Bastet : déesse-chatte égyptienne

Dans la mythologie égyptienne, la déesse Bastet se caractérise par sa tête de chat, un animal vénéré dans l’ancienne Égypte. Elle représente les bienfaits du Soleil, en tant que fille du puissant dieu solaire Râ. Mais garde à son courroux qui laisse émerger une autre personnalité, celle de la sanguinaire Sekhmet au visage de lion !

Bastet, déesse au visage de chat

Fille solaire du divin Râ

Dans les mythes de l’Égypte pharaonique, le dieu (ou Rê) représente le Soleil. Créateur de l’univers, il possède un étrange œil magique qu’il envoie aux quatre coins du monde pour déjouer les éventuels complots destinés à le renverser.

Le pouvoir de ce merveilleux globe oculaire ne s’arrête pas là. Il prend la forme d’une des filles du maître suprême qui symbolisent chacune un aspect de l’astre du jour. Ainsi, la déesse égyptienne Bastet incarne la puissance des rayons lumineux, en compagnie de ses sœurs Hathor, Sekhmet et Maât, respectivement divinités de l’amour, du feu et de la vérité.

Elle diffuse la lumière sur la Terre et participe au renouvellement de la vie. Si la divine Bastet personnifie les bienfaits du Soleil, elle peut, cependant, se montrer destructrice…

Divinité féline des terres chaudes d’Égypte

À l’origine, l’antique déesse Bastet revêt une tête de lionne. Elle porte une croix ansée, nommée la croix Ankh, symbole de la vie, et un sceptre. Progressivement, la gueule effrayante du roi des animaux prend les doux traits d’un chat.

La délicate immortelle, sous la forme d’une chatte, se pare de bijoux. Puis elle redevient femme et conserve le faciès de l’animal. Elle joue le sistre, un instrument de musique à percussion, ou déploie l’égide, bouclier de la sage déesse grecque Athéna et emblème de la puissance suprême. Mais sur ce dernier ne figure pas l’effigie du monstre Méduse, mais celle d’une lionne.

Car, de temps à autre, la femme hybride ressent des ardeurs léonines et libère le fauve en elle. C’est là que les ennuis commencent…

Double bienfaisant de la redoutable Sekhmet

La déesse Sekhmet
La dangereuse Sekhmet laisse libre cours à ses pulsions animales.

Pacifiste, Bastet se métamorphose en sa sœur Sekhmet, sous l’effet d’une intense colère. Personnification de la fureur, cette double personnalité emprunte les traits et l’instinct des lions et symbolise les ravages du Soleil.

Quand la terrible Sekhmet prend le dessus, la sauvagerie s’abat sur les hommes. Même le puissant Râ ne peut la raisonner. Dans la légende égyptienne dite de la Lointaine, le dieu âgé apprend que les humains complotent contre lui. Il consulte l’Ennéade, un groupe de neuf divinités primordiales, qui lui conseille d’envoyer son œil prodigieux, sous la forme d’Hathor afin qu’elle dévoile les coupables.

La déesse de l’amour et de la joie devient ainsi l’œil du Soleil, mais se querelle avec son père avant son départ. Contrariée, elle s’exile dans le désert de Nubie. Le maître céleste mandate le dieu guerrier Onouris, pour la ramener.

Le combattant la retrouve sous la forme de la chatte Bastet. Pour l’apaiser, il lui narre de fabuleuses histoires sur le royaume des pyramides. L’exilée comprend sa fourberie et se change en Sekhmet, la cruelle carnivore. Ivre de rage, elle extermine un à un les êtres humains conspirateurs.

Pour calmer le fauve, Onouris lui promet des offrandes dans tous les temples égyptiens et lui remet du vin, boisson concoctée par Rê, qu’elle pense être du sang. Elle reprend, sous l’effet de l’alcool, sa version de chat.

Déesse festive de la musique, la joie et la danse

À la frontière égyptienne (la Nubie demeurait un territoire indépendant lors de l’Antiquité), une foule joyeuse accueille Bastet, selon la promesse du brave Onouris. Les deux compagnons de voyage décident de se reposer à Thèbes. Pendant la nuit, un serpent du chaos tente d’étouffer la chatte, mais le guerrier la réveille et parvient à éviter l’attaque.

De retour à Héliopolis, la ville du Soleil, l’œil reprend la forme d’Hathor et retourne auprès de son propriétaire. La fureur de Sekhmet a vaincu les ennemis de Râ, mais elle reste incontrôlable. Pour maîtriser ses accès de colère, le dieu lui institue des fêtes, lors des inondations du Nil, où l’on prendra soin de lui servir l’alcool rouge.

C’est à Bubastis (« la maison de Bastet »), dans le temple de la déesse, que se célèbrent ces cérémonies musicales qui se terminent en orgie. Tout comme Hathor, Bastet dispense les joies, les musiques et les danses.

