L’origine des contes de fées : Il était une fois…

Et si les contes de fées apparaissaient, pour la première fois, dans un temps bien plus éloigné que l’on ne se l’imagine ? Il y a des centaines d’années, les frères Grimm, Charles Perrault ou encore Hans Christian Andersen ont collecté ces histoires magiques et les ont transmises à travers les livres. Mais de quand datent exactement ces récits de princes, princesses, nains et autres sorcières ? Dans une récente étude, un folkloriste et anthropologue affirme qu’ils sont nés à la Préhistoire ! Et si l’on remontait le temps pour en savoir plus ?

Les origines préhistoriques des contes

Image par DarkWorkX de Pixabay

 

Des branches aux racines

C’est dans une étude parue dans la revue Royal Society Open Science, que Jamie Tehrani, anthropologue britannique, prétend que certains contes, comme Jack et le Haricot magique, sont bien plus anciens que nous le croyons. Jusqu’à présent, on jugeait que les Grimm avaient récolté des aventures qui n’avaient que quelques centaines d’années. Mais il faudrait plutôt parler en milliers d’années…

Au lieu de se pencher sur une analyse historique, les chercheurs ont eu l’idée de se servir de la biologie. D’habitude, la phylogénétique s’utilise dans le but de montrer l’évolution des organismes, un peu comme le procédé de l’arbre généalogique. À l’aide de cette technique, les biologistes ont retracé les racines de 275 contes de fées au moyen d’arborescences complexes qui croisent la culture, la langue et la population.

Des contes à l’âge du bronze

L'origine du haricot magique
Si la tige du haricot magique monte jusqu’au ciel, sa racine, elle, s’enfoncerait jusqu’à la Préhistoire !

Grâce à la classification internationale Aarne-Thompson des contes, qui indexe les récits par types, l’équipe de recherche a observé la présence de ces histoires chez 50 peuples indo-européens. Elle a ainsi retrouvé les « ancêtres » de 76 récits et a suivi leur passé avec des arbres de langues. Cette démarche leur a permis de réaliser que certains de ces contes se basaient sur d’autres récits bien plus anciens.

Selon eux, Jack et le Haricot magique remonterait à la séparation entre les langues indo-européennes occidentale et orientale, il y a plus de 5 000 ans ! Quant à l’histoire intitulée Le Forgeron et le Diable, elle nous proviendrait de l’âge du bronze ! D’ailleurs, Wilhelm Grimm pensait déjà à son époque que tous les contes découlaient d’une même source et que les cultures partageaient les mêmes histoires sous des formes différentes.

400 nuances de Cendrillon

Mais alors pourquoi les contes de fées décrivent-ils des métiers ou des objets qui n’existaient pas en ces temps si reculés ? Les chercheurs ont en effet occulté volontairement la partie historique dissimulée entre les lignes de ces textes imaginaires. La réponse est peut-être tout simplement qu’au fil du temps, les récits se sont transformés avec leur époque.

L'origine du conte de Cendrillon

À travers le temps et les cultures, beaucoup de jeunes femmes ont chaussé la fameuse pantoufle. [Image par Prawny de Pixabay]

Par exemple, on trouve les premières traces de Cendrillon dans la Chine du IXe siècle. Depuis, l’auteur allemand Ulf Diederichs a recensé plus de 400 variantes de cette histoire ! Imaginez tous ces conteurs qui ont raconté les péripéties de la jeune femme à la pantoufle de verre à leur manière, les ont transmises aux autres, qui les ont modifiées à leur tour…

 

Dès l’Antiquité, une femme grecque du nom de Rhodope se voit dérober une de ses pantoufles par un aigle. Le rapace la transporte jusqu’en Égypte et l’abandonne auprès du pharaon Psammétique. Touché par la délicatesse du chausson, le souverain fait vœu d’épouser celle à qui elle appartient. Devenue esclave, Rhodope ne doit son salut qu’au fait que seul son pied entre parfaitement dans la pantoufle.

Une origine mythologique

Les contes découleraient des mythes. L’historien Max Müller, auteur de l’ouvrage Mythologie comparée, perçoit dans la Belle au bois dormant, et dans les histoires semblables de jeunes femmes délivrées par un courageux héros, des traditions mythologiques relatives au printemps. La saison du renouveau se libère ainsi de l’hiver, le soleil chasse les ombres. Aux origines, les hommes voyaient des divinités dans la nature. Et c’est à partir de là qu’ils ont construit leurs récits.

L’éditeur André Lefèvre montre que derrière chaque conte se cache un événement cosmique. Dans ce contexte, le Petit Chaperon rouge symboliserait le carmin de l’aube. Il apporte une galette à sa grand-mère, c’est-à-dire qu’il est l’aurore, nommée « la messagère » par les Grecs. Chaque jeune aube part rejoindre les vieilles aurores, personnifiées par la mère-grand. Quant au loup, il correspondrait au soleil dévorant. On comprend alors aisément comment les contes sont apparus à l’origine, dans leur plus simple signification.

La source de la féerie

La sources des contes de féesEt si l’ensemble des contes, des fables et des mythes provenaient d’une même source ? C’est ce qu’évoquent plusieurs théories. Peut-être qu’il y a des milliers d’années, au commencement de l’humanité, nos ancêtres racontaient une unique histoire qui s’est démultipliée en plusieurs (le mot « conte » provient du latin computus, « calcul, quantité dénombrée »). Et qui sait si cette histoire n’était pas basée sur ce qu’ils avaient vu et qu’elle n’était pas inventée ?

Ce blog existe pour perpétuer cet héritage afin que les contes et mythes, dont on ne parle presque plus, puissent perduraient encore des milliers et des milliers d’années, après la parution de cet article. Sans eux, nous n’aurions jamais pu autant rêver… Alors, n’hésitez pas à partager cet article et les autres pour les faire connaître au plus grand nombre !

Pour aller plus loin :


Sources :
  • La première partie de l’article est une traduction partielle de celui d’Erin Blakemore du site smithsonian.com, paru en 2016.
  • L’Origine des contes populaires de Charles Martens, 1984.
  • Histoire naturelle de Pline, 1833.

