Sésame, ouvre-toi ! : une formule magique pleine de bienfaits

La fameuse formule magique « Sésame, ouvre-toi ! » apparaît dans le conte oriental Ali Baba et les quarante voleurs. Quelle est l’origine de cette expression ? La réponse se cache dans les multiples bienfaits de la graine de sésame. Cette plante du Moyen-Orient prête même son nom à une forteresse antique, rempart d’une cité où les habitants ont mauvaise réputation.

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Ali Baba et les 40 voleurs

Formule magique

Conte des Mille et une Nuits

Pour retarder son exécution, la belle Shéhérazade conte, chaque nuit, une nouvelle histoire au sultan Shahryar. Maligne, elle ne dévoile la fin de ses récits que le lendemain. Le roi, avide de connaître la suite, la garde ainsi en vie. Ali Baba et les quarante voleurs figure parmi les aventures de la conteuse.

C’est en Perse que se déroulent les péripéties d’Ali Baba. Lui et son frère Cassim vivent dans la pauvreté. Ce dernier finit par épouser une femme détentrice d’une boutique de marchandises et devient un riche commerçant. Quant à notre héros, il se marie à une dame aussi peu fortunée que lui et s’improvise bûcheron.

Un jour, il suit quarante brigands chargés d’or et les espionne du haut d’un arbre. Devant un rocher, il entend leur capitaine prononcer une formulation étrange : « Sésame, ouvre-toi !« . Voilà que la pierre bouge et que les bandits pénètrent dans une grotte secrète. Un long moment, l’espion attend de les voir ressortir. « Sésame, ferme-toi ! » prononce le chef de la bande pour refermer la porte dissimulée.

Curieux, le modeste artisan se place devant la roche et récite, à son tour, la formule magique. Le passage dégagé, il découvre des trésors à n’en plus finir. C’est ce qu’on nomme la caverne d’Ali Baba, un endroit qui contient divers objets de valeur.

Lire l’histoire d’Ali Baba et des quarante voleurs

Précieux sésame

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Haute tige et fleurs blanches, caractéristiques du sésame

La phrase enchantée de ce conte provient du symbole de fécondité de la graine de sésame qui renferme de multiples bénéfices. De la famille des Pédaliacées, le sesamum indicum (nom latin de cette plante d’origine africaine) présente une tige haute d’un mètre. Ses fleurs blanches se ponctuent de pourpre et ses fruits, sous forme de capsules allongées, abritent d’innombrables semences.

L’espèce orientale se nomme la jugeoline (ou jugoline). Ses petites graines fourmillent d’infinis trésors. Elles se consomment, fournissent de l’huile et de la lumière. Leurs bienfaits se révèlent nombreux au niveau de la santé. Qui d’autre pouvait ouvrir l’entrée de la caverne que ce minuscule amas de richesses ?

Dans le langage courant, le sésame devient un moyen d’accéder à quelque chose. Il s’emploie comme synonyme de mot de passe, par exemple, pour s’introduire dans un lieu clos. Ainsi, posséder le précieux sésame, c’est surmonter tous les obstacles et se faire accepter.

Loi de l’attraction

L’histoire d’Ali rappelle une loi universelle, celle de l’attraction. Son principe part du fait que l’univers se compose d’énergies et celles qui se trouvent similaires s’attirent. Tout ce que l’on pense, dit et accomplit provoque une réponse équivalente. Si vous pensez ainsi manquer toujours d’argent, le monde vous enverra encore plus de pénurie. Si vous vous plaignez, vous recevrez davantage de problèmes.

Au contraire, de bonnes pensées et paroles attireront des miracles. En récitant la phrase magique des voleurs, le héros persan reçoit l’abondance. Alors, pourquoi ne pas adopter ce mantra, Sésame ouvre-toi !, matin et soir, en imaginant tout ce que vous désirez ? Dans tous les cas, il vous faudra répéter la formule régulièrement pour récolter ses cadeaux dans votre vie.