Protectrice des chats et du foyer

Bastet est souvent représentée avec un panier dans lequel reposent ses petits. Les chatons symbolisent l’amour maternel de la déesse. De même, elle protège les nouveau-nés. Pour s’assurer sa protection, une entaille s’effectue dans le creux du bras du nourrisson où l’on verse quelques gouttes du sang du compagnon à moustaches.

Dans les sanctuaires, les statues de chats remplacent celles des lions, autrefois consacrés à Sekhmet. Bastet repousse également les maladies contagieuses et préserve les hommes des mauvais esprits.

Femme aux pupilles changeantes

Bastet surveille les mauvais esprits
Bastet veille sur la barque de Râ.

Le rapport entre la déesse Bastet et le Soleil transparaît dans les yeux du chat. En fonction de l’intensité de la lumière, ses pupilles changent de formes. Elles se réduisent à une simple fente verticale en pleine clarté.

La nuit, le chasseur à quatre pattes utilise une membrane réflectrice derrière sa rétine, pour voir dans l’obscurité. Ses yeux luisent dans le noir. Bastet, elle, chasse les ténèbres qui, sous la forme du dieu-serpent Apophis, tentent de renverser la barque de Râ, chaque soir après l’accomplissement de son parcours diurne sur le monde.

Adoratrice des chats

Maîtresse des chats, Bastet participe à les rendre sacrés auprès du peuple du Nil. Pour lui remettre des offrandes, les adorateurs nourrissent ces animaux familiers des meilleurs aliments. Ils les gardent dans leur habitat pour leurs qualités de chasseurs de rats et ainsi leur rôle dans la préservation des récoltes et l’éloignement de la peste.

À la mort d’un chat domestique, les hôtes de la maison se rasent les sourcils pour signifier leur peine. Comme le pharaon, la bête est embaumée. Sa momie, enterrée dans une nécropole, comporte des couleurs qui représentent son pelage et ses yeux.

En outre, on attribue au petit félin la capacité d’éteindre le feu. La légende raconte qu’il bondit dans les flammes, ce qui estompe subitement l’incendie.

Au travers de sa nouvelle Les Chats d’Ulthar, H.P. Lovecraft redonne à cet animal tout le pouvoir qui lui était accordé dans l’Antiquité.

Découvrir l’histoire des chats d’Ulthar

Caractéristiques et attributs de la déesse égyptienne Bastet

La déesse Bastet de l'Egypte ancienne

  • Fonctions : déesse des chats, des bienfaits du soleil, de la joie, de la musique, de la danse, de l’amour maternel et du foyer ; une des incarnations de l’œil de Râ.
  • Parenté : Fille de Râ, sœur de Sekhmet, Hathor et Maât.
  • Attributs : chat, croix Ankh, sceptre, bijoux, sistre, égide.
  • Pouvoirs : se transformer en Sekhmet, repousser les maladies contagieuses et les esprits malveillants.
  • Territoire : Égypte.

Sources :

  • Dictionnaire des Mythologies de Myriam Philibert, 1998.
  • Encyclopédie Atlas de la mythologie des Éditions Atlas, 2003.
  • Mythologies du monde entier de Roy Willis, 1993.
  • Sphinx, les gardiens de l’Égypte, exposition de 2006.
Publicités

Auxo : déesse grecque du printemps et de la croissance

Dans la mythologie grecque, la divine Auxo règne sur le printemps. Elle appartient au groupe des Heures célestes, quatre déesses qui régissent les saisons. Sa capacité à accroître les éléments naturels la distingue en tant que divinité de la croissance. Subjugués par sa beauté, les Athéniens l’honorent comme l’une des Grâces.

Auxo-déesse-grecque-printemps-croissance

Heure printanière

Dans les mythes grecs, plusieurs groupes de déesses apparaissent sous le terme des Heures. Les Heures terrestres, filles de Zeus, le roi des dieux, organisent la vie humaine. Héritières d’Hélios, le Soleil, et de Séléné, la Lune, les Heures solaires divisent la journée en douze temps. Plus anciennes, les Heures célestes descendent d’Ouranos, le Ciel, et de Gaia, la Terre.

Ces quatre divinités des cieux établissent le cycle des saisons. Auxo, la première, instaure le printemps. Ses sœurs, Thallo, Carpo et Hora, veillent respectivement sur l’été, l’automne et l’hiver. De plus, elles gardent le palais du maître de l’Olympe et la porte céleste. Cette dernière prend la forme d’un épais nuage qui entoure le mont Olympe.