Le conte-devinette : une énigme fleurie au pays des fées

Le conte-devinette appartient au répertoire d’histoires féeriques des frères Grimm. Trois sœurs, métamorphosées en fleurs par une sorcière, s’enracinent en pleine campagne. Durant la nuit, seule l’aînée bénéficie du droit de retourner chez elle. Un matin, son mari a la possibilité de rompre la malédiction s’il l’identifie parmi les deux autres. Et vous, devinerez-vous laquelle est-ce ?

Les trois soeurs en fleurs

Un parfum de vengeance

Trois sœurs qui se ressemblent comme trois gouttes d’eau s’enthousiasment du retour du printemps. Elles batifolent dans le pré voisin lorsqu’une affreuse vieille bossue au nez crochu surgit des bois. Les demoiselles se moquent d’elle. Mauvais choix. La sorcière outragée les transforme en fleurs. Les voilà plantées au bord de l’eau !

Le mari de l’aînée, la seule en mariage, inquiet de ne pas voir revenir sa femme part à leur recherche. La voisine lui indique que les jeunes femmes s’amusent à la rivière. En chemin, il croise une fillette qui, cachée dans un buisson, a assisté à la scène. C’est un coup de la sorcière de la forêt ! Mais elle ignore où se sont volatilisées les sœurs après que la méchante fée prononça une mystérieuse incantation.

Belle de nuit

Amours nocturnes
Amours nocturnes

Le courageux époux s’aventure dans la forêt et débusque la maison de la sorcière. Forcée par les sentiments, elle lui apprend le sortilège. Il la supplie de le rompre, mais elle ne peut plus revenir en arrière. La seule chose qu’elle peut arranger, c’est de lui redonner son épouse la moitié du temps. Il doit choisir entre l’avoir à ses côtés le jour ou la nuit. Il opte pour cette dernière. À chaque lune, sa femme le rejoint ainsi.

la belle-de-nuit
La belle-de-nuit préfère les ténèbres.

En parallèle à ce conte, il existe des liserons dont les pétales ne s’ouvrent qu’en journée, appelés belles-de-jour (Convolvulus tricolor). Quant à la belle-de-nuit (Mirabilis jalapa), vous l’aurez compris, elle s’épanouit après le crépuscule.

Les jours printaniers défilent. Au seuil de l’été, l’homme ne se satisfait plus de cette situation. Il retourne chez l’ensorceleuse et la supplie de lui rendre sa compagne pendant que le soleil brille. Effrayée à l’idée qu’il ne la laisse plus tranquille, elle accepte à la condition de la reconnaître parmi les trois plantes. Le mari réussit à résoudre l’énigme et vous, avez-vous trouvé la solution ?

Une réponse mouillée

rosée matinale
La rosée du matin

La sœur aînée passe les nuits dans son lit et non à l’extérieur. Dans ce cas, la rosée ne tombe pas sur ses pétales. C’est comme ça que son fidèle compagnon la repère et la cueille. Et elle retrouve ainsi forme humaine à toute heure. Quant à ses sœurs, qui sait si des princes charmants n’ont pas réussi à vaincre l’envoûtement ? C’est l’amour qui a dénoué cette intrigue.

Maintenant que vous êtes aguerri, savez-vous comment rendre une rose bleue?

Division du temps

Ce conte retranscrit à plusieurs niveaux la division du temps. La vieille sorcière contraste avec les trois demoiselles dans la fleur de l’âge. Mais les trois sœurs se ressemblent entre elles, car le temps agit de la même façon sur tout le monde. Il y a la distinction entre les heures diurnes et celles nocturnes. Et c’est finalement une réponse liée à un aspect temporel, la rosée, qui offre la solution. La transformation symbolise ici le changement au fil des années.

Trois pensées, une énigme


Sources :
  • Contes de l’enfance et du foyer, recueil des frères Grimm, 1812.

Le cheval d’ébène : construction merveilleuse entre cheval de Troie et Pégase

Le Cheval d’ébène, parfois intitulé Le Cheval enchanté, appartient aux contes des Mille et Une Nuits. Il fait référence à une invention fabuleuse qui permet de se rendre en tout lieu à la vitesse de l’éclair. Ornée de pierres précieuses, la monture prodigieuse n’en reste pas moins en bois et rappelle le cheval de Troie. Sa ressemblance avec Pégase tient de sa capacité à voler…

Le cheval d'ébène à l'origine d'aventures orientales

Or et ébène

Shéhérazade, prisonnière du sultan Shahryar, lui conte, lors d’une fameuse mille et une nuits, les aventures causées par un cheval mécanique aux capacités étonnantes. Cela se passe en Perse où l’on fête le premier jour de l’année, appelé le Nevroux, qui correspond aussi à l’arrivée du printemps. Ainsi, un shah du nom de Sabur, gouverne Schiraz, capitale persane à l’époque. Il reçoit, à l’occasion de la célébration, des inventeurs venus des quatre coins du monde.

Les créateurs paradent de magnificence devant le puissant souverain. En premier, un Indien lui présente un homme en or, serti de pierres précieuses. Muni d’une trompette, il paralyse tous les ennemis au royaume, qui finissent par trépasser, en soufflant dedans. Il s’avère donc un excellent gardien à placer aux portes de la ville. En deuxième position, un Grec lui dévoile un paon doré, posé au milieu d’une bassine d’argent et entouré de ses vingt poussins eux aussi en or massif. Capable de déterminer l’heure, l’oiseau donne un coup de bec à l’un de ses petits à chaque intervalle de la journée. De plus, à la fin de chaque mois, il ouvre son bec où brille un croissant de lune.

cheval sculpté dans l'ébèneEn troisième et dernier lieu, un sage Persan s’approche à son tour vers le trône. Il tire derrière lui un curieux cheval tellement bien sculpté qu’on en dirait presque un vrai ! Devant la perplexité du monarque qui se montre plus attiré par l’or, il assure qu’il n’a jamais rien vu d’aussi prodigieux que son équidé en bois. En effet, la reproduction animale peut voler avec rapidité et atterrir là où l’on souhaite.

