Le prince-lion : un amoureux ensorcelé

Le prince-lion pousse son rugissement dans un conte des frères Grimm, La fauvette qui saute et qui chante. Sous les chants de ce bel oiseau, se cache une terrible malédiction. Comme la Belle, la dernière fille d’un voyageur demeurera prisonnière de la Bête. Mais un amour surgira de la forêt sauvage. Le temps et un féroce dragon le mettront à rude épreuve. Laissez-vous ensorceler par l’histoire d’un prince qui marche, félin, dans la lumière.

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Un lion ou un prince ?

La fauvette qui saute et qui chante

Tout commence par une fauvette ! Ce petit oiseau chanteur au plumage fauve appartient au groupe des Passériformes, un ordre d’espèces arboricoles. D’ailleurs, le conte où apparaît le prince-lion s’intitule La fauvette qui saute et qui chante par les frères Grimm. Notons que le mot « fauvette » dérive de « fauve« , ce qui rappelle le roi des animaux.

La troisième et dernière fille d’un homme désire un tel oiseau alors que ses sœurs préfèrent les perles et les diamants. Au cours d’un long voyage, le père récupère facilement les bijoux, mais il s’aventure au cœur de la forêt pour trouver le passereau.

Dans ce lieu sauvage, il tombe sur un redoutable lion, propriétaire d’une fauvette parfaite en tout point. La féroce bête consent à lui épargner la vie et à lui laisser son compagnon à plumes s’il lui ramène la première personne qu’il croisera à son retour. Vous l’avez deviné : la cadette est condamnée à finir dans la gueule du félin.

Le royaume qui rugit

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La jeune femme se trouve dans un étrange royaume peuplé de lions

Heureusement pour la pauvre fille, le lion demeure un prince victime d’un enchantement. Lui et les siens se transforment en félins au contact de la lumière. Ainsi, la jeune femme erre au milieu de ces dangereux carnivores. Le soir venu, elle découvre le vrai visage de son ravisseur et en tombe amoureuse.

Bientôt, la captive devient princesse. Elle dort la journée, en compagnie des félidés, et vit la nuit avec les hommes. Un jour, le prince confie à sa tendre que la sœur aînée de cette dernière va se marier. Son époux l’autorise à y aller, mais refuse lui-même de s’y rendre. Il la fait escorter par des lions. Elle retrouve avec joie sa famille qui la pensait dévorée.

Lors des noces de sa deuxième sœur et devenue mère d’un enfant, elle supplie son bien-aimé de l’accompagner. Le prince lui révèle que si un rayon de lumière le touche en dehors de la forêt, il se métamorphosera en colombe pendant sept longues années. Sa compagne insiste et ils participent tous deux à la fête.

Le fauve lion qui devient blanche colombe

Prenant toutes les précautions nécessaires, la princesse mure une pièce chez son père pour que son mari s’y réfugie. Mais lorsque les invités allument les flambeaux de la noce, un fin rayon touche le prince qui se transforme aussitôt en colombe.

Quand elle revient, son épouse découvre le drame. Il lui explique que, pendant sept ans, il volera jusqu’au bout du monde. Pour qu’elle suive sa trace, il déposera tous les sept pas une goutte de sang et l’une de ses plumes. Si elle parvient à le retrouver, elle pourra le libérer.

La jeune femme poursuit l’oiseau pendant presque sept ans jusqu’à ce que les plumes et le sang n’apparaissent plus sur son chemin. Désespérée, elle demande de l’aide au Soleil. Ce dernier ne sait pas où se trouve la colombe, mais lui offre un coffret à ouvrir en cas de danger. De même, elle interpelle, sans succès, la Lune qui lui remet un œuf.

Le vent de la nuit n’a rien vu non plus, mais il interroge les autres courants d’air. Par chance, le souffle du Sud a aperçu le pigeon blanc. Le prince est arrivé jusqu’à la mer Rouge où il est redevenu un lion.

Le dragon qui s’empara du prince

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Le prince-lion et la princesse-dragon s’affrontent sur les bords de la mer Rouge où habite un griffon.

La jeune femme apprend que son lion combat un dragon, en réalité une princesse elle aussi victime d’une malédiction. Le vent nocturne lui conseille de couper le onzième roseau qu’elle trouvera sur la rive droite de la mer Rouge et de frapper le monstre volant avec. Selon lui, cela permettra aux animaux de retrouver forme humaine. Pour retourner chez elle avec son mari, elle montera sur un griffon qui habite non loin. Elle devra jeter une noix au milieu de la mer qui deviendra aussitôt un noyer pour que l’oiseau fabuleux se repose à mi-chemin.