En savoir plus sur Carpo, déesse de l’automne

Lorsque la nymphe Chloris épouse Zéphyr, le Vent de l’Ouest, elle devient la déesse des fleurs. Les Heures célestes se chargent de cueillir celles de son jardin magique. Associée au printemps, Chloris intervient elle aussi à la saison de la renaissance et complète le rôle d’Auxo.

En savoir plus sur Chloris, océanide et déesse des fleurs

Déesse de la croissance

Comme la nature qui s’éveille, Auxo symbolise le renouveau, mais aussi l’expansion. Grâce à elle, les champs se développent et les plantes poussent. Son influence s’étend chez les hommes où elle assure la croissance des enfants. Son nom se retrouve dans l’auxologie, l’étude de la croissance des êtres vivants.

Grâce athénienne

Charmante comme ses sœurs, Auxo trouve une place parmi les Charites (les Grâces, en latin), déesses de la beauté et des bienfaits, dans la cité d’Athènes. Au même titre, la déesse Hégémoné apparaît à ses côtés. Toutes les deux veillent sur la croissance.

Protectrices des adolescents, elles sont qualifiées de courotrophes. Les éphèbes les invoquent dans le serment de la stèle d’Acharnes, en tant que figures de la fertilité, avec Thallo, Heure de l’été.

Récapitulatif des caractéristiques de la déesse grecque Auxo

Auxo-déesse-grecque-croissance-printemps

  • Fonctions : heure du printemps, gardienne de la porte céleste du mont Olympe, déesse de la croissance, charite chez les Athéniens.
  • Parenté : Fille d’Ouranos (le ciel) et de Gaia (la terre). Sœur de Thallo (l’été), Carpo (l’automne) et Hora (l’hiver).
  • Groupe : Les Heures célestes.
  • Mot associé : l’auxologie est l’étude de la croissance des êtres vivants.

Découvrir d’autres déesses de la mythologie grecque


Sources :

  • Dictionnaire Larousse en ligne
  • Dictionnaire portatif de mythologie pour l’intelligence des poètes d’André de Claustre, 1765.
  • Conférence de M. Steven H. Lonsdale dans Annuaires de l’École pratique des hautes écoles, 1992.
  • Guerre et religion en Grèce à l’époque classique : recherches sur les rites, les dieux, l’idéologie et la victoire, 1979.

Triteia : déesse grecque de la cité de Tritée et fille de Triton

Dans la mythologie grecque, Triteia demeure la fille du dieu-poisson Triton. En tant que nymphe marine, elle protège l’isthme de Corinthe, mais révèle des talents de guerrière. Pas étonnant qu’Athéna, déesse des combats stratégiques, et Arès, sanglant guerroyeur, interviennent dans son histoire. Ses amours avec ce dernier méneront à la construction d’une cité en son honneur.

Triteia-déesse-mythologie
Peinture de Diane Özdamar ©

Fille du dieu marin Triton

Triteia tient sa nature marine de son père Triton. Mi-homme, mi-poisson, il descend lui-même de Poséidon, le roi des mers, et d’Amphitrite, une néréide, c’est-à-dire une nymphe de la mer. Cet être amphibie élit domicile au fond d’un lac en Libye, une contrée africaine. C’est là qu’il rencontre la gardienne Tritonis et en tombe amoureux. De leur union naissent deux redoutables déesses guerrières : Pallas et Triteia.

La farouche Triteia appartient au groupe des Haliades, nymphes descendantes des premières divinités maritimes et qui veillent sur les plages et les côtes rocheuses. Elle préserve elle-même l’isthme de Corinthe, une bande de terre qui relie le Péloponnèse (une région grecque) à la Grèce continentale.

Son instinct de guerrière s’explique également par ses origines. Poséidon, son grand-père, exprime sa fureur par des tempêtes. Sous ses airs bienveillants, Triton aime déclencher des conflits. Quant à Tritonis, elle représente la nature sauvage.

En savoir plus sur Triton, dieu du mugissement de la mer

Prêtresse d’Athéna

La déesse de la guerre stratégique et de la sagesse, Athéna (Minerve dans les mythes romains), connaît une étrange naissance. Après avoir avalé sa femme Métis, son père Zeus, le roi des dieux, ressent de douloureux maux de tête. Sur les bords du lac Tritonis, il ordonne à son fils Héphaïstos, le forgeron, de lui fendre le crâne avec sa hache ! La divinité des batailles en sort aussitôt, armée de haut en bas.

Triton et son épouse prennent en charge l’éducation de la sublime combattante qui se lie, très vite, avec Pallas. Mais lors d’un entraînement, Athéna tue accidentellement sa sœur adoptive. Elle lui rend hommage en construisant une statue magique à son effigie, le Palladium.

Après le départ d’Athéna, Triteia se met à son service en tant que prêtresse. Dans la ville qui sera dédiée à la nymphe, un temple sera consacré à Athéna avec une représentation en marbre. Une parthénos, une vierge à l’image de la déesse, veille sur ce sanctuaire.