Un pégase sans ailes

un pégase noir
Des pégases noirs existent aussi dans la culture populaire (peinture d’Anne Zamo).

Le propriétaire de l’équidé noir effectue une démonstration de haut vol, sous les regards stupéfaits de l’assemblée royale. Il se rend jusqu’à une montagne d’où il ramène une feuille de palmier comme preuve. Cet exploit rappelle celui de Pégase, cheval ailé de la mythologie grecque, qui lui demeure bien vivant et sert de montures à divers héros. Ici, une cheville, placée au niveau du cou de l’animal inanimé, se tourne afin d’activer le mécanisme, un peu comme une boîte à musique.

Le roi Sabur, qui avait jugé la création par son extérieur, admet sa valeur précieuse. Le Perse lui révèle qu’il n’est pas le constructeur de ce prodige, mais l’a échangé au vrai fabricant en ofrant la main de sa fille. Et il ne lui cédera son bien que contre le mariage avec la plus jeune princesse de Schiraz.

Destination l’amour

Prince Lune et princesse Soleil sur le cheval noirLe prince Kamar-al-Akmar (« Lune des lunes »), héritier du shah, s’indigne qu’on puisse offrir sa sœur contre un simple objet, aussi merveilleux soit-il. Mais son père désire vivement l’acquérir. Il propose alors à son fils d’essayer la marchandise afin de trancher. Avant même que le Persan lui explique comment revenir, le jeune homme fougueux disparaît dans les airs !

En effet, il existe une autre cheville qui permet de redescendre. Inquiet, le souverain avertit que si son enfant ne rentre pas d’ici trois mois, il décapitera le responsable. Ainsi, le Perse finit dans les geôles du palais. Heureusement, le disparu, qui a essayé de tourner la pièce du cou à l’envers, découvre une seconde cheville, plus petite, au niveau de l’oreille droite. Passé minuit, il débarque sur la terrasse d’un somptueux palais qui appartient à la princesse du Bengale, Shams-al-Nahar (« Soleil du jour »). Il reviendra avec elle en Perse, deux mois plus tard.

Un cheval de Troie en Inde

Le Persan enlève la princesse du SoleilLe roi, ému de revoir son fils, consent à son mariage. Il libère le Persan et lui ordonne de disparaître avec son maudit canasson. Pour se venger de l’affront, celui-ci enlève la promise et s’envole avec elle. Il l’emmène à Cachemire, une province d’Asie, où la belle convainc le sultan de cette contrée de la méchanceté de son ravisseur qui se fait finalement décapiter. Mais voilà que son sauveur veut désormais l’épouser ! La malheureuse feint alors la maladie. Tous les médecins du royaume défilent à son chevet, mais aucun ne trouve la raison de son mal.

Pendant ce temps, Kamar, déguisé sous l’habit de derviche, parvient jusqu’aux Indes. En entendant les rumeurs sur la pathologie incurable dont souffre une étrangère venue sur un coursier enchanté, il revêt l’apparence d’un médecin et retrouve sa bien-aimée. Il prévient le sultan, qui ignore le fonctionnement de l’équidé, que la princesse a contracté un mauvais sort sur la monture et que, pour une guérison complète, il doit désensorceler l’objet maléfique. On pense alors un passage de la guerre de Troie où les Grecs construisent un imposant cheval en bois, sous la ruse d’Ulysse, pour l’offrir aux Troyens, leurs ennemis. En réalité, les guerriers se cachent à l’intérieur et mettent la cité à feu et à sang.

Le lendemain, le sultan fait amener le bucéphale de jais sur la grande place et y installe Shams dessus. Le faux docteur accroche des casseroles autour et y déverse des parfums qui bientôt empêchent toute visibilité. Le garçon se jette alors sur la croupe et s’échappe avec sa future épouse. Tous deux reviennent pour de bon au royaume de Schiraz et cela le roi s’en assure en détruisant le mécanisme du cheval d’ébène.

Ainsi s’achève le récit de Shéhérazade alors que Shahryar regrette que la construction chevaline n’existe plus. Mais il n’aura pas besoin d’elle pour conquérir le cœur de la conteuse, mais ceci est une autre histoire…

L’Araignée et le Vent : gratitude, lâcher-prise et patience au temps des Mille et Une Nuits.

Bien avant le succès des livres de développement personnel, les contes des Mille et Une Nuits regorgent de secrets pour mener une vie heureuse. La formule « Sésame, ouvre-toi ! » évoque déjà la loi de l’attraction dans Ali Baba et les quarante voleurs. Voici ici l’aventure d’une araignée qui pratique la gratitude et qui, portée loin de chez elle, apprend la patience et le lâcher-prise. Une leçon que le septième vizir du roi Djilia offre à son seigneur…

L'araignée et le vent

Le vertueux Djilia

Tout commence dans les Indes orientales où règne un roi puissant et équitable, le bon Djilia. Son royaume compte 72 vice-rois, 350 kadis (juges musulmans qui règlent les problèmes du quotidien) et 7 vizirs, ministres dont le chef est le grand-vizir Schimas, jeune homme de 28 ans. Le monarque se prend d’affection pour ce garçon intelligent, sage et méritant.

Le voeu du roi Djilia
Le roi Djilia rêve d’un fils. (© 2009 – 2019 ay-han)

En effet, seul manque un fils au bonheur du souverain. La vie exauce son vœu et permet la naissance d’un héritier. Les sept vizirs se succèdent pour honorer le petit prince baptisé Wird-Khan, « roi des roses ». À tour de rôle, ils soulignent chacun une vertu de leur maître à l’origine la réalisation de son souhait. Pour cela, ils évoquent des histoires. Le gouverneur, piqué par la curiosité, demande à chacun de raconter son récit.

 

Le septième ministre vante la patience et le lâcher-prise. Oui, nous baignons en plein dans le domaine du développement personnel ! Et c’est ce qui arrive aussi à une araignée qui mérite de se reposer, après la tempête. Écoutez son aventure…

Une araignée, toile au vent

Notre tisseuse pratique la gratitude : elle remercie Dieu pour son abri douillet, suspendu à une porte. Mais le maître de l’Univers décide, un jour, de tester la foi de la petite bête et lui envoie une épreuve.

