiles, et d’Éos, déesse de l’aurore. Aux côtés de ses sept frères, il s’engage dans la bataille contre le dieu Zeus qui souhaite détrôner son propre père Cronos et s’emparer du trône du mont Olympe. Les Titans et les Dieux s’affrontent ainsi dans une terrible guerre surnommée la Titanomachie.

Après un combat acharné, Zeus sort vainqueur et enferme les fils d’Astréos dans une urne qu’il précipite dans le profond océan. Clément, le nouveau roi les libère à sa guise, sous le contrôle d’Éole, devenu maître des vents, et leur attribue un territoire.

Les Anémois, comme les Grecs les appellent, soufflent désormais sur le monde. Au Nord, Borée répand le froid alors que Zéphyr propage la douceur à l’Ouest. Notos survole le Sud et Euros, l’Est. Quant aux quatre autres, ils parcourent des régions moins vastes : le Nord-Ouest pour Sciron, le Nord-Est pour Caecias, le Sud-Ouest pour Lips et le Sud-Est pour Aphéliotès.

Compagnon du vent nordique

Zéphyr-Vent-Mythologie
Zéphyr prend exemple sur son frère Borée

Chaque vent s’associe à l’un de ses frères pour former un puissant duo. Pour le meilleur et pour le pire, le sensible Zéphyr s’allie au glacial Borée. Tout les oppose. Le vent nordique provoque les aquilons, des courants d’air froids et violents. L’autre dispense les zéphyrs, des vents agréables, et annonce la fonte des neiges. Leur union déclenche des tempêtes et de terribles orages.

Le paisible esprit de l’air se montre influençable. Prenant exemple sur son frère bourru, coupable de l’enlèvement de la princesse d’Athènes, Orithyie, pour en faire sa reine, il ravit la nymphe Chloris (Flore chez les Romains). Puis, il devient complice du dieu de l’amour Éros pour enlever la princesse Psyché.

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Jeune amoureux

Hyacinthe-Apollon
Hyacinthe meurt dans les bras du dieu Apollon

Un événement dans la jeunesse de Zéphyr va tempérer définitivement ses manières brusques. Il s’éprend de Hyacinthe, un éphèbe, prince de la cité d’Amyclées, en Laconie. Apollon, le dieu de la lumière et des arts, noue lui aussi une passion pour l’adolescent et le séduit. Tous deux passent leur temps au stade où Apollon s’entraîne au lancement du disque. Jaloux, le Vent souffle sur l’un des palets qui frappe mortellement, par accident, le jeune homme. De sa blessure, des gouttes de sang teintent l’herbe. Apollon les laisse fleurir en jacinthes.

Après ce drame, Zéphyr se retire dans le palais de Borée. Il retrouve goût à l’amour lorsqu’Iris, personnification de l’arc-en-ciel, intervient pour le chercher lui et son frère afin de raviver le bûcher de Patrocle, ami d’Achille. C’est là qu’il tombe amoureux de la messagère et leur liaison engendre Pothos, dieu du désir. De plus en plus, Zéphyr s’adoucit. Témoin de la naissance d’Aphrodite, déesse de l’amour née de l’écume de la mer, il la transporte jusqu’à l’île de Chypre.

Époux de Chloris, déesse des fleurs

Fille du titan Océan qui règne sur les eaux et d’une mortelle, la belle Chloris veille sur les îles Fortunées qui accueillent les âmes des valeureux héros. Un jour, Zéphyr souffle dans sa direction et, subjugué, l’emporte avec lui.

Reprenant ses esprits, le ravisseur demande en mariage la nymphe. Charmée elle aussi, elle accepte. Pour l’en remercier, il lui insuffle l’immortalité, lui offre un merveilleux jardin et l’élève au rang de déesse des fleurs. Les Grecs la surnomment alors Zéphyritis, « femme de Zéphyr ».

Chloris-Zéphyr
Zéphyr et Chloris interviennent au printemps

Complémentaires, les tourtereaux propagent les plantes sur le sol aride. Un cycle floral s’établit : Zéphyr dissémine les graines, Chloris assure leur floraison et leur enfant, Carpos, les transforme en fruits.

Tout comme sa belle, le Vent d’Ouest est associé au printemps. Muni d’ailes, il souffle sur la terre pour faire renaître la végétation. D’ailleurs, son nom signifie « celui qui porte la vie » de zaein, « vivre », et pherein, « porter ». Son appellation latine Favonius vient de favere, « favoriser » ou de fovere, « nourrir », car il permet la naissance de toutes les plantes. Des fleurs couronnent sa tête et remplissent la corbeille qu’il tient dans ses mains.

 

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Maître des doux vents

Le vent de l’Occident engendre les Zéphyrs, génies des doux courants d’air. Avant un départ en mer, les marins leur sacrifient une brebis blanche. Sous la direction de leur père, ils parent de fleurs l’enfance du monde, au printemps. Surnommées les Zéphyritides, les Auras demeurent les filles de Zéphyr et les nymphes des brises.

Père de chevaux immortels

Xanthos-Balios
Les chevaux Xanthos et Balios pleurent leur maître Patrocle

Dans les mythes grecs, les Harpies, monstres femelles à corps de rapace, sont les sœurs d’Iris et symbolisent les violentes rafales. Zéphyr s’unit à Podargé, l’une d’entre elles, alors que sous la forme d’une jument, elle paît dans une prairie. De cela, elle met au monde deux chevaux immortels, Xanthos et Balios. Le premier porte des taches blanches sur sa robe plus foncée (on qualifie les chevaux de la sorte de pie) et le deuxième possède une robe baie, c’est-à-dire brun rouge.