Alors que la princesse parvient à rendre leur véritable apparence aux deux adversaires, la suite ne se déroule pas comme prévu. L’autre princesse serre le prince dans ses bras et tous deux s’envolent sur le dos du griffon. Désespérée, notre héroïne trouve pourtant le courage de partir à la recherche de son bien-aimé. Après un long voyage, elle arrive au château de sa rivale et où les noces avec son prince vont être célébrées.

Ne sachant comment pénétrer dans l’enceinte, elle ouvre le coffret du Soleil et y découvre une robe rayonnante. Ainsi vêtue, elle illumine le bal royal. Sa concurrente, qui ne l’a pas reconnue, marchande avec elle pour obtenir sa tenue afin de la porter à son mariage. Alors la belle lui répond :

— Ni pour or, ni pour argent, mais chair et sang en sont le prix.

Elle demande ainsi à passer une nuit dans la chambre où dort le fiancé. La future mariée, subjuguée par la robe, accepte, ayant pris soin au préalable d’endormir le prince avec un somnifère. L’héroïne lui raconte toute sa mésaventure, mais il ne peut l’entendre. Abattue, la belle quitte le château en larmes. Elle se rappelle alors l’œuf de la Lune et le casse. Une poule et ses douze poussins en or en sortent aussitôt. Ainsi les échangent-elles contre une nouvelle nuit au chevet de son amour. Cette fois-ci, le prince, au courant pour le somnifère, écoute toute l’histoire. Il ouvre les yeux et enlace sa bien-aimée. Ses retrouvailles le délivrent d’un charme qui avait effacé sa mémoire.

Sous la crainte du père de la princesse, un méchant sorcier, les amoureux s’échappent. Ils s’envolent à dos de griffon et regagnent leur royaume où leur fils est devenu un homme.

Lire l’histoire de La Fauvette qui saute et qui chante des frères Grimm

Connaissez-vous l’histoire du prince-grenouille ?


Sources :

  • La fauvette qui saute et qui chante des frères Grimm.
  • Dictionnaire de l’Académie française.

Images :

  • Un lion par IanZa sur Pixabay.
  • The Lady and the Lion d’Arthur Rackham, 1909.
  • Un lion-tigre par DrSJS sur Pixabay.

 

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Camazotz : dieu maya chauve-souris de la mort

 

Sous l’apparence d’une chauve-souris vampire géante, le dieu Camazotz sème la terreur dans les légendes mayas. Il appartient au groupe des divinités de la mort et son antre se trouve dans le royaume des enfers. Prêt à y entrer ?

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Camazotz dans le jeu Smite

Chauve-souris vampire

Le vampire, reconnaissable à ses oreilles triangulaires, niche en Amérique du Sud. Son régime hématophage amène à la création, dans le règne animal, de la famille des Vampiridés, devenue les Desmodontidés (en raison de ses longues dents !). Plus tard, il rejoindra d’autres chiroptères au sein des Phyllostomidés. Assoiffé de sang, il suce celui des oiseaux et des mammifères. Il repère sa victime rien qu’à sa respiration et la mord pendant son sommeil ! Sa morsure reste indolore. Bien qu’il peut s’attaquer aux hommes, il préfère le bétail.

Chauve-souris-vampire
Chauves-souris vampires par Matthew Starbuck

L’origine de ce mammifère volant demeure bien mystérieuse. Dracula, personnage créé par Bram Stoker, prête son nom à Desmodus draculae, une chauve-souris aujourd’hui éteinte. Trois espèces perdurent de nos jours : le vampire commun, le vampire à ailes blanches et le vampire à pattes velues.

Animal très sociable, contrairement à son homologue fantastique, ce mammifère vit en colonie dans des endroits sombres. Il n’est pas à l’origine du mythe du vampire, car sa découverte date de bien après l’émergence du vampirisme.

Découvrir un vampire en action

En savoir plus sur la chauve-souris vampire

Dieu maya

Dans la langue maya, zotz signifie  » chauve-souris « . Surnommé « la chauve-souris de la mort« , Camazotz prend la forme d’un dieu-vampire qui décapite ses victimes.  Il possède un couteau sacrificiel, mais ses dents acérées et ses griffes se montrent tout aussi dangereuses.