Ainsi, le vent violent du nord-est l’emporte à des kilomètres, jusqu’à la mer. Perdue et en colère, elle reproche au courant de l’avoir arrachée à son doux foyer. Il lui précise tout de même qu’il a chassé les vagues, ce qui a évité sa noyade.

Consciente qu’elle ne rentrera pas par ses propos moyens, la créature à huit pattes reste silencieuse et patiente jusqu’à ce que le Bon Dieu la ramène à son logis. Chaque jour, elle conserve sa confiance en la force divine et s’attend à recevoir le miracle. Elle lâche prise sur sa situation et remet son problème à une puissance supérieure.

Et, le courant tempétueux finit par s’essouffler et laisse la place au vent favorable du sud-ouest. L’araignée s’envole et, au cours d’un long voyage, aperçoit sa maison. De toutes ses forces, elle s’y accroche et retrouve sa vie paisible.

En comparaison, le roi fait preuve de beaucoup d’impatience pour avoir un enfant. Pendant des années, il reste seul. Mais après un étrange rêve, il croit en la possibilité que la Vie lui apportera un fils. Et l’Univers élabore les circonstances afin de réaliser son souhait.

Gratitude, lâcher-prise et patience

La gratitude de l'araignée
La gratitude, vertu d’une vie heureuse (par Gerd Altmann).

Avec l’amour, la gratitude demeure l’une des émotions positives les plus puissantes de l’Univers. Si vous remerciez chaque jour pour ce que vous avez, vous avez eu et vous voulez, avec sincérité, tous ces bienfaits vous reviendront multipliés.

 

Dans le conte, l’araignée, qui exprime ses remerciements, subit pourtant un malheur. Mais cette situation qu’elle juge négative lui enseigne deux nouvelles vertus. Elle laisse la Vie, symbolisée par le vent, suivre son cours, car elle ne peut pas contrôler le flux. On observe qu’elle lui reproche son sort, mais oublie tout ce que l’existence lui a déjà apporté et peut lui apporter. Arrêter de vouloir tout maîtriser, spécialement dans un moment difficile, et s’abandonner au cours des événements s’appellent lâcher prise.

Cela prend parfois du temps avant que le problème se résout. Quand on accepte sa situation, la solution finit par arriver. C’est la foi et la patience qui permettent à l’araignée et au roi Djilia de réaliser leur désir.


Sources :
  • Contes inédits des Mille et Une Nuits, 1828.

Jack O’Lantern : esprit errant d’Halloween à la tête de citrouille

Si le soir d’Halloween, vous croisez un drôle de bonhomme avec une tête de citrouille et équipé d’une lanterne, vous venez sûrement de voir Jack O’Lantern. Cet esprit erre dans notre monde lors des dernières nuits d’octobre, à cause de son ancienne vie. Laissez-vous guider par la lumière afin de vous éclairer sur son étrange histoire…

Jack O'Lantern à la tête de citrouille

Jack Stingy, un homme méchant

Il était une fois dans un conte irlandais

Monsieur Jack Stingy réside dans le comté de Wicklow, région d’Irlande cernée par des montagnes. Il profite d’une grande richesse et pas question de la partager avec les autres ! L’avarice reste de rigueur. En plus, il demeure égocentrique et fréquente les bars en quête d’alcool.

citrouille noire
L’âme obscure de Jack doit ressembler à ça…

Sa vie débridée attire l’attention de Satan. Dans une campagne irlandaise, le diable vient à sa rencontre. Il réclame son âme noircie par les vices et les méchancetés. Rusé, l’ivrogne lui demande la grâce de savourer un dernier verre.

Le roi des enfers accepte. Mais le bougre ne possède pas d’argent pour régler sa bière. Le diable, excédé, se transforme en pièce d’or. Aussitôt, le malin le saisit et le place dans sa poche aux côtés d’une croix en argent qui empêche le seigneur infernal de recouvrer sa forme originelle. En échange de sa libération, Satan accepte de lui accorder encore dix ans d’existence.

Dix années plus tard, le diable se manifeste de nouveau. Mister Stingy réclame cette fois une pomme avant de descendre au royaume des damnés. Exaspéré, le démon grimpe à un pommier que Jack entoure de croix afin de le piéger. Sa délivrance ne peut se faire que s’il renonce à l’âme de l’avare pour l’éternité.

Le diable retourne dans son antre souterrain pendant que Jack reprend ses mauvaises habitudes. Lorsqu’il meurt, il monte au Paradis. Saint Pierre lui refuse l’accès à cause de sa noirceur. Le mort se résout alors à frapper à la porte des Enfers, mais Satan lui rappelle leur pacte. Tout de même, il le convainc de lui laisser une braise qu’il place dans un navet. Le voilà condamné à errer entre la dimension des vivants et celle des morts, muni de sa lanterne de fortune qui éclaire son sombre chemin.

Jack O’Lantern, Halloween et citrouilles

La fête d’Halloween demeure propice pour apercevoir Jack aux yeux de braise. En effet, au 31 octobre et aux dates proches, le passage entre le monde vivant et celui des morts s’affaiblit. Cette brèche permet d’observer toutes sortes de créatures et de fantômes effrayants.

De nos jours, la citrouille (« pumpkin » en anglais) remplace le navet en tant que lanterne. On les appelle les jack-o’-lantern et elle présente un sourire grimaçant éclairé par une bougie. Cela provient de l’exode des Irlandais aux États-Unis où ils ne trouvèrent pas de navets, mais de ces cucurbitacées orange en grande quantité.

Jack à la lanterne apparaît à HalloweenQuant à Jack, il revêt désormais l’apparence d’un épouvantail avec une tête de citrouille. Sa veilleuse se confond parfois avec un feu follet, manifestation lumineuse dans les cimetières et les marécages.

