Taouret : déesse-hippopotame égyptienne de la maternité et des naissances

Appelée Thouéris en Grèce, la déesse égyptienne Taouret se caractérise par sa tête d’hippopotame. Effrayante en apparence, elle repousse uniquement les mauvais esprits. Elle veille sur le foyer familial et, tout particulièrement, sur les nouveau-nés et les mères. Associée à l’élément de l’eau, on la retrouve au ciel et dans le monde des morts, car elle demeure une divinité primordiale du panthéon égyptien.

La déesse égyptienne Thouéris

Déesse-hippopotame

Sur les rives du Nil, les Égyptiens se confrontent à de terribles animaux tels que les crocodiles et les hippopotames. La déesse Taouret revêt ainsi l’apparence de celui que les Anciens surnomment « le cheval du fleuve », pour repousser les mauvais esprits. À la fois craint et vénéré, le mammifère amphibie fascine et incarne cette dualité au sein de la divinité.

De son nom latin Hippopotamus amphibus, ce géant d’Afrique possède un corps massif, une tête énorme et une dentition impressionnante. Il joue un rôle essentiel dans l’équilibre des eaux intérieures. En se frayant un passage à travers les marécages, il crée de petits cours d’eau qui permettent l’irrigation des terres voisines.  De plus, il favorise le développement du plancton grâce aux tonnes d’excréments qu’il libère dans le fleuve. Aujourd’hui, seules deux espèces représentent la famille des Hippopotamidés : l’hippopotame commun et l’hippopotame nain (Hexaprotodon liberiensis).

Protectrice de la naissance et de la maternité

Il suffit d’observer le ventre arrondi de Taouret pour comprendre son rôle dans la naissance et le bon déroulement des accouchements. Elle protège les bébés et leur foyer, avec l’aide de Bès, un nain barbu et hideux. En effet, tout comme la déesse hybride, son apparence repoussante s’explique dans sa fonction à écarter les esprits maléfiques.

Les foyers où un heureux événement est attendu célèbrent la divinité hippopotame. Chaque habitat égyptien devient son temple. Pour s’assurer son aide, les femmes portent une amulette à son effigie.

Si l’enfant naît handicapé, la famille l’estime touché par la déesse. De ce fait, le nouveau-né reçoit le privilège de la divinité et le respect des autres. Loin d’être rejeté par la société, il sera perçu comme une chance pour le peuple de l’Égypte antique.

Un petit hippopotame et sa maman
Un bébé hippopotame et sa mère.

En ce qui concerne l’hippopotame, les petits naissent à la saison des pluies quand l’herbe abonde. Après une gestation d’environ 230 jours, la femelle met bas un seul bébé qu’elle allaitera sur une période d’un an.

Le nœud « sa », sur lequel Taouret s’appuie, symbolise la protection. Avec sa poitrine lourde de lait nourricier et son ventre proéminent, la déesse incarne la fécondité aquatique. À l’aide de son couteau en obsidienne qui lui sert à éloigner le mauvais œil, elle tranche le cordon ombilical des nouveau-nés. Une coiffe rouge et vert recouvre sa tête.

Compagne de Seth

La déesse Thouéris, mélange d'hippopotame, de crocodile et de lion
Taouret est un hybride entre l’hippopotame, le crocodile et le lion.

Divinité bienfaisante, Taouret n’en demeure pas moins une déesse vengeresse quand les forces du mal s’approchent. Outre sa gueule monstrueuse d’hippopotame, elle possède des pattes de lion et une queue de crocodile.

Bien que les puissances positives s’incarnent en Taouret, les hippopotames, notamment les mâles blancs, représentent les forces maléfiques. D’ailleurs, ces mammifères nilotiques vivent en groupe d’une quinzaine de membres, dirigés par un vieux mâle agressif. Pour menacer son ennemi, l’animal ouvre sa gueule immense et pousse un fort mugissement. Seth, le dieu du mal, prend souvent l’apparence d’une bête inconnue aux oreilles dressées et parfois celui d’un hippopotame destructeur. Taouret siège alors aux côtés de ce dieu violent. Les pharaons redoutent l’animal maudit et pour cause…

L'hippopotame possède une gueule immense
L’incroyable gueule de l’hippopotame alimente la peur du peuple égyptien.