Protectrice de la cité de Tritée

Triteia entame une liaison sauvage avec le redoutable dieu de la guerre Arès (Mars, en latin). De leurs ébats naît Mélanippos, bâtisseur d’une cité en l’honneur de sa mère. Triteia veille ainsi sur la ville de Tritée, aussi appelée Tritia par Pausanias, située dans la région d’Achaïe, dans les contrées du Péloponnèse.

Avant l’entrée de cette commune se dresse un somptueux tombeau de marbre blanc, œuvre du peintre athénien, Nicias. Des peintures y représentent une femme assise sur une chaise d’ivoire. D’un côté, une suivante lève un parasol alors que de l’autre un jeune homme apparaît vêtu de pourpre. Près de lui, un esclave tient des chiens de chasse et des javelots. Sur ce territoire, on trouve « le temple des grands dieux » dont les statues se composent de terre.

Bientôt, les habitants honorent leur bienfaitrice comme une déesse. Au même titre qu’Arès, elle devient leur divinité favorite. Chaque année, des sacrifices célèbrent les deux amants divins.

Récapitulatif des caractéristiques de la déesse Triteia

  • Fonctions : déesse de la cité de Tritée, haliade de l’isthme de Corinthe, prêtresse d’Athéna.
  • Parenté : Fille de Triton et de Tritonis, sœur de Pallas.
  • Descendance : mère de Mélanippos, avec Arès.
  • Autres noms : Tritée, Tritia.

Sources :

  • Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des Arts et des Métiers de Denis Diderot et Jean le Rond d’Alembert, 1772
  • Dictionnaire des Troyens de l’Iliade.
  • La fille d’Athènes de Pierre Brulé, 1987.

Crédit image :

  • Peinture de Diane Özdamar

https://dianeozdamar.myportfolio.com/

Camazotz : dieu maya chauve-souris de la mort

 

Sous l’apparence d’une chauve-souris vampire géante, le dieu Camazotz sème la terreur dans les légendes mayas. Il appartient au groupe des divinités de la mort et son antre se trouve dans le royaume des enfers. Prêt à y entrer ?

Camazotz-dieu-maya-chauve-souris
Camazotz dans le jeu Smite

Chauve-souris vampire

Le vampire, reconnaissable à ses oreilles triangulaires, niche en Amérique du Sud. Son régime hématophage amène à la création, dans le règne animal, de la famille des Vampiridés, devenue les Desmodontidés (en raison de ses longues dents !). Plus tard, il rejoindra d’autres chiroptères au sein des Phyllostomidés. Assoiffé de sang, il suce celui des oiseaux et des mammifères. Il repère sa victime rien qu’à sa respiration et la mord pendant son sommeil ! Sa morsure reste indolore. Bien qu’il peut s’attaquer aux hommes, il préfère le bétail.

Chauve-souris-vampire
Chauves-souris vampires par Matthew Starbuck

L’origine de ce mammifère volant demeure bien mystérieuse. Dracula, personnage créé par Bram Stoker, prête son nom à Desmodus draculae, une chauve-souris aujourd’hui éteinte. Trois espèces perdurent de nos jours : le vampire commun, le vampire à ailes blanches et le vampire à pattes velues.

Animal très sociable, contrairement à son homologue fantastique, ce mammifère vit en colonie dans des endroits sombres. Il n’est pas à l’origine du mythe du vampire, car sa découverte date de bien après l’émergence du vampirisme.

Découvrir un vampire en action

En savoir plus sur la chauve-souris vampire

Dieu maya

Dans la langue maya, zotz signifie  » chauve-souris « . Surnommé « la chauve-souris de la mort« , Camazotz prend la forme d’un dieu-vampire qui décapite ses victimes.  Il possède un couteau sacrificiel, mais ses dents acérées et ses griffes se montrent tout aussi dangereuses.

Par sa nature, il est également le dieu des cavernes et les mortels sont bien avisés d’éviter ces endroits obscurs. On lui remet, toutefois pour l’apaiser, des offrandes sanglantes. Son surnom,  » Nimak chicop  » signifie  » le plus grands des barbares ».

Maître de la maison des chauves-souris

Chez les Mayas, les enfers se divisent en plusieurs maisons. Zotziha demeure celle des chauves-souris nommées d’ailleurs les camazotz.

Le Popol Vuh, surnommé la « Bible maya », retrace la mythologie de ce peuple amérindien. Dans l’un de ses récits, deux frères jumeaux, Xbalanque et Hunahpu, héros des mythes mayas, descendent dans le monde souterrain afin de venger leur père des divinités de la mort. Ils pénètrent dans l’antre de Camazotz pour y passer la nuit.