À l’origine, les déguisements de monstres que l’on porte servaient à tromper les vrais démons et esprits afin de leur échapper la nuitée d’Halloween. Les veilleurs de nuit, qui arpentent les rues avec leur lampion, prennent le surnom de Jack à la lanterne.

Les citrouilles-lanternes d'Halloween

Les contes des frères Grimm

Dans cet article, régulièrement mis à jour, retrouvez tous les contes des Frères Grimm déjà apparus dans le Royaume Bleu. Des liens vous orientent vers les articles consacrés à chacun.

Le prince-grenouille

 

001 Le Roi-Grenouille

 

 


Le château hanté

 

004 Histoire d’un qui s’en alla apprendre le tremblement

 


Le serpent blanc

 

017 Le Serpent blanc

 


Dame Holle

 

024 Dame Holle

 


En route chez Monsieur Corbis !

 

041 Monsieur Corbis

 


La sorcière Dame Trude

 

 

043 Dame Trude

 

 


Le prince-lion

 

088 La fauvette qui saute et qui chante

 


L'eau de la vie

 

097 L’Eau de la vie

 


Mercurius

 

 

099 L’Esprit dans la bouteille

 

 

 


Le roi roitelet

 

102 Le Roitelet et l’Ours

 

 


Trois pensées, une énigme

 

160 Conte-devinette

 

 


Vous souhaitez en savoir plus sur un conte qui ne figure pas dans cette liste ? Indiquez-le-nous !

N’oubliez pas de consulter le grimoire pour retrouver tous les personnages, lieux et objets apparus dans le Royaume Bleu.

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Le roitelet et l’ours : la bataille des animaux ailés et des quadrupèdes

Le roitelet et l’ours s’affrontent dans le conte homonyme des frères Grimm. Quand le mammifère compare de petits roitelets à des animaux sans noblesse, il déclenche leur courroux. Le père des oisillons rassemble toutes les bêtes volantes alors que l’ursidé enrôle les créatures à quatre pattes. Prêt pour la bataille ?

Le roitelet, roi du conte des frères Grimm

Le roi roitelet

Minuscule oiseau, le roitelet appartient au grand ordre des Passériformes, avec le moineau ou la mésange, et à la famille des Régulidés. Il se nomme parfois le régule, du latin regulus, « petit roi ».

Employé comme un terme péjoratif, le roitelet désigne le souverain d’un royaume riquiqui ou un monarque peu puissant. Quand l’ours, imposante créature, s’en prend au petit oiseau, il demeure aisé de comprendre le parallèle entre les puissants de ce monde qui se moquent des plus faibles. Au Pays de Galles, le héros de cette histoire demeure le roi des oiseaux. Détruire un de ses nids assure de descendre en enfer.

La famille des régules comprend plusieurs espèces. Nous retiendrons celle du roitelet à la couronne dorée ou satrape (Regulus satrapa). Le satrape correspondait au titre des gouverneurs de province, chez les Perses anciens. En langage figuré, il renvoie à l’image d’un homme fier et despotique.

Le mâle porte une couronne orange bordée de noir alors que la femelle présente une couleur jaune sur la tête. Sociables, les satrapes rejoignent des groupes divers pour débusquer des insectes dans les buissons et les arbres. Ils nichent en haut d’un conifère.

L’ours et le loup

Un beau jour d’été, l’ours se promène avec son camarade, le loup, dans une forêt. Il interroge le carnassier sur l’identité de celui qu’il entend chanter. Pour plaisanter, le canidé lui répond qu’il s’agit du roi des oiseaux. L’ursidé se met en tête de visiter le palais royal. Quand il découvre le nid et les oiselets, il ridiculise les supposés princes. Furieux, les petits exigent d’obtenir réparation. Leur colère est telle qu’ils font fuir les deux comparses avec leurs piailleries.

Les bébés roitelets demandent réparationQuand leurs parents reviennent, ils refusent de se nourrir tant que justice ne sera pas faite et leur sang bleu reconnu. Leur père, accompagné de la reine, sa roitelette, se rend jusqu’au trou de l’insulteur et lui promet une guerre sanglante.

Les quadrupèdes contre les ailés

Autour de l’ours se réunissent tous ceux qui possèdent quatre pattes : les ânes, les bœufs, les cerfs, etc. Le sylvidé couronné, lui, rassemble tous les animaux volants, aussi bien les oiseaux que les insectes. Pour jouer les espions, il envoie un moucheron dans le camp ennemi. Le mouchard se pose sur un arbre sous lequel les mammifères sont réunis. Pour diriger les troupes, l’ours nomme le renard au titre de général. Un signe permettra de connaître l’attitude à tenir durant la bataille. Si le goupil garde sa queue haute alors la lutte doit se poursuivre. Mais s’il la baisse, tout le monde devra s’enfuir.

Le champ de bataille oppose les animaux volants et les animaux au solLe moucheron, qui a tout entendu, rapporte ces informations à son chef. Le lendemain, à l’aurore, le combat s’annonce. Les quadrupèdes ébranlent le sol alors que l’armée volante produit un son redoutable dans les airs. Puis, becs et griffes s’entrechoquent. L’affrontement est terrible.

Un frelon, sous le zinzinulement de son roi, pique la queue du commandant roux. Au bout de trois attaques, le renard s’enfuit, queue baissée, en hurlant de douleur. Ses troupes détalent aussitôt et partent se cacher. Victorieux, le roitelet et sa dame avertissent leur progéniture qu’ils ont lavé leur honneur. Mais la couvée réclame les excuses du plantigrade et la reconnaissance de leur statut royal. Terrorisé, le perdant se rend à la nichée et leur demande pardon. Les petits, satisfaits, festoient avec leurs parents jusqu’à l’aube.

Le conte montre que les plus faibles n’ont pas à se rabaisser devant les plus forts. Grâce à la ruse, les animaux à plumes parviennent à prendre le dessus. Même le renard, considéré comme l’animal le plus rusé, ne peut les arrêter. Peut-être est-ce sa punition pour avoir trompé le corbeau et volé son fromage ?

Lire le conte


Sources :
  • Contes de l’enfance et du foyer, recueil des frères Grimm, 1812.
  • Dictionnaire des Symboles de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, 1969.
  • Dictionnaire de l’Académie française.