Ménès, premier pharaon d’Égypte et bâtisseur de la ville de Memphis, se fait dévorer par une de ces créatures fluviales. Depuis, le gros mammifère incarne le maléfice, capable, même, d’anéantir le puissant souverain égyptien.

C’est sous la forme du colossal animal que Seth noie son frère Osiris dans les eaux du Nil ou qu’il affronte Horus, le fils de ce dernier. Toutefois, la cité de Papremis vouait un culte à cette créature tant redoutée, sans doute par peur de la voir dévaster les champs.

Divinité primordiale

La généalogie de Taouret demeure trouble. Dans les mythes égyptiens, le monde émerge de l’eau. Ainsi, la déesse apparaît dans l’océan primordial et veille sur les origines de la vie. Tous les ans, elle renouvelle les forces vitales de l’Égypte, ce qui se manifeste dans la crue du Nil.

D’ailleurs, la seule fête connue consacrée à Taouret se célèbre lors de l’inondation, au Gebel-Silsileh, une carrière de grès qui borde le Nil. Les Égyptiens jettent diverses offrandes dans le fleuve, afin d’en recevoir une quantité démultipliée le jour des moissons.

Le nom de Taouret signifie « la grande »  et elle se trouve présente dans l’autre monde où elle assure la naissance d’une deuxième vie, celle après la mort.

Constellation protectrice

Présente dans le milieu aquatique, Taouret s’installe aussi dans le ciel sous la forme d’une constellation appelée Réret. Elle y tient la cuisse de Seth (qui correspond à la Grande Ourse) qu’Horus arracha au dieu maléfique.

Avec d’autres déesses-hippopotames comme Ipet, elle forme un groupe bienveillant et céleste qui protège les douze mois du calendrier. Elles veillent également sur les cinq dernières journées rajoutées en fin d’année : les jours épagomènes réputés néfastes.

Un hippopotame qui nage dans le fleuve


Sources :

  • Encyclopédie Atlas de la Mythologie d’Éric Mathivet.
  • Le grand livre des animaux de Philip Whitfield et Richard Walker, 1999.
  • Les dieux de l’Égypte de Raphaël Martin, Jean-Christophe Piot et Djilian Deroche, 2017.

Images :

  • Taouret par NoumenonDoesArt, une image que vous pouvez acquérir en cliquant sur ce lien.
  • Photos libres de droit sur Pixabay.
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Carpos : dieu grec des fruits

Dans la mythologie grecque, le dieu Carpos veille au développement des fruits. Rien de plus normal pour ce fils du Vent occidental, Zéphyr, et de la nymphe des fleurs, Chloris… Grâce à lui, des fruits de toutes sortes poussent sur la terre. Lorsqu’il rencontre le beau Calamos, sa vie connaît un destin tragique.

Carpos, dieu grec des fruits.

Carpos, fruit de l’action du vent sur les fleurs

Dans les mythes antiques, Carpos naît de l’union de Zéphyr, le Vent de l’Ouest et de Chloris, déesse des fleurs. Cette dernière demeure à l’origine la nymphe des îles Fortunées. Quand le doux Zéphyr l’aperçoit, il l’enlève puis la demande en mariage. Il lui offre un magnifique jardin et lui donne le pouvoir sur la flore.

Découvrir l’histoire de la déesse florale Chloris

Cette histoire d’amour légendaire personnifie le cycle de la fleur. D’abord, le vent transporte et disperse les grains de pollen, organes mâles des végétaux. C’est la pollinisation. Ils atterrissent sur le stigmate d’un pistil, organe femelle des plantes à fleurs. La fécondation se déroule lorsqu’un pollen pénètre dans un ovule, gamète femelle produit par l’ovaire. Une graine résulte de l’insémination pendant que l’ovaire se transforme pour constituer la chair du fruit.

Découvrir l’histoire du dieu du vent occidental Zéphyr

Dieu aux pouvoirs fruités

cynorhodons
Les cynorhodons, fruits du rosier.