Les chauves-souris guettent le moindre geste des intrus alors que ceux-ci se sont mis à l’abri dans des sarbacanes. Lorsque le jour se lève et qu’Hunahpu sort la tête, le dieu sanguinaire la lui tranche. Tout finira bien pour le héros, car une tortue lui offrira une nouvelle tête ! Victorieux, les frères s’élèvent dans les cieux pour devenir le Soleil et la Lune.

Récapitulatif des principales caractéristiques du dieu Camazotz

Camazotz-dieu-chauve-souris
Couteau sacrificiel et tête décapitée comme attributs du dieu Camazotz
  • Fonctions : une des étapes de la mort, maître de la demeure des chauve-souris (une des maisons infernales).
  • Étymologie : mort et chauve-souris.
  • Attributs : la chauve-souris vampire, le couteau sacrificiel, les têtes décapitées.
  • Autre nom : Nimak chicop

 


Sources :

  • Encyclopédie Larousse
  • Mythes aztèques et mayas de Karl Taube.
  • Popol Vuh, le livre sacré et les mythes de l’antiquité américaine d’A. Durand, 1861.

Les déesses de la mythologie grecque

Dans cet article, régulièrement mis à jour, retrouvez toutes les déesses de la mythologie grecque déjà apparues dans le Royaume Bleu. Des liens vous orientent vers les articles consacrés à chacune.

Auxo-déesse-grecque-printemps-croissance

 

Auxo

Déesse du printemps et de la croissance.

En savoir plus sur la déesse Auxo

 

 

Brizo-déesse-mythologie-grecque-déesses

 

Brizo

Déesse de la méridienne, des rêves prophétiques et des pêcheurs.

En savoir plus sur la déesse Brizo

 

Carpo-déesse-mythologie-grecque-déesses

 

Carpo

Déesse de l’automne et de la fructification.

En savoir plus sur la déesse Carpo

 

 

Chloris-déesse-mythologie-grecque-déesses

 

Chloris

Déesse des fleurs.

En savoir plus sur la déesse Chloris

 

 

Hécate-déesse-mythologie-grecque-déesses

Hécate

Déesse de la magie, des spectres, des démons infernaux, de la nouvelle lune, des carrefours, des expiations, de la santé et de la navigation.

En savoir plus sur la déesse Hécate

 

Némésis-déesse-mythologie-grecque-déesses

Némésis

Déesse de la justice distributive et de la vengeance divine.

En savoir plus sur la déesse Némésis

 

 

Triteia-déesse-mythologie

 

Triteia

Déesse de la cité de Tritée et protectrice de l’isthme de Corinthe

En savoir plus sur la déesse Triteia

 

 

Vous souhaitez en savoir plus sur une déesse qui ne figure pas dans cette liste ? Indiquez-le-nous !

N’oubliez pas de consulter le grimoire pour retrouver tous les personnages, lieux et objets apparus dans le Royaume Bleu.

 

Suivre le Royaume Bleu sur Facebook

Suivre le Royaume Bleu sur Twitter

Hécate : déesse grecque de la magie et des spectres

Déesse de la magie et des spectres, Hécate manifeste de grands pouvoirs. Issue de la race des Titans, elle s’élève rapidement au rang de divinité. Son enseignement permet l’émergence de magiciennes comme Circé et Médée. Quant à son influence, il s’étend dans le monde infernal et celui immatériel des fantômes. En tant que membre d’une trinité lunaire, elle représente la nouvelle lune. On la retrouve également dans les carrefours, entourée de chiens monstrueux. De plus, elle veille sur la santé et les navigateurs. Rien que ça !

Hécate-déesse-mythologie-grecque

Titanide respectée

Hécate appartient à la race des Titans, des êtres primitifs liés à une puissance élémentaire du cosmos. Elle est la fille de Persès, titan de la destruction, et d’Astéria, titanide de la nuit étoilée et des oracles nocturnes. Lors de la Gigantomachie, guerre entre les Dieux et les Géants, elle est la seule de son espèce à se rallier aux divinités. Durant cette bataille, elle écrase le gigantesque Clytius sous une masse de fer ardent.

Le culte de cette terrible divinité prend racine dans l’Égypte ancienne. C’est le musicien Orphée qui le propage dans la Grèce. Respectée par le roi des dieux, Hécate s’établit dans la contrée froide de la Thrace, au nord de la Grèce, et converse sa virginité.

Magicienne

Hécate enseigne les arts magiques à tous ceux qui veulent apprendre. Lorsqu’un mortel évoque un démon ou un monstre sur terre, c’est elle qui libère la créature infernale. La magie consiste à invoquer des puissances occultes pour modifier la nature ou le destin de l’humanité. Pour améliorer la condition humaine, la magie blanche (ou haute magie) convoque des forces célestes et bienfaisantes. Dans le but de nuire à autrui, la magie noire (ou basse magie) recourt, elle, à des esprits démoniaques et terrestres.