Mercurius : l’esprit dans la bouteille

Mercurius, un esprit sournois, apparaît dans un conte des Frères Grimm, L’esprit dans la bouteille. Colosse trompeur, il puise son origine dans le dieu romain Mercure. Associé à l’alchimie, la médecine ou encore aux métaux, le puissant génie dévoile de vastes pouvoirs. Mais, pour l’instant, il se trouve emprisonné dans une bouteille

Mercurius, piégé dans une bouteille

Un colosse dans une bouteille

Esprit malfaisant, Mercurius sème le malheur partout où il passe. Il finit par se faire capturer et, en punition, se retrouve enfermé dans une bouteille. Les années s’écoulent jusqu’à ce qu’un étudiant ôte le bouchon.

Le jeune homme, fils d’un bûcheron, revient chez son père, car, par manque d’argent, il ne peut pas poursuivre son cursus universitaire. Muni d’une cognée empruntée au voisin, il aide son père à couper du bois. Puis, à l’heure de la pause, il s’aventure au cœur de la forêt où il tombe sur un vieux chêne immense.

Soudain, une voix retentit : « Fais-moi sortir ! ». Le garçon découvre entre les racines de l’arbre, cachée dans une cavité, une bouteille. À l’intérieur, une sorte de grenouille saute dans tous les sens. Il retire le bouchon pour délivrer la créature. Aussitôt libre, elle grandit jusqu’à atteindre la taille d’un effrayant colosse.

Mauvais génie

Mercurius, un esprit colossal et malfaisantLoin d’exaucer les vœux, le redoutable géant promet une terrible récompense à son libérateur : il va lui tordre le cou ! Le jeune homme se montre rusé et demande une preuve que c’est bien lui, être puissant, qui se trouvait dans le récipient de verre. Agacé, Mercurius rapetisse et retourne dans sa prison. L’étudiant bloque immédiatement l’ouverture.

Le génie le supplie de le délivrer en échange d’un vrai cadeau. Le fils du bûcheron prend le risque de le relâcher. Cette fois, Mercurius tient sa promesse et lui offre un petit carré de chiffon. Un de ses côtés guérit les plaies ; l’autre transforme l’acier et le fer en argent.

L’étudiant teste le morceau magique sur un tronc. Avec sa hache, il écorche l’arbre et constate que l’entaille disparaît, après application du tissu. Satisfait, il laisse l’esprit partir. En changeant le tranchant de sa cognée en argent, il finit ses études et, grâce à son chiffon, devint un fameux médecin.

Mercurius et Mercure

Le nom Mercurius est la racine latine de Mercure, une divinité romaine. Assimilé à Hermès, messager des dieux grecs, l’immortel lie les quatre éléments : l’eau, le feu, la terre et l’air. Il occupe une place importance dans l’alchimie, science occulte qui étudie la transmutation des métaux en or. Cela rappelle le chiffon du conte qui transforme le métal en argent. D’ailleurs, le mercure est lui-même un métal argenté, appelé autrefois le vif-argent. Il se trouve à l’état liquide, un élément qui renvoie à l’image métaphorique de Mercurius emprisonné dans son contenant.

Mercure, divinité de la mythologie romaine, avec son caducée
Le dieu Mercure et son caducée

D’autre part, Mercure offre aux hommes la connaissance, parmi laquelle figure la médecine. Un de ses attributs est le caducée, bâton entouré de deux serpents et emblème du corps médical qui choisira plutôt par la suite le bâton d’Asclépios, dieu de la médecine, comme symbole. L’étoffe magique du conte possède ainsi le pouvoir de soigner les blessures. Le jeune homme qui délivre l’esprit a besoin du don de Mercurius pour retourner à ses études, ce qui veut dire accéder au savoir.

À la fois protecteur des marchands et, à l’opposé, des voleurs, le dieu aux sandales ailées possède une double facette. Il apparaît parfois sous la forme d’un fourbe ou d’un dragon, pour protéger ses secrets. Rien d’étonnant à ce que Mercurius trompe son libérateur. Il symbolise aussi l’inconscient qui manifeste l’étendue de son champ d’action par sa grandeur. En Égypte, les Anciens évoquaient Hermès Trismégiste, une déité « trois fois plus grande ». Notons que le chêne demeure associé à Jupiter (Zeus chez les Grecs), le roi divin et le père de Mercure. L’esprit dans la bouteille se révèle un conte très mythologique !

Lire le conte


Sources :
  • Contes de l’enfance et du foyer, recueil des frères Grimm, 1812.
  • Dictionnaire des mythologies de Myriam Philibert, 1997.
  • Le Langage Secret des Étoiles et des Planètes : la clé des mystères de l’astronomie de Geoffrey Cornelius et Paul Devereux, 1996.

L’Eau de la Vie : un remède miracle

L’Eau de la Vie est le titre d’un des contes des frères Grimm. Réputé pour ses propriétés miraculeuses, le liquide magique représente l’unique espoir pour trois princes de sauver leur père malade. Et comme vous vous en doutez, il demeure bien difficile de s’en procurer…

L'Eau de la Vie jaillit d'une fontaine.

Une fontaine de Jouvence

L’Eau de la Vie se situe dans la cour d’un château enchanté où elle jaillit d’une fontaine. Une lourde porte de fer protège l’entrée de la forteresse ensorcelée et repousse les envahisseurs. Si vous arrivez à pénétrer à l’intérieur, garde aux deux féroces lions qui se jetteront sur vous !

Si vous survivez, il ne restera plus qu’à recueillir l’eau miraculeuse avant le retentissement des douze coups. Passé ce délai, les portes du château se reformeront et vous retiendront prisonnier pour l’éternité. C’est cette aventure que va tenter chacun des trois princes.

La soif justifie les moyens

Dès qu’ils apprennent qu’un antidote existe au mal du roi, ses héritiers s’empressent de le convaincre de les laisser partir. Face au périple qui les attend, le souverain affaibli refuse. L’aîné se montre persuasif et galope vers la contrée fabuleuse.