Le jeune Carpos à l’apparence d’adolescent règne sur l’ensemble des fruits. Comestibles ou non, ces produits végétaux deviennent aussi nombreux que la variété de fleurs dont ils sont issus. Par exemple, le fruit du coquelicot prend la forme d’une capsule munie de pores qui contiennent des graines noires.

La rose sauvage offre des cynorhodons consommables et riches en vitamine C. Plus poétique, dans un conte chinois, le fruit de la rose bleue est le véritable amour.

Découvrir la légende de la rose bleue

Celui du tournesol est un capitule d’akènes, des fruits secs. Au-delà des classiques fraises, framboises, oranges, pêches, citrons, bananes, kiwis, pommes, poires, myrtilles et autres, une foule de fruits naissent des fleurs. L’un d’eux porte une référence directe à Carpos, le carpo-balsamum issu du baumier, un arbre produisant du baume. D’ailleurs, le nom de la jeune divinité signifie « fruit ». Les Athéniens nomment pancarpe le sacrifice où ils offrent toutes sortes de fruits.

Découvrir l’histoire de Clytie, la nymphe transformée en tournesol

Toute comme la déesse de l’automne, Carpo, qui tire son nom de la même étymologie, le dieu des baies, des grappes et des agrumes, prête son nom à la carpologie, l’étude des graines et des fruits.

Découvrir l’histoire de Carpo, la déesse automnale

Amoureux tragique

Un jour, Carpos tombe amoureux du beau Calamos, le fils du dieu-fleuve Méandre situé en Carie, une contrée de l’Asie Mineure. Alors que les deux amants se baignent dans le cours d’eau, ils se défient à la nage. D’une rapidité extrême, Calamos ralentit à chaque fois pour laisser gagner son camarade de jeux. Mais le dieu des fruits, qui a hérité de la mortalité de sa mère, se noie.

Les roseaux au bord de l'eau.
Les roseaux poussent sur les rives.

Sentant le vent, Calamos pense que l’un des courants d’air se trouve responsable de la mort de son compagnon. Il interroge la naïade du fleuve pour connaître l’identité du coupable et ainsi se venger. Face au silence, il se coupe une mèche de ses cheveux brillants et la jette dans les eaux. Puis, il remonte sur la rive pour pleurer son bien-aimé. Ses larmes coulent tellement qu’il finit par se dessécher et se métamorphose en roseau. Depuis, le calame désigne cette plante qui s’épanouit au bord de l’eau et dont les anciens se servaient pour écrire.

Conscient du rôle important de Carpos dans la nature, Zeus, le roi des immortels, le transforme en fruits de toute espèce. Dans les Dionysiaques, le poète grec Nonnos de Panoplis raconte l’épopée de Dionysos, divinité du vin, et y narre les amours de Calamos et Carpos.


Sources :

  • Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des Arts et des Métiers de Denis Diderot et Jean le Rond d’Alembert, 1772.
  • Histoires amoureuses des dieux et déesses de la mythologie de René Ponthus, 2012.
  • Dictionnaire de la fable de François Noël, 1803.
  • Abrégé de la mythologie universelle de François Noël, 1805.
  • Les Dionysiaques de Nonnos de Panoplis.

Images :

  • Garçon avec un panier de fruits par Caravage, vers 1593.

 

Bastet : déesse-chatte égyptienne

Dans la mythologie égyptienne, la déesse Bastet se caractérise par sa tête de chat, un animal vénéré dans l’ancienne Égypte. Elle représente les bienfaits du Soleil, en tant que fille du puissant dieu solaire Râ. Mais garde à son courroux qui laisse émerger une autre personnalité, celle de la sanguinaire Sekhmet au visage de lion !

Bastet, déesse au visage de chat

Fille solaire du divin Râ

Dans les mythes de l’Égypte pharaonique, le dieu (ou Rê) représente le Soleil. Créateur de l’univers, il possède un étrange œil magique qu’il envoie aux quatre coins du monde pour déjouer les éventuels complots destinés à le renverser.