Dans les légendes grecques, les magiciennes font appel aux pouvoirs d’Hécate. Circé, l’une d’entre elles, utilise ses dons pour transformer la belle Scylla en monstre. En effet, elle nourrit un amour secret pour le dieu marin Glaucos, mais il lui préfère la nymphe. Notons que la mère de Scylla, Cratéis, présente une fonction très proche d’Hécate, car elle est la déesse des sorciers et des enchanteurs.

En savoir plus sur la mésaventure de la nymphe Scylla

Plus tard, Circé transforme les compagnons d’Ulysse en pourceaux. Grâce à une herbe magique, le moly, apporté par Hermès le messager des dieux, le héros boit à son tour le philtre de l’obscure prêtresse et lui montre l’inefficacité de ses charmes sur lui. Face à cet exploit, la magicienne est séduite.

Sa nièce Médée, princesse dont le père, le roi Aétès, veille sur la fameuse Toison d’or, suit aussi l’enseignement d’Hécate. Elle tombe sous le charme de Jason en quête de la fourrure du bélier ailé Chrysomallos. Grâce à la magie, elle rend invincible son héros et endort le dragon qui garde le précieux sésame. Après avoir récupéré la Toison, elle s’enfuit avec Jason.

Elle rajeunit Éson, le père de son amour, en le découpant en morceaux et en le faisant bouillir dans une marmite. Quand Jason la quitte pour Glaucé, princesse de Corinthe, Médée offre à sa rivale une couronne et une tunique qui l’enflamment. Mais le feu se propage dans tout le palais et ses propres enfants périssent. Face à ce drame, la sorcière s’envole sur un char attelé par deux dragons.

En savoir plus sur les magiciennes Circé et Médée

Hécate fait du chat son compagnon lorsque les Moires (les Parques en latin) et Ilithye, la déesse des naissances, métamorphosent Galinthias en cet animal. Cette dernière les a dupées pour permettre à son amie Alcmène de mettre au monde le demi-dieu Hercule. Par Pitié, la déesse-sorcière en fait son émissaire. Pour l’en remercier, Hercule rendra hommage à la déité en lui érigeant un temple.

Déesse infernale

En épousant Hadès, dieu des Enfers, Hécate accède au rang de reine du monde souterrain. Elle laissera sa place à Perséphone, déesse de la germination. D’ailleurs quand Hadès ravit cette dernière, Hécate se trouve, avec Hélios le Soleil, témoin de cet enlèvement. Munie d’un flambeau, elle éclaire le chemin de Déméter, mère de la disparue, et devient sa fidèle compagne.

Le flambeau enflammé demeure l’un de ses attributs et lui a valu le surnom de Lucifera. En tant que gardienne des Enfers, elle possède un fouet, un glaive et les clefs du royaume infernal. On la qualifie de lampadéphore (ou lampadophore), c’est-à-dire « qui porte un flambeau ». Son cortège infernal se compose de chiens noirs dévorants, des Lampades, nymphes chthoniennes à l’origine du mot « lampadaire » et des Érinyes (les Furies), déesses vengeresses. Son glaive, entouré de lumière, amplifie les aboiements de ses molosses. Elle apparaît coiffée de serpents. Elle frappe les criminels de son poignard et les lie avec des cordes. Elle détient une patère, petit plat rond peu profond, qui sert à présenter des libations aux dieux. En tant que divinité des enfers, on la surnomme Feralis et comme gardienne, Phylax.

Fantômes-Hécate
Hécate contrôle les fantômes

Hécate invoque des fantômes pour tourmenter les vivants. Parmi eux, l’empuse (du grec empusa, « espèce de monstre femelle ») ne possède qu’un pied d’airain et prend toutes sortes de formes hideuses. On la conjurait par des injures. Importuné par des esprits, Ulysse construit un édifice en l’honneur de la déesse magique, en Sicile. Les Hécatées sont des apparitions de spectres d’une grandeur prodigieuse. C’est aussi le nom des statues érigées à la magicienne divine devant les maisons athéniennes et dans les carrefours. Sur les bords de l’Achéruse, en Égypte, un magnifique temple lui est dédié et elle y porte le nom de Scotia, la ténébreuse, pour marquer son pouvoir sur les ombres.

 

Le nom d’Hécate correspond au nombre cent. L’explication serait qu’on lui offre cent victimes à la fois. D’ailleurs, dans l’Antiquité, une hécatombe désigne un sacrifice de cent bœufs. On pense encore que la divinité infernale retient 100 ans les âmes dont les corps sont privés de sépulture. L’expression « descendre chez Hécate » signifie « mourir ».