Le nain punit les princes orgueilleux.
Mieux ne vaut pas manquer de respect à un nain !

Mais l’intention de ce premier fils ne semble pas motivée par l’amour, mais par l’héritage que son père lui offrira quand il l’aura sauvé de la mort. Sur son chemin, il rencontre un nain qui lui demande où il chemine à toute allure comme ça. Le garçon orgueilleux le traite de nabot et trace sa route. Vexé, le petit homme piège le vaniteux entre deux montagnes.

L’absence prolongée de son grand frère incite le deuxième enfant à saisir sa chance et à se rue à son tour en quête du Graal. Tout comme son aîné, il nargue le nain et finit prisonnier.

Dernier espoir, le cadet s’élance à la recherche du liquide merveilleux. Ses intentions, toutefois, restent de secourir son père. Alors qu’il croise la route du nain, il le considère avec respect et lui indique qu’il cherche la fameuse Eau de la Vie.

La vie ne s’écoule plus

Lion de pierre, gardien du château.
Le roi des animaux surveille l’accès au château.

Pour récompenser la conduite convenable du dernier héritier de la couronne, le nain lui offre une baguette de fer et deux petits pains. Le jeune prince pourra désormais ouvrir le solide portail du palais envoûté. Quant aux pains, ils calmeront les félins, gardiens du château. Le minuscule bonhomme met en garde le garçon contre les douze coups qui retentiront et signaleront la fermeture de la seule issue.

Parvenu à la forteresse, le prince frappe trois fois l’entrée avec sa baguette. La porte cède et il jette la nourriture aux lions qui le laissent passer. À l’intérieur du bâtiment de pierres, l’étranger découvre des princes figés par l’enchantement. La vie ne s’écoule plus entre les murs maudits. Après avoir retiré les bagues princières, il se saisit d’un pain et d’une magnifique épée.

Le jeune homme poursuit sa visite et découvre une charmante princesse réveillée dans l’une des chambres. En pénétrant dans le château, il a rompu le charme et le temps a repris son cours. Elle lui indique où se trouve la fontaine fabuleuse et lui promet de se marier avec lui, s’il revient dans un an. Sous le poids de la fatigue, il s’endort dans un lit confortable alors que la cloche commence à retentir…

Amer comme l’eau de la mer

Au son des cloches, le prince se réveille brutalement et se saisit d’un gobelet pour récupérer un peu des eaux de l’existence. Il sort de l’endroit enchanté à la dernière minute et la porte se referme, emportant un bout de sa chaussure.

De retour sur le territoire du nain, il lui montre ses trésors. Le petit homme lui indique que l’épée qu’il a emportée lui permettra de battre des armées tandis que le pain ramassé ne s’épuisera jamais. Mais le prince n’est pas tout à fait ravi, car il voudrait obtenir la libération de ses frères perfides. Le nain finit par y consentir, non sans le mettre en garde sur leur fourberie.

Les trois frères entament le long voyage du retour. En chemin, l’épée et le pain permettent de préserver trois royaumes de la guerre et de la famine. L’ultime étape du trajet oblige les garçons à traverser la mer. Alors que le cadet s’endort dans sa cabine, les deux autres s’emparent du précieux gobelet et le remplacent par de l’eau de mer.

Quand le plus jeune fils remet la boisson des miracles à son père, l’état du monarque empire. On l’accuse alors d’empoisonnement alors que ses frères bénéficient de tous les honneurs, en présentant la substance guérisseuse.

Suite à cet accident, le souverain rétabli envoie son veneur tuer son dernier fils. Comme dans le conte de Blanche-Neige (où l’on retrouve aussi la présence des nains), le chasseur l’amène dans la forêt, mais refuse de l’assassiner. Ils échangent leurs habits et le prince s’enfuit dans la forêt.

D’eau et d’or

Un jour, les rois voisins livrent des trésors pour remercier le prince cadet qui les a sauvés de la famine et des guerres. Le roi comprend la duperie de ses deux autres enfants et regrette d’avoir fait exécuter son fils méritant. Ravi, le chasseur lui relève qu’il demeure toujours vivant.

Pendant ce temps, la princesse du royaume désenchanté ordonne la construction d’une allée d’or devant l’entrée. Seul celui qui marchera dessus obtiendra l’autorisation d’entrer et deviendra son mari. Les deux princes menteurs tentent leur chance, mais passent à côté du sentier doré de peur de gâcher un bien si précieux. Les gardes leur refusent l’accès. Un an après qu’il a désensorcelé le château, le cadet foule le chemin brillant, plus préoccupé de retrouver sa belle que de posséder des richesses. Son père le réhabilite alors que ses frères honteux s’enfuient par les mers.

Une baguette magique.À la croisée de Blanche-Neige (pour les personnages des nains et du chasseur), de Cendrillon (pour les frères jaloux et la baguette magique) et de la Belle au Bois Dormant (pour le château enchanté), ce récit reprend tous les ingrédients des contes de fées. Qui sait aujourd’hui où se trouve la fontaine qui contient l’Eau de la Vie capable de guérir toutes les maladies…

 

 

Continuez votre visite d’autres châteaux enchantés comme celui du château hanté ou le château habité par des lions.

Retrouvez tous les articles sur les contes dans la rubrique consacrée.

 

Le prince-lion : un amoureux ensorcelé

Le prince-lion pousse son rugissement dans un conte des frères Grimm, La fauvette qui saute et qui chante. Sous les chants de ce bel oiseau, se cache une terrible malédiction. Comme la Belle, la dernière fille d’un voyageur demeurera prisonnière de la Bête. Mais un amour surgira de la forêt sauvage. Le temps et un féroce dragon le mettront à rude épreuve. Laissez-vous ensorceler par l’histoire d’un prince qui marche, félin, dans la lumière.

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Un lion ou un prince ?

La fauvette qui saute et qui chante

Tout commence par une fauvette ! Ce petit oiseau chanteur au plumage fauve appartient au groupe des Passériformes, un ordre d’espèces arboricoles. D’ailleurs, le conte où apparaît le prince-lion s’intitule La fauvette qui saute et qui chante par les frères Grimm. Notons que le mot « fauvette » dérive de « fauve« , ce qui rappelle le roi des animaux.