Par sa nature, il est également le dieu des cavernes et les mortels sont bien avisés d’éviter ces endroits obscurs. On lui remet, toutefois pour l’apaiser, des offrandes sanglantes. Son surnom,  » Nimak chicop  » signifie  » le plus grands des barbares ».

Maître de la maison des chauves-souris

Chez les Mayas, les enfers se divisent en plusieurs maisons. Zotziha demeure celle des chauves-souris nommées d’ailleurs les camazotz.

Le Popol Vuh, surnommé la « Bible maya », retrace la mythologie de ce peuple amérindien. Dans l’un de ses récits, deux frères jumeaux, Xbalanque et Hunahpu, héros des mythes mayas, descendent dans le monde souterrain afin de venger leur père des divinités de la mort. Ils pénètrent dans l’antre de Camazotz pour y passer la nuit.

Les chauves-souris guettent le moindre geste des intrus alors que ceux-ci se sont mis à l’abri dans des sarbacanes. Lorsque le jour se lève et qu’Hunahpu sort la tête, le dieu sanguinaire la lui tranche. Tout finira bien pour le héros, car une tortue lui offrira une nouvelle tête ! Victorieux, les frères s’élèvent dans les cieux pour devenir le Soleil et la Lune.

Récapitulatif des principales caractéristiques du dieu Camazotz

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Couteau sacrificiel et tête décapitée comme attributs du dieu Camazotz
  • Fonctions : une des étapes de la mort, maître de la demeure des chauve-souris (une des maisons infernales).
  • Étymologie : mort et chauve-souris.
  • Attributs : la chauve-souris vampire, le couteau sacrificiel, les têtes décapitées.
  • Autre nom : Nimak chicop

 


Sources :

  • Encyclopédie Larousse
  • Mythes aztèques et mayas de Karl Taube.
  • Popol Vuh, le livre sacré et les mythes de l’antiquité américaine d’A. Durand, 1861.

Les Chats d’Ulthar

Les Chats d’Ulthar est le titre d’une nouvelle de H.P. Lovecraft, parue en 1926. Dans ce récit, les habitants d’Ulthar s’en tiennent à une règle : « aucun homme n’a le droit de tuer un chat ». En effet, les félins, guidés par la vengeance, se sont révélés redoutables. À travers cette histoire, l’auteur nous rappelle les différentes représentations du chat.

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Chats d’Ulthar représentés par Frej Agelli

Mystérieux animaux de compagnie

Amour et Haine

À Ulthar, les chats vivent en harmonie avec les villageois. Seul un couple de vieux paysans les considère comme des indésirables. Les citoyens n’osent s’approcher de ces marginaux. Leur visage, creusé de rides terrifiantes, suffit à les en dissuader.

Dans leur chaumière, dissimulée sous des chênes centenaires, derrière une cour abandonnée, les deux étranges personnages piègent et tuent les animaux de compagnie de leurs voisins. Personne n’est prêt à leur porter accusation. Mieux vaut plutôt éviter que son compagnon à quatre pattes erre dans le coin.

Chat noir

Un jour, une caravane d’étrangers venue du sud s’installe dans le village. Les voyageurs à la peau sombre intriguent les habitants. Sur la place du marché, ils prédisent la bonne aventure et dépensent leur argent contre des colliers de verroterie.

Chat-Noir
Chat noir

Puis, ils réalisent de curieuses prières. Et que dire des étranges silhouettes peintes sur leurs roulottes ? On y voit des humains avec des têtes de béliers, de chats, de faucons ou encore de lions. D’ailleurs, le chef de cette expédition porte un bonnet décoré d’une paire de cornes et d’un cercle.

 

L’un d’eux, Ménès est un petit orphelin. Il se montre inséparable de son chaton noir. Mais au troisième matin, son ami disparaît. Les villageois lui parlent du couple isolé et de leur haine des félins. Alors l’enfant tend les bras vers le soleil et récite une prière. Bientôt, les nuages prennent de curieuses formes. Le soir venu, les vagabonds quittent Ulthar.

La malédiction des chats

Le lendemain matin, tous les chats demeurent introuvables. Kranon, le maire, accuse les voyageurs de les avoir enlevés pour venger la peine de Ménès. Pour Nith, le notaire, le couple haineux doit encore avoir joué un mauvais tour.