Les dieux offrent les deux coursiers au héros Achille. Il les amène avec lui au siège de Troie et les remet à son ami Patrocle. À la mort de ce dernier, Achille appelle Zéphyr et Borée pour raviver le feu du bûcher de son camarade.

Inconsolables, Balios et Xanthos pleurent leur maître et errent dans la région. Zeus, touché par leur chagrin, les guide jusqu’au camp des Grecs. Sous le choc de la mort de Patrocle, Achille leur reproche sa disparition. Xanthos révèle qu’Apollon demeure seul à l’origine de ce drame et, face à la colère du héros, annonce que lui aussi est destiné à périr sur les terres troyennes. Achille, ayant déjà eu connaissance de son avenir par un oracle, comprend que le cheval dit la vérité.

Zéphyr et Podargé sont aussi les parents d’autres chevaux. Les jumeaux Castor et Pollux, surnommés les Dioscures, en deviennent maîtres. Cyllaros, l’un de ces équidés, sert de monture à Castor. Les deux autres se nomment Harpagos et Phlogéos.

Récapitulatif des caractéristiques du dieu grec Zéphyr

  • Fonction : Vent de l’Ouest.
  • Parenté : Fils d’Astéros et d’Éos. Frère de Borée, Euros, Notos, Sciron, Caecias, Lips et Aphéliothès.
  • Descendance : Carpos avec Chloris ; Pothos avec Iris ; les Zéphyrs et les Auras ; les chevaux Xanthos, Balios, Cyllaros, Harpagos et Phlogéos avec Podargé.
  • Attributs : paire d’ailes, couronne de fleurs, corbeille remplie de fleurs.
  • Autres noms : Favonius, en latin.

Sources :

  • Dictionnaire de la Mythologie grecque et latine de Gilles Lambert et Roland Harari, 2000.
  • Dictionnaire mythologique universel d’E. Jacobi, 1863.
  • Dictionnaire universel de mythologie : ancienne et moderne de Jacques Migne, 1855.
  • Annales de l’Institut de Correspondance Archéologique, 1845.

Crédits images :

  • La Mort d’Hyacinthe par Jean Broc, 1801.
  • Balios et Xanthos de Giorgio de Chirico, 1963.

Auxo : déesse grecque du printemps et de la croissance

Dans la mythologie grecque, la divine Auxo règne sur le printemps. Elle appartient au groupe des Heures célestes, quatre déesses qui régissent les saisons. Sa capacité à accroître les éléments naturels la distingue en tant que divinité de la croissance. Subjugués par sa beauté, les Athéniens l’honorent comme l’une des Grâces.

Auxo-déesse-grecque-printemps-croissance

Heure printanière

Dans les mythes grecs, plusieurs groupes de déesses apparaissent sous le terme des Heures. Les Heures terrestres, filles de Zeus, le roi des dieux, organisent la vie humaine. Héritières d’Hélios, le Soleil, et de Séléné, la Lune, les Heures solaires divisent la journée en douze temps. Plus anciennes, les Heures célestes descendent d’Ouranos, le Ciel, et de Gaia, la Terre.

Ces quatre divinités des cieux établissent le cycle des saisons. Auxo, la première, instaure le printemps. Ses sœurs, Thallo, Carpo et Hora, veillent respectivement sur l’été, l’automne et l’hiver. De plus, elles gardent le palais du maître de l’Olympe et la porte céleste. Cette dernière prend la forme d’un épais nuage qui entoure le mont Olympe.

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Lorsque la nymphe Chloris épouse Zéphyr, le Vent de l’Ouest, elle devient la déesse des fleurs. Les Heures célestes se chargent de cueillir celles de son jardin magique. Associée au printemps, Chloris intervient elle aussi à la saison de la renaissance et complète le rôle d’Auxo.

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Déesse de la croissance

Comme la nature qui s’éveille, Auxo symbolise le renouveau, mais aussi l’expansion. Grâce à elle, les champs se développent et les plantes poussent. Son influence s’étend chez les hommes où elle assure la croissance des enfants. Son nom se retrouve dans l’auxologie, l’étude de la croissance des êtres vivants.

Grâce athénienne

Charmante comme ses sœurs, Auxo trouve une place parmi les Charites (les Grâces, en latin), déesses de la beauté et des bienfaits, dans la cité d’Athènes. Au même titre, la déesse Hégémoné apparaît à ses côtés. Toutes les deux veillent sur la croissance.

Protectrices des adolescents, elles sont qualifiées de courotrophes. Les éphèbes les invoquent dans le serment de la stèle d’Acharnes, en tant que figures de la fertilité, avec Thallo, Heure de l’été.

Récapitulatif des caractéristiques de la déesse grecque Auxo

Auxo-déesse-grecque-croissance-printemps

  • Fonctions : heure du printemps, gardienne de la porte céleste du mont Olympe, déesse de la croissance, charite chez les Athéniens.
  • Parenté : Fille d’Ouranos (le ciel) et de Gaia (la terre). Sœur de Thallo (l’été), Carpo (l’automne) et Hora (l’hiver).
  • Groupe : Les Heures célestes.
  • Mot associé : l’auxologie est l’étude de la croissance des êtres vivants.

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Sources :

  • Dictionnaire Larousse en ligne
  • Dictionnaire portatif de mythologie pour l’intelligence des poètes d’André de Claustre, 1765.
  • Conférence de M. Steven H. Lonsdale dans Annuaires de l’École pratique des hautes écoles, 1992.
  • Guerre et religion en Grèce à l’époque classique : recherches sur les rites, les dieux, l’idéologie et la victoire, 1979.