La troisième et dernière fille d’un homme désire un tel oiseau alors que ses sœurs préfèrent les perles et les diamants. Au cours d’un long voyage, le père récupère facilement les bijoux, mais il s’aventure au cœur de la forêt pour trouver le passereau.

Dans ce lieu sauvage, il tombe sur un redoutable lion, propriétaire d’une fauvette parfaite en tout point. La féroce bête consent à lui épargner la vie et à lui laisser son compagnon à plumes s’il lui ramène la première personne qu’il croisera à son retour. Vous l’avez deviné : la cadette est condamnée à finir dans la gueule du félin.

Le royaume qui rugit

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La jeune femme se trouve dans un étrange royaume peuplé de lions

Heureusement pour la pauvre fille, le lion demeure un prince victime d’un enchantement. Lui et les siens se transforment en félins au contact de la lumière. Ainsi, la jeune femme erre au milieu de ces dangereux carnivores. Le soir venu, elle découvre le vrai visage de son ravisseur et en tombe amoureuse.

Bientôt, la captive devient princesse. Elle dort la journée, en compagnie des félidés, et vit la nuit avec les hommes. Un jour, le prince confie à sa tendre que la sœur aînée de cette dernière va se marier. Son époux l’autorise à y aller, mais refuse lui-même de s’y rendre. Il la fait escorter par des lions. Elle retrouve avec joie sa famille qui la pensait dévorée.

Lors des noces de sa deuxième sœur et devenue mère d’un enfant, elle supplie son bien-aimé de l’accompagner. Le prince lui révèle que si un rayon de lumière le touche en dehors de la forêt, il se métamorphosera en colombe pendant sept longues années. Sa compagne insiste et ils participent tous deux à la fête.

Le fauve lion qui devient blanche colombe

Prenant toutes les précautions nécessaires, la princesse mure une pièce chez son père pour que son mari s’y réfugie. Mais lorsque les invités allument les flambeaux de la noce, un fin rayon touche le prince qui se transforme aussitôt en colombe.

Quand elle revient, son épouse découvre le drame. Il lui explique que, pendant sept ans, il volera jusqu’au bout du monde. Pour qu’elle suive sa trace, il déposera tous les sept pas une goutte de sang et l’une de ses plumes. Si elle parvient à le retrouver, elle pourra le libérer.

La jeune femme poursuit l’oiseau pendant presque sept ans jusqu’à ce que les plumes et le sang n’apparaissent plus sur son chemin. Désespérée, elle demande de l’aide au Soleil. Ce dernier ne sait pas où se trouve la colombe, mais lui offre un coffret à ouvrir en cas de danger. De même, elle interpelle, sans succès, la Lune qui lui remet un œuf.

Le vent de la nuit n’a rien vu non plus, mais il interroge les autres courants d’air. Par chance, le souffle du Sud a aperçu le pigeon blanc. Le prince est arrivé jusqu’à la mer Rouge où il est redevenu un lion.

Le dragon qui s’empara du prince

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Le prince-lion et la princesse-dragon s’affrontent sur les bords de la mer Rouge où habite un griffon.

La jeune femme apprend que son lion combat un dragon, en réalité une princesse elle aussi victime d’une malédiction. Le vent nocturne lui conseille de couper le onzième roseau qu’elle trouvera sur la rive droite de la mer Rouge et de frapper le monstre volant avec. Selon lui, cela permettra aux animaux de retrouver forme humaine. Pour retourner chez elle avec son mari, elle montera sur un griffon qui habite non loin. Elle devra jeter une noix au milieu de la mer qui deviendra aussitôt un noyer pour que l’oiseau fabuleux se repose à mi-chemin.

Alors que la princesse parvient à rendre leur véritable apparence aux deux adversaires, la suite ne se déroule pas comme prévu. L’autre princesse serre le prince dans ses bras et tous deux s’envolent sur le dos du griffon. Désespérée, notre héroïne trouve pourtant le courage de partir à la recherche de son bien-aimé. Après un long voyage, elle arrive au château de sa rivale et où les noces avec son prince vont être célébrées.

Ne sachant comment pénétrer dans l’enceinte, elle ouvre le coffret du Soleil et y découvre une robe rayonnante. Ainsi vêtue, elle illumine le bal royal. Sa concurrente, qui ne l’a pas reconnue, marchande avec elle pour obtenir sa tenue afin de la porter à son mariage. Alors la belle lui répond :

— Ni pour or, ni pour argent, mais chair et sang en sont le prix.

Elle demande ainsi à passer une nuit dans la chambre où dort le fiancé. La future mariée, subjuguée par la robe, accepte, ayant pris soin au préalable d’endormir le prince avec un somnifère. L’héroïne lui raconte toute sa mésaventure, mais il ne peut l’entendre. Abattue, la belle quitte le château en larmes. Elle se rappelle alors l’œuf de la Lune et le casse. Une poule et ses douze poussins en or en sortent aussitôt. Ainsi les échangent-elles contre une nouvelle nuit au chevet de son amour. Cette fois-ci, le prince, au courant pour le somnifère, écoute toute l’histoire. Il ouvre les yeux et enlace sa bien-aimée. Ses retrouvailles le délivrent d’un charme qui avait effacé sa mémoire.

Sous la crainte du père de la princesse, un méchant sorcier, les amoureux s’échappent. Ils s’envolent à dos de griffon et regagnent leur royaume où leur fils est devenu un homme.

Lire l’histoire de La Fauvette qui saute et qui chante des frères Grimm

Connaissez-vous l’histoire du prince-grenouille ?

Si vous appréciez le roi des animaux, n’hésitez pas à faire un tour dans la Tanière du Lion.


Sources :
  • La fauvette qui saute et qui chante des frères Grimm.
  • Dictionnaire de l’Académie française.
Images :
  • Un lion par IanZa sur Pixabay.
  • The Lady and the Lion d’Arthur Rackham, 1909.
  • Un lion-tigre par DrSJS sur Pixabay.