Trinité lunaire

Divinité tricéphale, Hécate possède trois têtes : celle d’un chien à gauche, d’un sanglier (ou d’un lion) au milieu et d’un cheval à droite. Parfois, elles sont humaines et couronnées de roses à cinq feuilles.

Hécate-Diane-Séléné-Lune-Tripe-Déesse-Tricéphale
Hécate, Artémis et Séléné constituent la déesse lunaire à trois formes

Son triple corps (triforme) incarne les trois phases lunaires : Artémis (Diane chez les Romains) pour le croissant de lune, Séléné pour la pleine lune et elle-même pour la nouvelle lune. On l’appelle la triple Hécate ou déesse à trois formes.

Les Athéniens l’honorent en tant que déesse lunaire bénéfique. En effet, elle apporte richesse, gloire, fertilité et favorise les accouchements. Ils lui dressent une statue épipyrgide, c’est-à-dire « plus grande qu’une tour ».

 

Déesse des carrefours

Hécate est vénérée aux carrefours et à l’intersection de trois rues où on la nomme Trivia ou Trioditis. Elle s’appelle Enhodia lorsqu’on place son buste sur des pierres carrées, avec l’indication des routes. Déesse des expiations, on lui élève des statues aux croisements et on lui immole de petits chiens noirs dont les cris repoussent les effrayants spectres.

Des offrandes lui parviennent dans un antre de la cité de Zérinthe, en Thrace. Les Hécatésies sont des fêtes en son honneur. Elles se célébraient tous les mois à Athènes où les habitants la voyaient comme la protectrice des enfants et de la famille. D’ailleurs, ils la surnomment Zea, celle qui préside la vie. À chaque nouvelle lune, les riches offrent un festin public dans les carrefours : le repas d’Hécate. C’est pendant ces fêtes que l’on peut espérer apercevoir un leucophyle, une plante qui empêche les femmes de tomber dans l’adultère. Les maris jaloux la jettent autour de leur lit.

Sur l’île de Samothrace, les habitants l’ont baptisée Canicida, car ils lui dédient un grand nombre de chiens. Ses adorateurs lui sacrifient toujours des animaux de couleur sombre comme les agneaux noirs.

Protectrice de la santé

Avec le serpent comme attribut, Hécate apporte la santé. Ses trois faces s’expliquent aussi par son pouvoir sur la naissance, la vitalité et la mort. Chacun de ces principes lui vaut un nom : Lucine veille sur les bébés, Diane sur la bonne santé et Hécate sur la mort.

Le chêne lui est consacré et sa couronne se compose des branches de cet arbre, entrelacées de serpents.  Le peuple noir constitue un autre de ses symboles.

Divinité maritime

En tant que déesse marine, Hécate assure de bonnes traversées et guide les navigateurs. À Athènes, le trigla est un lieu d’offrandes à la déesse. On y mettait un mulet, poisson de mer aussi appelé le muge. Les Grecs nomment aussi cet invertébré le trigle pour rappeler l’autel. Hécate prend alors le nom de Triglantine ou Triglina.

Récapitulatif des principales caractéristiques de la déesse Hécate

  • triple-Hécate-attributs
    Flambeau, cordes et poignard figurent parmi les attributs d’Hécate

    Fonctions : la magie, les spectres, les démons infernaux, la nouvelle lune, les carrefours, les expiations, la santé, la navigation.

  • Étymologie : cent.
  • Parenté : fille des titans Persès et Astéria.
  • Descendance : aucune, déesse vierge.
  • Attributs : torche enflammée, fouet, glaive lumineux, poignard, cordes, clefs des enfers, les nombres 3 et 100, patère, chêne, peuplier noir, chien noir, chat, serpent mulet (trigle).
  • Autres noms : Canicida, Diane, Enhodia, Feralis, Lucifera, Lucine, Phylax, Scotia, Triglantine, Triglina, Trivia, Zea et bien d’autres !
  • Fêtes : les Hécatésies.
  • Expression : descendre chez Hécate = mourir.

Sources :

  • Dictionnaire de l’Académie française.
  • Dictionnaire et Encyclopédie Larousse.
  • Dictionnaire des mythologies de Myriam Philibert, 1998.
  • Dictionnaire de la mythologie grecque et latine de Gilles Lambert, 2000.
  • Dictionnaire du diable, des démons et des sorciers de Pierre Ripert, 2012.
  • Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers de Denis Diderot et Jean le Rond d’Alembert, 1772.
  • Nouveau dictionnaire universel de Maurice Lachatre, 1865.
  • Cours de mythologie d’Alexandre Lefranc, 1829.
  • Dictionnaire classique de l’Antiquité sacrée et profane de Marie Bouillet, 1841.
  • Dictionnaire de la fable ou Mythologie grecque, latine, égyptienne de François Noël, 1803.
  • Dictionnaire mythologique universel d’E. Jacobi, 1863.