Le pouvoir de ce merveilleux globe oculaire ne s’arrête pas là. Il prend la forme d’une des filles du maître suprême qui symbolisent chacune un aspect de l’astre du jour. Ainsi, la déesse égyptienne Bastet incarne la puissance des rayons lumineux, en compagnie de ses sœurs Hathor, Sekhmet et Maât, respectivement divinités de l’amour, du feu et de la vérité.

Elle diffuse la lumière sur la Terre et participe au renouvellement de la vie. Si la divine Bastet personnifie les bienfaits du Soleil, elle peut, cependant, se montrer destructrice…

Divinité féline des terres chaudes d’Égypte

À l’origine, l’antique déesse Bastet revêt une tête de lionne. Elle porte une croix ansée, nommée la croix Ankh, symbole de la vie, et un sceptre. Progressivement, la gueule effrayante du roi des animaux prend les doux traits d’un chat.

La délicate immortelle, sous la forme d’une chatte, se pare de bijoux. Puis elle redevient femme et conserve le faciès de l’animal. Elle joue le sistre, un instrument de musique à percussion, ou déploie l’égide, bouclier de la sage déesse grecque Athéna et emblème de la puissance suprême. Mais sur ce dernier ne figure pas l’effigie du monstre Méduse, mais celle d’une lionne.

Car, de temps à autre, la femme hybride ressent des ardeurs léonines et libère le fauve en elle. C’est là que les ennuis commencent…

Double bienfaisant de la redoutable Sekhmet

La déesse Sekhmet
La dangereuse Sekhmet laisse libre cours à ses pulsions animales.

Pacifiste, Bastet se métamorphose en sa sœur Sekhmet, sous l’effet d’une intense colère. Personnification de la fureur, cette double personnalité emprunte les traits et l’instinct des lions et symbolise les ravages du Soleil.

Quand la terrible Sekhmet prend le dessus, la sauvagerie s’abat sur les hommes. Même le puissant Râ ne peut la raisonner. Dans la légende égyptienne dite de la Lointaine, le dieu âgé apprend que les humains complotent contre lui. Il consulte l’Ennéade, un groupe de neuf divinités primordiales, qui lui conseille d’envoyer son œil prodigieux, sous la forme d’Hathor afin qu’elle dévoile les coupables.

La déesse de l’amour et de la joie devient ainsi l’œil du Soleil, mais se querelle avec son père avant son départ. Contrariée, elle s’exile dans le désert de Nubie. Le maître céleste mandate le dieu guerrier Onouris, pour la ramener.

Le combattant la retrouve sous la forme de la chatte Bastet. Pour l’apaiser, il lui narre de fabuleuses histoires sur le royaume des pyramides. L’exilée comprend sa fourberie et se change en Sekhmet, la cruelle carnivore. Ivre de rage, elle extermine un à un les êtres humains conspirateurs.

Pour calmer le fauve, Onouris lui promet des offrandes dans tous les temples égyptiens et lui remet du vin, boisson concoctée par Rê, qu’elle pense être du sang. Elle reprend, sous l’effet de l’alcool, sa version de chat.

Déesse festive de la musique, la joie et la danse

À la frontière égyptienne (la Nubie demeurait un territoire indépendant lors de l’Antiquité), une foule joyeuse accueille Bastet, selon la promesse du brave Onouris. Les deux compagnons de voyage décident de se reposer à Thèbes. Pendant la nuit, un serpent du chaos tente d’étouffer la chatte, mais le guerrier la réveille et parvient à éviter l’attaque.

De retour à Héliopolis, la ville du Soleil, l’œil reprend la forme d’Hathor et retourne auprès de son propriétaire. La fureur de Sekhmet a vaincu les ennemis de Râ, mais elle reste incontrôlable. Pour maîtriser ses accès de colère, le dieu lui institue des fêtes, lors des inondations du Nil, où l’on prendra soin de lui servir l’alcool rouge.

C’est à Bubastis (« la maison de Bastet »), dans le temple de la déesse, que se célèbrent ces cérémonies musicales qui se terminent en orgie. Tout comme Hathor, Bastet dispense les joies, les musiques et les danses.