En savoir plus sur la loi d’attraction

Bienfaits du sésame

Alimentation

Le sésame permet de confectionner des gourmandises comme le halva (de l’arabe halwa, « douceur »), confiserie orientale composée de farine, de miel et de fruits secs (amandes, noisettes ou pistaches). Quant au libum, c’est un gâteau de lait destiné aux offrandes à Bacchus, dieu romain du vin (Dionysos chez les Grecs) et aux Lares, esprits protecteurs de la maison. Les graines de sésame fournissent de la farine dont on fait des galettes, de la bouillie…

Différentes variétés de cette plante existent comme le sésame blanc (décortiqué), le sésame noir et le sésame doré. Les graines se consomment natures ou grillées. Elles demeurent une excellente source de calcium. D’autre part, elles facilitent la digestion intestinale, car elles sont riches en fibres. Le pourcentage en protéines n’est pas en reste, idéal pour les végétariens et végétaliens. Une consommation de sésame réduit également le mauvais cholestérol. La sésamine qu’il contient stimule les antioxydants.

Huile de sésame

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Huile de sésame extraite des graines

Une huile de sésame s’extrait des graines. Autrefois, cette substance grasse se nommait le gergelin (ou gergrelin). Elle s’utilise dans les préparations alimentaires. Ce liquide gras très inflammable sert aussi pour l’éclairage.

Notons que, dans le conte oriental, le chef des voleurs apprend qu’Ali Baba connaît le secret de la grotte aux trésors et se fait passer pour un marchand d’huiles auprès de lui. Dans ses jarres se cachent les autres bandits qui n’attendent que la nuit pour assassiner le héros devenu riche. Heureusement, Morgiane, l’esclave de Cassim, découvre la supercherie et ébouillante les malfrats.

Remède

Déjà, les Égyptiens connaissaient les propriétés miraculeuses du sésame. Les Chinois s’en servaient comme d’un fortifiant traditionnel. Quant aux Perses, ils infusent des fleurs blanches de violettes dans l’huile pour préparer la jasmélée (ou jasme). Cette substance médicinale réchauffe et détend le corps à la sortie du bain.

En raison de leur taille comparable aux grains, les petits os des articulations se qualifient de sésamoïdes.

Sésame, la citadelle

Trompée par son époux, Amastris, reine de la cité grecque d’Héraclée, se retire dans la ville qu’elle a fait bâtir près de la mer Noire et qui porte son nom. Pour se protéger, elle établit une forteresse dans le village voisin baptisé Sésame. Cette histoire présente des similitudes avec le conte des Mille et une Nuits où le sésame demeure la clef pour accéder au royaume de la fortune.

Le territoire d’Amastris se situe dans la Paphlagonie, contrée d’Asie Mineure. Par leur grossièreté et leur méchanceté, le nom des habitants, les Paphlagoniens, devient une injure chez les Grecs. On a peut-être retrouvé là la trace des quarante voleurs !

Récapitulons les principales caractéristiques de la formule magique « Sésame, ouvre-toi ! »

  • Sésame-ouvre-toi-Ali-Baba
  • Apparition : Ali Baba et les quarante voleurs.
  • Fonction : Ouvre l’entrée de la caverne aux mille merveilles des brigands.
  • Origine : la petite graine de sésame renferme de nombreuses richesses.
  • Corrélation : Sésame, citadelle antique de la cité d’Amastris.
  • Aujourd’hui : l’expression « précieux sésame ».

Sources :

  • Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers de Denis Diderot et Jean le Rond d’Alembert, 1772.
  • Nouveau dictionnaire universel de Maurice le Châtre, 1865-1870.
  • Dictionnaire universel de la langue française de Pierre Boiste, 1823.
  • Dictionnaire des dictionnaires ou Vocabulaire universel et complet de la langue française de Hauman, 1839.
  • Dictionnaire classique de l’antiquité sacrée et profane de Marie Bouillet, 1841.
  • Le grand dictionnaire géographique, historique et critique d’Antoine de La Martiniere, 1768.

Crédits Images :

  • Ali Baba and the Forty Thieves de Rena Xiaxiu, 2016
  • Fleur de Sésame par vrtheblue0 sur Pixabay

 

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Clytie, la nymphe amoureuse du Soleil

La belle Clytie rayonne d’amour pour le dieu du Soleil, Hélios. Quand celui-ci se détourne d’elle pour la princesse Leucothoé, la jalousie l’emporte. Les deux rivales connaîtront toutes les deux un sort tragique et une métamorphose liée à l’astre du jour.

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Océanide des eaux glorieuses, Clytie est la fille d’Océan et de Téthys. Lors de sa course pour propager la lumière sur la terre, Hélios l’aperçoit et nourrit une passion brûlante partagée.