 

Brizo : déesse grecque de la méridienne, des rêves prophétiques et des pêcheurs

La déesse grecque Brizo veille sur le sommeil et y dispense des rêves prophétiques. Avec elle, se développe la brizomancie, l’art d’interpréter les songes. Sur l’île de Délos, elle se spécialise dans les prédictions destinées à une bonne navigation.

Brizo-déesse-grecque-sommeil-Délos

Divinité songeuse

Brizo tire son nom du grec brizein qui signifie « dormir ». Dans la mythologie grecque, le dieu Hypnos (Sommus, en latin) personnifie le sommeil. Il habite un royaume caché avec sa femme Pasithée, allégorie du repos, et ses mille enfants, les Songes ou Oneirois menés par Morphée.

Protectrice de Délos, Brizo règne plutôt sur la méridienne, sieste du milieu de la journée. Grâce à elle, les nourrissons s’endorment après avoir bu le lait maternel. Dans tous les cas, elle se montre discrète et sa généalogie reste peu connue. Elle est probablement fille des Titans Coéos, l’axe du ciel où tourne les constellations, et Phoebé, la lumière prophétique, et donc sœur d’Astéria et de Léto.

Personnification de la nuit étoilée, Astéria apporte les oracles nocturnes qui s’étudient au travers de l’astrologie et de la nécromancie. Cette dernière pratique consiste à prédire l’avenir par l’invocation des morts. Lorsque Zeus jette son dévolu sur elle, elle se métamorphose en caille. Le roi divin la transforme en rocher alors qu’elle survole la mer Égée. Plus tard, elle émergera des flots pour devenir l’île de Délos où sa sœur Léto accouchera d’Apollon et d’Artémis.

Brizomancie et Oniromancie

nécromancie-brizomancie-oniromancie
Prédire l’avenir grâce à la nécromancie, la brizomancie ou l’oniromancie

La mystérieuse Brizo possède, elle aussi, le don de prophétie. Elle le partage dans l’esprit des êtres endormis. Selon les Anciens, les dieux interviennent dans le repos des humains pour y transmettre des messages. L’interprétation des rêves devient un art divinatoire : la brizomancie (ou brizomance, plus rarement), remplacé par le terme d’oniromancie, du grec oneiros, « songes ». Le brizomancien ou la brizomancienne en est l’interprête. Par ailleurs, la déesse se fera connaître sous le nom de Brizomantis.

Les mortels cherchent ainsi à décrypter les signes oniriques pour prédire l’avenir. Tout un vocabulaire se développe. Un oniromancien ou une oniromancienne pratique cette divination. L’onirologie étudie les rêveries et celui qui l’exerce se nomme un onirologue. L’onirodynie s’emploie en médecine pour un cauchemar douloureux. La clé des songes est un ouvrage qui révèle le sens caché des rêves. Le plus connu demeure l’Onirocriticon d’Artémidore d’Éphèse, écrivain grec.

Protectrice des pêcheurs

Adorée à Délos, qui appartient au groupe des Cyclades, Brizo y protège les pêcheurs. Pour favoriser les voyages maritimes, les Déliennes, habitantes de ce bout de terre, l’honorent avec des offrandes déposées dans des vases en forme de nacelles remplies de nourriture. Seul le poisson n’y figure pas, car c’est l’un de ses attributs. Les Déliens lui consacrent un oracle afin d’obtenir des informations sur la navigation et la pêche.

 

Récapitulons les principales caractéristiques de la déesse Brizo

île-Délos-Brizo
Île de Délos
  • Fonction : déesse de la méridienne, des rêves prophétiques et des pêcheurs.
  • Étymologie : brizen, « dormir ».
  • Parenté : fille de Coéos et de Phoebé. Sœur d’Astéria et de Léto.
  • Attributs : poissons, vases en forme de nacelles.
  • Capacités : don de prophétie.
  • Autres noms : Brizomantis.
  • Culte : Oracle sur l’île de Délos.
  • Aujourd’hui : la brizomancie, devenue l’oniromancie, est l’art d’interpréter les rêves.

Sources :

  • Mythologie pittoresque de Joseph Odelant-Desnos, 1838.
  • L’Antiquité expliquée et représentée en figures de Bernard de Montfaucon, 1719.
  • Arabesques mythologiques ou les Attributs de toutes les divinités de la fable de Caroline du Crest Genlis, 1810.
  • Dictionnaire de Trévoux, 1771.
  • Religions de l’antiquité considérées principalement dans leurs formes symboliques et mythologiques, 1839.
  • Dictionnaire des dictionnaires ou Vocabulaire universel et complet de la langue française de Hauman, 1839.