Protectrice des chats et du foyer

Bastet est souvent représentée avec un panier dans lequel reposent ses petits. Les chatons symbolisent l’amour maternel de la déesse. De même, elle protège les nouveau-nés. Pour s’assurer sa protection, une entaille s’effectue dans le creux du bras du nourrisson où l’on verse quelques gouttes du sang du compagnon à moustaches.

Dans les sanctuaires, les statues de chats remplacent celles des lions, autrefois consacrés à Sekhmet. Bastet repousse également les maladies contagieuses et préserve les hommes des mauvais esprits.

Femme aux pupilles changeantes

Bastet surveille les mauvais esprits
Bastet veille sur la barque de Râ.

Le rapport entre la déesse Bastet et le Soleil transparaît dans les yeux du chat. En fonction de l’intensité de la lumière, ses pupilles changent de formes. Elles se réduisent à une simple fente verticale en pleine clarté.

La nuit, le chasseur à quatre pattes utilise une membrane réflectrice derrière sa rétine, pour voir dans l’obscurité. Ses yeux luisent dans le noir. Bastet, elle, chasse les ténèbres qui, sous la forme du dieu-serpent Apophis, tentent de renverser la barque de Râ, chaque soir après l’accomplissement de son parcours diurne sur le monde.

Adoratrice des chats

Maîtresse des chats, Bastet participe à les rendre sacrés auprès du peuple du Nil. Pour lui remettre des offrandes, les adorateurs nourrissent ces animaux familiers des meilleurs aliments. Ils les gardent dans leur habitat pour leurs qualités de chasseurs de rats et ainsi leur rôle dans la préservation des récoltes et l’éloignement de la peste.

À la mort d’un chat domestique, les hôtes de la maison se rasent les sourcils pour signifier leur peine. Comme le pharaon, la bête est embaumée. Sa momie, enterrée dans une nécropole, comporte des couleurs qui représentent son pelage et ses yeux.

En outre, on attribue au petit félin la capacité d’éteindre le feu. La légende raconte qu’il bondit dans les flammes, ce qui estompe subitement l’incendie.

Au travers de sa nouvelle Les Chats d’Ulthar, H.P. Lovecraft redonne à cet animal tout le pouvoir qui lui était accordé dans l’Antiquité.

Découvrir l’histoire des chats d’Ulthar

Caractéristiques et attributs de la déesse égyptienne Bastet

La déesse Bastet de l'Egypte ancienne

  • Fonctions : déesse des chats, des bienfaits du soleil, de la joie, de la musique, de la danse, de l’amour maternel et du foyer ; une des incarnations de l’œil de Râ.
  • Parenté : Fille de Râ, sœur de Sekhmet, Hathor et Maât.
  • Attributs : chat, croix Ankh, sceptre, bijoux, sistre, égide.
  • Pouvoirs : se transformer en Sekhmet, repousser les maladies contagieuses et les esprits malveillants.
  • Territoire : Égypte.

Sources :

  • Dictionnaire des Mythologies de Myriam Philibert, 1998.
  • Encyclopédie Atlas de la mythologie des Éditions Atlas, 2003.
  • Mythologies du monde entier de Roy Willis, 1993.
  • Sphinx, les gardiens de l’Égypte, exposition de 2006.

Auxo : déesse grecque de l’été et de la croissance

Dans la mythologie grecque, la divine Auxo règne sur lété. Elle appartient au groupe des Heures célestes, quatre déesses qui régissent les saisons. Sa capacité à accroître les éléments naturels la distingue en tant que divinité de la croissance. Subjugués par sa beauté, les Athéniens l’honorent comme l’une des Grâces.

Auxo-déesse-grecque-printemps-croissance

Heure estivale

Dans les mythes grecs, plusieurs groupes de déesses apparaissent sous le terme des Heures. Les Heures terrestres, filles de Zeus, le roi des dieux, organisent la vie humaine. Héritières d’Hélios, le Soleil, et de Séléné, la Lune, les Heures solaires divisent la journée en douze temps. Plus anciennes, les Heures célestes descendent d’Ouranos, le Ciel, et de Gaia, la Terre.