Tout bascule le jour où Hélios, surnommé « celui qui voit tout » surprend Aphrodite, la déesse de l’amour, dans les bras de son amant Arès, le dieu de la guerre. Aussitôt, il s’empresse d’avertir Héphaïstos, l’époux de la déesse. Aphrodite, contrariée par les révélations d’Hélios, lui inspire une passion pour la princesse de Perse, la belle Leucothoé.

Habituée à recevoir les rayons réconfortants d’Hélios, Clytie s’étonne de l’absence de son amant. Elle découvre que le dieu solaire l’a délaissée pour Leucothoé. Folle de jalousie, elle dénonce sa rivale auprès de son père, le roi Orchame.

Outré par le comportement de sa fille, le roi prend une décision radicale : pour empêcher Hélios de voir Leucothoé, il ensevelit la princesse vivante durant la nuit ! Au petit matin, le dieu constate, avec tristesse, la mort de sa bien-aimée. Il verse, pour l’honorer, un nectar parfumé sur la terre qui recouvre sa dépouille. Bientôt, le corps de la pauvre princesse se transforme en un arbre qui émet du parfum lorsqu’on le brûle. L’arbre à encens, qui pousse même dans des zones très ensoleillées, vient de naître.

Après la mort de sa rivale, Clytie espère retrouver les faveurs du dieu. Indigné par son geste, Hélios délaisse la nymphe et la prive de sa lumière. Clytie, désespérée, s’isole des autres océanides et erre dans le désert. Pendant neuf jours, elle reste sans manger ni boire, fixant la course du Soleil.

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Par pitié, Hélios finit par métamorphoser Clytie en une fleur. Sous cette forme, la nymphe continue de tourner son regard vers Hélios. Cette fleur prit le nom de tournesol et est qualifiée d’héliotrope, ce qui signifie qu’elle suit la rotation du Soleil. Les Anciens racontent que le tournesol fait mourir l’arbre à encens.

 

Tout comme Hélios a porté son regard sur elle, Clytie reste à jamais tourné vers celui qu’elle aime.

 

Le petit +

Le tournesol est aussi appelé l’herbe de Clytie.


Sources :

  • Dictionnaire de la mythologie grecque et latine de Gilles Lambert & Roland Harari, 2000
  • Cours de mythologie d’Alexandre Lefranc, 1829
  • La mythologie et les fables expliquées par l’Histoire de Briasson, 1738
  • Mythologie grecque et romaine ou Introduction facile et méthodique à la lecture des poètes de Jean Humbert
  • Traité de mythologie ou explication de la fable par l’histoire et les hiéroglyphes de Jean-Jacques Lionnois, 1808

Crédit Images :

  • Clytie par Louis Welden Hawkins
  • Helios and Clytie par Melinda McCarthy, 2015

Chloris, la déesse des fleurs

Simple nymphe, la belle Chloris s’épanouit en déesse des fleurs le jour où Zéphyr, le doux Vent de l’Ouest souffle dans sa direction. Son empire floral va alors s’étendre au-delà du monde grec et même toucher la mort.

Chloris

Nymphe des îles Fortunées

Au début des temps, les Titans Océan et Téthys règnent sur le monde des eaux. Ils engendrent 3 000 Fleuves et 3 000 Océanides, nymphes des océans. Chloris aurait pu devenir une de ces belles Océanides, mais son père Océan la conçoit avec une mortelle. Dès lors, Chloris ne veillera pas sur l’élément de la vie, l’eau, comme ses demi-sœurs, mais sur les îles Fortunées. C’est sur ces bouts de terre que séjournent les âmes vertueuses après leur mort, notamment celles des héros.

Tout change le jour où Zéphyr, le Vent de l’Ouest, souffle sur les îles Fortunées et aperçoit la nymphe. Le souffle coupé par sa beauté, le dieu est frappé en plein cœur. Lui qui demeure d’habitude si doux, prend l’exemple de son frère Borée, le rustre et froid Vent du Nord, et enlève Chloris, l’emmenant dans les airs.

Conscient de son acte, Zéphyr demande en mariage la nymphe pour officialiser leur liaison. Chloris accepte et son époux divin lui offre trois cadeaux exceptionnels. Tout d’abord, il insuffle l’immortalité à sa belle. Puis, il lui donne le pouvoir de faire fleurir les plantes. Enfin, il lui crée un jardin où pousse une fleur magique capable de rendre fertile, même une femme stérile.