Le jour suivant, à l’aube, tous les familiers réapparaissent. Pendant deux jours, ils refusent de manger leur pâtée ou de boire leur soucoupe de lait. Une semaine plus tard, leurs maîtres se rendent compte que la chaumière des époux maléfiques reste plongée dans le noir.

Accompagné de Shang, le forgeron et de Thul, le tailleur de pierres, Kranon, non sans peur, va voir ce qui se passe dans la maisonnette. Il y trouve deux squelettes parfaitement nettoyés et un grand nombre de scarabées étranges qui grouillent à travers la pièce. Les animaux domestiques semblent s’être livrés à un terrible festin, de quoi être victime d’ailurophobie ! Depuis, plus personne n’a le droit de tuer un chat à Ulthar.

Découvrir d’autres histoires de chats maléfiques.

Représentations du chat

Animal sacré

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Bastet, déesse égyptienne à tête de chat

Dans son récit, Lovecraft, qui adorait les chats, rappelle leur nature divine. En Égypte ancienne, ils étaient l’égal d’un dieu. Ils passaient pour manger les chagrins et, après leur mort, bénéficiaient de l’honneur de la momification.

L’une des divinités les plus appréciées de ce peuple antique est Bastet. Elle présente les traits d’une chatte. Solaire, elle personnifie les bienfaits de l’astre lumineux.

Découvrir l’histoire de la déesse égyptienne Bastet

Notons dans la nouvelle une référence au premier homme à avoir régné sur l’Égypte, Ménès. Le nom de Narmer, son prédécesseur lui est parfois attribué.

Cousin du lion

Si la déesse Bastet se montre de nature pacifique, elle garde en elle une autre personnalité, celle de Sekhmet. Cette dernière possède les caractéristiques d’une lionne et symbolise les ravages du Soleil. Violente, elle propage une puissance de feu destructif.

Lovecraft mentionne le chat comme roi de la jungle. En effet, il appartient à la même famille que le redoutable lion, celle des Félidés. Son caractère sauvage ne doit pas être oublié.

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Le sphinx, monstre à corps de lion, parent du chat

Le sphinx est un autre de ses parents. Monstre à corps de lion et à tête humaine, il garde l’entrée des sanctuaires et représente le pharaon. Dans la mythologie grecque, la sphinge est son équivalent féminin et dévore les voyageurs incapables de résoudre ses énigmes. Lovecraft précise que la chat demeure plus ancien et plus sage que cette créature.

Compagnon des sorcières

Au Moyen Âge, les chats semblent se doter d’un autre aura, celle du diable. Ils assistent au Sabbat, assemblée nocturne des sorciers. Le démon aime, lui-même, prendre l’aspect d’un félin.

Croiser un chat noir porte malheur. D’ailleurs, notre couple de paysans ne survivra pas à sa rencontre avec celui de l’histoire de Lovecraft…

Découvrir l’univers de Lovecraft.

Le petit +

Ghost Towns : les Chats d’Ulthar est un jeu PC d’objets cachés édité par Big Fish Games.

« À votre arrivée dans la ville d’Ulthar, vous découvrez que le procès d’un garçon pour le meurtre d’un couple âgé se déroule. Sa sœur clame son innocence et vous demande d’en trouver les preuves avant que le verdict ne tombe ! Parcourez la ville à la recherche d’indices sur la disparition du vieux couple et la raison pour laquelle ils capturaient les chats de la ville. Tentez de sauver Ménès d’une condamnation injuste, et découvrez pourquoi les chats sont considérés comme sacrés à Ulthar. »

Récapitulons les principales caractéristiques des chats d’Ulthar

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    H.P. Lovecraft, auteur des Chats d’Ulthar.

    Fonctions : Animaux de compagnie, instruments de la vengeance de Ménès.

  • Apparition : en 1926, dans la nouvelle éponyme.
  • Créateur : H.P. Lovecraft.
  • Parenté : les déesses égyptiennes Bastet et Sekhmet, le lion (famille des Félidés), le sphinx.
  • Représentations : divinités, rois de la jungle, compagnons des sorcières.
  • Culte : animaux sacrés en Égypte antique et maléfiques au Moyen Âge.

Sources :

  • Dictionnaire du diable, des démons et sorciers de Pierre Ripert, 2012
  • Les Chats d’Ulthar (The Cats of Ulthar), nouvelle de H.P. Lovecraft, 1926
  • Dictionnaire Illustré des Arts Divinatoires de Thomas Decker, 1999
  • Dictionnaire des Mythologies de Myriam Philibert, 1998
  • Dictionnaire de la Mythologie grecque et latine de Gilles Lambert et Roland Harari, 2000.