Ces quatre divinités des cieux établissent le cycle des saisons. Auxo, la deuxième, instaure l’été. Ses sœurs, Thallo, Carpo et Hora, veillent respectivement sur le printemps, l’automne et l’hiver. De plus, elles gardent le palais du maître de l’Olympe et la porte céleste. Cette dernière prend la forme d’un épais nuage qui entoure le mont Olympe.

En savoir plus sur Carpo, déesse de l’automne

Déesse de la croissance

Comme la nature qui se déploie sous un puissant soleil, Auxo symbolise l’expansion. Grâce à elle, les champs se développent et les plantes poussent. Son influence s’étend chez les hommes où elle assure la croissance des enfants. Son nom se retrouve dans l’auxologie, l’étude de la croissance des êtres vivants.

Grâce athénienne

Charmante comme ses sœurs, Auxo trouve une place parmi les Charites (les Grâces, en latin), déesses de la beauté et des bienfaits, dans la cité d’Athènes. Au même titre, la déesse Hégémoné apparaît à ses côtés. Toutes les deux veillent sur la croissance.

Protectrices des adolescents, elles sont qualifiées de courotrophes. Les éphèbes les invoquent dans le serment de la stèle d’Acharnes, en tant que figures de la fertilité, avec Thallo, Heure du printemps. D’ailleurs, selon certaines légendes, Auxo est parfois considèrée comme la reine du printemps et elle complète l’action de sa sœur Thallo.

Récapitulatif des caractéristiques de la déesse grecque Auxo

Auxo-déesse-grecque-croissance-printemps

  • Fonctions : heure de l’été, gardienne de la porte céleste du mont Olympe, déesse de la croissance, charite chez les Athéniens.
  • Parenté : Fille d’Ouranos (le ciel) et de Gaia (la terre). Sœur de Thallo (le printemps), Carpo (l’automne) et Hora (l’hiver).
  • Groupe : Les Heures célestes.
  • Mot associé : l’auxologie est l’étude de la croissance des êtres vivants.

Découvrir d’autres déesses de la mythologie grecque


Sources :

  • Dictionnaire Larousse en ligne
  • Dictionnaire portatif de mythologie pour l’intelligence des poètes d’André de Claustre, 1765.
  • Conférence de M. Steven H. Lonsdale dans Annuaires de l’École pratique des hautes écoles, 1992.
  • Guerre et religion en Grèce à l’époque classique : recherches sur les rites, les dieux, l’idéologie et la victoire, 1979.

Triteia : déesse grecque de la cité de Tritée et fille de Triton

Dans la mythologie grecque, Triteia demeure la fille du dieu-poisson Triton. En tant que nymphe marine, elle protège l’isthme de Corinthe, mais révèle des talents de guerrière. Pas étonnant qu’Athéna, déesse des combats stratégiques, et Arès, sanglant guerroyeur, interviennent dans son histoire. Ses amours avec ce dernier méneront à la construction d’une cité en son honneur.

Triteia-déesse-mythologie
Peinture de Diane Özdamar ©

Fille du dieu marin Triton

Triteia tient sa nature marine de son père Triton. Mi-homme, mi-poisson, il descend lui-même de Poséidon, le roi des mers, et d’Amphitrite, une néréide, c’est-à-dire une nymphe de la mer. Cet être amphibie élit domicile au fond d’un lac en Libye, une contrée africaine. C’est là qu’il rencontre la gardienne Tritonis et en tombe amoureux. De leur union naissent deux redoutables déesses guerrières : Pallas et Triteia.

La farouche Triteia appartient au groupe des Haliades, nymphes descendantes des premières divinités maritimes et qui veillent sur les plages et les côtes rocheuses. Elle préserve elle-même l’isthme de Corinthe, une bande de terre qui relie le Péloponnèse (une région grecque) à la Grèce continentale.

Son instinct de guerrière s’explique également par ses origines. Poséidon, son grand-père, exprime sa fureur par des tempêtes. Sous ses airs bienveillants, Triton aime déclencher des conflits. Quant à Tritonis, elle représente la nature sauvage.

En savoir plus sur Triton, dieu du mugissement de la mer

Prêtresse d’Athéna

La déesse de la guerre stratégique et de la sagesse, Athéna (Minerve dans les mythes romains), connaît une étrange naissance. Après avoir avalé sa femme Métis, son père Zeus, le roi des dieux, ressent de douloureux maux de tête. Sur les bords du lac Tritonis, il ordonne à son fils Héphaïstos, le forgeron, de lui fendre le crâne avec sa hache ! La divinité des batailles en sort aussitôt, armée de haut en bas.

Triton et son épouse prennent en charge l’éducation de la sublime combattante qui se lie, très vite, avec Pallas. Mais lors d’un entraînement, Athéna tue accidentellement sa sœur adoptive. Elle lui rend hommage en construisant une statue magique à son effigie, le Palladium.

Après le départ d’Athéna, Triteia se met à son service en tant que prêtresse. Dans la ville qui sera dédiée à la nymphe, un temple sera consacré à Athéna avec une représentation en marbre. Une parthénos, une vierge à l’image de la déesse, veille sur ce sanctuaire.

Protectrice de la cité de Tritée

Triteia entame une liaison sauvage avec le redoutable dieu de la guerre Arès (Mars, en latin). De leurs ébats naît Mélanippos, bâtisseur d’une cité en l’honneur de sa mère. Triteia veille ainsi sur la ville de Tritée, aussi appelée Tritia par Pausanias, située dans la région d’Achaïe, dans les contrées du Péloponnèse.

Avant l’entrée de cette commune se dresse un somptueux tombeau de marbre blanc, œuvre du peintre athénien, Nicias. Des peintures y représentent une femme assise sur une chaise d’ivoire. D’un côté, une suivante lève un parasol alors que de l’autre un jeune homme apparaît vêtu de pourpre. Près de lui, un esclave tient des chiens de chasse et des javelots. Sur ce territoire, on trouve « le temple des grands dieux » dont les statues se composent de terre.

Bientôt, les habitants honorent leur bienfaitrice comme une déesse. Au même titre qu’Arès, elle devient leur divinité favorite. Chaque année, des sacrifices célèbrent les deux amants divins.

Récapitulatif des caractéristiques de la déesse Triteia

  • Fonctions : déesse de la cité de Tritée, haliade de l’isthme de Corinthe, prêtresse d’Athéna.
  • Parenté : Fille de Triton et de Tritonis, sœur de Pallas.
  • Descendance : mère de Mélanippos, avec Arès.
  • Autres noms : Tritée, Tritia.

Sources :

  • Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des Arts et des Métiers de Denis Diderot et Jean le Rond d’Alembert, 1772
  • Dictionnaire des Troyens de l’Iliade.
  • La fille d’Athènes de Pierre Brulé, 1987.

Crédit image :

  • Peinture de Diane Özdamar

https://dianeozdamar.myportfolio.com/

Camazotz : dieu maya chauve-souris de la mort

 

Sous l’apparence d’une chauve-souris vampire géante, le dieu Camazotz sème la terreur dans les légendes mayas. Il appartient au groupe des divinités de la mort et son antre se trouve dans le royaume des enfers. Prêt à y entrer ?

Camazotz-dieu-maya-chauve-souris
Camazotz dans le jeu Smite

Chauve-souris vampire

Le vampire, reconnaissable à ses oreilles triangulaires, niche en Amérique du Sud. Son régime hématophage amène à la création, dans le règne animal, de la famille des Vampiridés, devenue les Desmodontidés (en raison de ses longues dents !). Plus tard, il rejoindra d’autres chiroptères au sein des Phyllostomidés. Assoiffé de sang, il suce celui des oiseaux et des mammifères. Il repère sa victime rien qu’à sa respiration et la mord pendant son sommeil ! Sa morsure reste indolore. Bien qu’il peut s’attaquer aux hommes, il préfère le bétail.

Chauve-souris-vampire
Chauves-souris vampires par Matthew Starbuck

L’origine de ce mammifère volant demeure bien mystérieuse. Dracula, personnage créé par Bram Stoker, prête son nom à Desmodus draculae, une chauve-souris aujourd’hui éteinte. Trois espèces perdurent de nos jours : le vampire commun, le vampire à ailes blanches et le vampire à pattes velues.