Le serpent blanc

Le serpent blanc rampe dans plusieurs contes et mythes du monde entier. Il transmet un don unique aux hommes : la compréhension du langage des animaux.

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Un roi sage, réputé pour être au courant de tout ce qui se passe dans son royaume, comme s’il était omniprésent, est mentionné dans le conte « Le serpent blanc » des Frères Grimm. Son serviteur lui apporte chaque jour, à midi, un mystérieux plat.

Poussé par la curiosité, le serviteur finit par découvrir que son maître mange du serpent blanc ! Il goûte, à son tour, la chair du reptile. Aussitôt, il comprend la conversation de deux moineaux.

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Le serviteur du roi et les poissons

Ce don lui permet de secourir des poissons piégés dans des roseaux, d’éviter d’écraser des fourmis avec son cheval et de nourrir de petits corbeaux abandonnés par leurs parents. Reconnaissants, les animaux l’aideront à surmonter des épreuves et à conquérir une princesse.

Mélampe, médecin grec spécialisé dans l’utilisation des plantes, acquiert ce don, mais d’une manière un peu différente. Un jour, ses domestiques remarquent la présence d’une famille de serpents dans un vieux chêne autour de sa demeure. Ils s’empressent de tuer les parents et Mélampe intervient de justesse pour sauver les deux jeunes serpents restants.

Le médecin s’attache rapidement à eux et s’en occupe avec la plus grande attention. Devenus grands, les serpents se faufilent dans le lit de Mélampe, profondément endormi, et lui lèchent chacun une oreille. À son réveil, le médecin comprend le chant des oiseaux et la langue des animaux rampants.

Il comprend ainsi, plus tard, que le toit de la prison dans laquelle on l’a enfermé va s’écrouler, grâce à l’avertissement des vers qui en rongent les poutres. Il exige de changer de cellule, juste avant son effondrement.

Le serpent blanc offre l’accès à une connaissance plus étendue, grâce au don du langage des animaux.


Sources :

  • Dictionnaire de la Fable ou Mythologie de François Noël, 1803
  • Dictionnaire critique de mythologie de Jean-Loïc Le Quellec et Bernard Sergent, 2017
  • Dictionnaire des mythologies de Myriam Philibert, 1998
  • Dictionnaire illustré des Arts Divinatoires de Thomas Decker, 1999
  • Le Serpent Blanc des frères Grimm, Contes de l’enfance et du foyer, 1812.

Crédit Photos :

  • Image libre de droit sur Pixabay. par Atlantios.
  • Le Serpent Blanc d’Arthur Rackham, 1916

La licorne

La légende de la licorne remonte à l’Antiquité. Appelée monocéros (« une seule corne ») à cette époque, elle fut aperçue, pour la première fois, en Inde.

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Le monocéros possède une tête pourpre avec une longue corne droite au milieu du front, blanche à la base, noire au milieu et rouge à l’extrémité. Ses yeux sont bleu foncé. Au Moyen Âge, cet animal fabuleux adopte le nom d’unicorne, puis de nos jours, licorne.

Aujourd’hui, la licorne ressemble à une jument blanche avec une corne tout aussi blanche. Elle se cache dans les forêts profondes. Solitaire, elle retrouve son partenaire à la saison des amours, au printemps.

Symbole de pureté, elle est agile, rapide, et forte. Si elle se montre douce, elle n’en demeure pas moins féroce pour protéger ses petits ou se mesurer à un éléphant. Ses sabots sont tranchants et sa corne puissante perce tout ce qu’elle frappe.

unicorn-2099819_960_720Furtive, elle s’apaise à la vue d’une jeune fille vierge. Les chasseurs utilisent cette ruse pour la capturer. Elle se trouve également hypnotisée par son reflet.

La corne de la licorne recèle des propriétés magiques : elle purifie l’eau. Utilisée comme corne à boire, elle préserve des convulsions et de l’épilepsie qu’importe le liquide qu’elle contient : eau, liqueur ou vin.

Mais son pouvoir le plus important reste d’être un anti-poison universel. En buvant dans une corne,  la personne s’immunise contre tous les poisons. Mieux encore, une personne empoisonnée guérira grâce à ce procédé.