Animal très sociable, contrairement à son homologue fantastique, ce mammifère vit en colonie dans des endroits sombres. Il n’est pas à l’origine du mythe du vampire, car sa découverte date de bien après l’émergence du vampirisme.

Découvrir un vampire en action

En savoir plus sur la chauve-souris vampire

Dieu maya

Dans la langue maya, zotz signifie  » chauve-souris « . Surnommé « la chauve-souris de la mort« , Camazotz prend la forme d’un dieu-vampire qui décapite ses victimes.  Il possède un couteau sacrificiel, mais ses dents acérées et ses griffes se montrent tout aussi dangereuses.

Par sa nature, il est également le dieu des cavernes et les mortels sont bien avisés d’éviter ces endroits obscurs. On lui remet, toutefois pour l’apaiser, des offrandes sanglantes. Son surnom,  » Nimak chicop  » signifie  » le plus grands des barbares ».

Maître de la maison des chauves-souris

Chez les Mayas, les enfers se divisent en plusieurs maisons. Zotziha demeure celle des chauves-souris nommées d’ailleurs les camazotz.

Le Popol Vuh, surnommé la « Bible maya », retrace la mythologie de ce peuple amérindien. Dans l’un de ses récits, deux frères jumeaux, Xbalanque et Hunahpu, héros des mythes mayas, descendent dans le monde souterrain afin de venger leur père des divinités de la mort. Ils pénètrent dans l’antre de Camazotz pour y passer la nuit.

Les chauves-souris guettent le moindre geste des intrus alors que ceux-ci se sont mis à l’abri dans des sarbacanes. Lorsque le jour se lève et qu’Hunahpu sort la tête, le dieu sanguinaire la lui tranche. Tout finira bien pour le héros, car une tortue lui offrira une nouvelle tête ! Victorieux, les frères s’élèvent dans les cieux pour devenir le Soleil et la Lune.

Récapitulatif des principales caractéristiques du dieu Camazotz

Camazotz-dieu-chauve-souris
Couteau sacrificiel et tête décapitée comme attributs du dieu Camazotz
  • Fonctions : une des étapes de la mort, maître de la demeure des chauve-souris (une des maisons infernales).
  • Étymologie : mort et chauve-souris.
  • Attributs : la chauve-souris vampire, le couteau sacrificiel, les têtes décapitées.
  • Autre nom : Nimak chicop

 


Sources :

  • Encyclopédie Larousse
  • Mythes aztèques et mayas de Karl Taube.
  • Popol Vuh, le livre sacré et les mythes de l’antiquité américaine d’A. Durand, 1861.

Les déesses de la mythologie grecque

Dans cet article, régulièrement mis à jour, retrouvez toutes les déesses de la mythologie grecque déjà apparues dans le Royaume Bleu. Des liens vous orientent vers les articles consacrés à chacune.

Auxo-déesse-grecque-printemps-croissance

 

Auxo

Déesse de l’été et de la croissance.

En savoir plus sur la déesse Auxo

 

 

Brizo-déesse-mythologie-grecque-déesses

 

Brizo

Déesse de la méridienne, des rêves prophétiques et des pêcheurs.

En savoir plus sur la déesse Brizo

 

Carpo-déesse-mythologie-grecque-déesses

 

Carpo

Déesse de l’automne et de la fructification.

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Chloris-déesse-mythologie-grecque-déesses

 

Chloris

Déesse des fleurs.

En savoir plus sur la déesse Chloris

 

 

Hécate-déesse-mythologie-grecque-déesses

Hécate

Déesse de la magie, des spectres, des démons infernaux, de la nouvelle lune, des carrefours, des expiations, de la santé et de la navigation.

En savoir plus sur la déesse Hécate

 

Némésis-déesse-mythologie-grecque-déesses

Némésis

Déesse de la justice distributive et de la vengeance divine.

En savoir plus sur la déesse Némésis

 

 

Triteia-déesse-mythologie

 

Triteia

Déesse de la cité de Tritée et protectrice de l’isthme de Corinthe

En savoir plus sur la déesse Triteia

 

 

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N’oubliez pas de consulter le grimoire pour retrouver tous les personnages, lieux et objets apparus dans le Royaume Bleu.

 

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