La licorne demeure donc bien le symbole de la pureté au travers de sa blancheur, de son attirance pour les jeunes filles vierges et de son pouvoir de purification contre les poisons.


Sources :

  • Le bestiaire divin de Guillaume, clerc de Normandie, 1852.
  • Dictionnaire portatif de la mythologie pour l’intelligence des poètes d’André de Claustre, 1765.
  • L’Encyclopédie du Merveilleux – Tome 2 : du bestiaire fantastique d’Édouard Brasey, 2006.
  • Histoire naturelle du monde surnaturel de Joel Levy et autres auteurs, 2000.
  • Encyclopédie ou Dictionnaire Raisonné des Sciences, des Arts et des Métiers de Denis Diderot et Jean le Rond d’Alembert, 1772
  • Les animaux ont aussi leur histoire : les mystères de la licorne de Michel Pastoureau et Mathilde Wagman, émission de France Culture, 2015.

Crédit image : images libre de droit sur Pixabay ; auteurs : ArtsyBee & Ractapopulous

Le prince-grenouille

Dans une fontaine, habite un prince transformé en grenouille par une sorcière. Qu’a-t-il fait pour mériter ce sort ? Qui est la sorcière ? Cela demeure toujours un mystère.

Grenouille bleue

Un jour, une boule d’or tombe dans sa fontaine. La plus jeune fille du roi vient de perdre son jouet préféré. Attiré par ses pleurs, le batracien lui propose de lui rapporter sa boule d’or en échange d’une promesse :

« Je n’ai envie ni de tes robes, ni de tes perles ou de tes pierres précieuses, ni de ta couronne d’or non plus ; mais je voudrais que tu me traites avec sympathie et que tu m’acceptes comme compagnon de jeux et camarade ; j’aimerais m’asseoir à côté de toi à table et manger dans ta petite assiette d’or, boire dans ton petit gobelet, dormir dans ton petit lit, voilà ! Et si tu me le promets, je plongerai tout au fond et je te ramènerai ta boule d’or. »

La princesse accepte, mais une fois sa boule d’or récupérée, plus question de tenir parole à cette affreuse créature ! Notre prince-grenouille compte bien pourtant lui faire tenir sa promesse et il saute jusqu’au château :

« Fille du roi, la cadette ouvre-moi ! Ne sais-tu pas ce qu’hier tu m’as dit à la fraîche fontaine ? Fille du roi, la cadette ouvre-moi ! »

Le roi ordonne à sa fille d’honorer la promesse qui a été faite à l’amphibien. Voilà le prince-grenouille qui suit la jeune fille partout. Au moment d’aller se coucher, la princesse, dégoûtée par le visqueux animal, le jette violemment contre le mur et voilà que le prince retrouve forme humaine et se marie avec la fille du roi.

roi grenouille

Le prince-grenouille apparaît dans le premier conte des frères Grimm. La traduction du titre de ce conte donne « Le roi-grenouille« , mais l’histoire parle bel et bien d’un prince. D’autres titres lui sont attribués : « la fille du roi et la grenouille » ou « Henri-le-ferré » en référence au fidèle valet du prince.

La version des frères Grimm ne mentionne pas le fameux baiser qui briserait le charme. La grenouille subit bien des sorts horribles dans d’autres versions pour retrouver son état : elle est brûlée ou encore décapitée ! C’est la scène du baiser, bien plus douce, que retiendra l’imaginaire collectif.

La transformation du prince en grenouille rappelle que cet animal est lié à la métamorphose : le têtard devient grenouille. Dans le conte, il inspire le dégoût en contraste à la beauté de la princesse. Il symbolise aussi les organes génitaux masculins que la jeune fille répugne jusqu’à les redouter dans son lit, avant de les accepter et de mûrir en femme.

La grenouille nous montre que derrière l’apparente laideur peut naître des sentiments et révéler la beauté intérieure. L’amour ne vient pas uniquement d’un coup de foudre, mais aussi de la connaissance de l’autre et de la reconnaissance de ses qualités. Avez-vous déjà rencontré un prince-grenouille ? Ouvrez l’œil !

Dans le royaume bleu, une reine-grenouille existerait aussi, mais ceci est une autre histoire…


Source :

  • Contes de l’enfance et du foyer, recueil des frères Grimm (1812)

Crédit image :

images libres de droit sur Pixabay, auteurs : jill111 & cocoparisienne