Découvrir l’histoire du dieu Zéphyr

Déesse des fleurs

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Devenue déesse des fleurs, Chloris forme un couple complémentaire avec Zéphyr. Ils réunissent les conditions favorables à une terre fertile et un climat avantageux. S’épanouissant de plus en plus, Chloris répand sur la terre différentes semences et y fait germer de nouvelles fleurs. Le cycle des fleurs qui commence par la dissémination des graines par le vent, assuré par Zéphyr, puis la floraison guidée par Chloris va se compléter avec l’enfant des deux amoureux : Carpos, le dieu des fruits. La famille tout entière participe au cycle floral.

Mais Chloris ne s’arrête pas là. Lorsque la mort frappe, elle cherche à l’embellir et à lui trouver un sens. Quand les jeunes Narcisse, Crocus ou d’autres meurent tragiquement, les dieux appellent la déesse pour les transformer en fleur qui porte désormais leur nom. C’est aussi en tombant sur le corps sans vie d’une nymphe qu’elle a l’idée de s’en servir pour créer la reine des fleurs : la rose. Elle reçoit l’aide d’Aphrodite, déesse de l’amour, qui donne toute sa beauté à la fleur et de Dionysos, dieu du vin, qui la dote d’un délicieux parfum. Les trois Charites, déesses de la grâce, l’agrémentent de charme, de l’éclat et de la joie.

Les Charites participent également au tressage des fleurs pour former des couronnes que les divinités porteront. Les Heures célestes, déesses des saisons, se chargent de cueillir les fleurs dans le jardin de Chloris. Cette dernière était elle-même associée au printemps.

La déesse des fleurs offre également aux hommes le miel, en faisant appel à la violette, le cytise et le thym argenté, mais aussi aux insectes. Elle est la déesse de la floraison au sens large, car elle veille sur la jeunesse des hommes. Sans elle, la production des céréales, des légumes et des fruits serait amoindrie.

D’une nymphe discrète et réservée est née une déesse aux pouvoirs immenses. Chloris, surnomée la verdoyante, tire son nom du grec « khlôros » qui signifie « vert » et qui a donné aussi le mot « chlorophylle ». Son culte se répand jusqu’à Rome où elle est vénérée sous le nom de Flore.


Sources :

  • Fastes d’Ovide, vers 15 après J.-C
  • Petit Larousse illustré des mythes et des légendes de Philip Wilkinson, 2009
  • Mythologies : personnages et légendes du monde entier de Philip Wilkinson, 1999

Crédit image :

  • Détail du tableau « Le Printemps » de Sandro Botticelli, 15e siècle
  • Zephyrus wooing Flora d’Henrietta Rae, vers 1888
  • Flora d’Evelyn de Morgan, 1894

La mandragore blanche

La mandragore officinale, également appelée mandragore femelle, est une plante mystérieuse. Sa racine ressemble au corps d’un être humain et elle est dotée de propriétés magiques. Mais gare à celui qui essaie de la déraciner !

Mandragore

La mandragore est une herbe sans tige dont les feuilles poussent directement sur la racine. Cette dernière, longue et blanchâtre, se divise en deux branches, étrangement ressemblantes à deux bras. La forme de la racine fait penser à un corps humain.

Les légendes racontent que les meilleures mandragores sont arrosées de l’urine d’un pendu ! Quiconque arrache une de ces plantes meurt sur-le-champ. D’ailleurs, la mandragore crie lorsqu’on tente de la retirer de son habitat. La ruse est de mise pour obtenir une de ces racines qui possèdent des vertus magiques.

En effet, la racine offre une protection efficace contre les maléfices. Elle apporte le bonheur à son possesseur et permet la fécondité des femmes, même stériles. Le mot « mandragore » provient du grec et signifie « plante qui endort ». Ses feuilles, à l’odeur fétide, se révèlent de puissants narcotiques qui plongent celui qui les mange dans un profond sommeil. De manière générale, la mandragore entre dans la composition des philtres d’amour.

Ce végétal pousse sur les sols humides et ombragés. En qualité de plante du sommeil, elle s’épanouit aussi au royaume des songes, à côté du pavot.

À la fois mortelle et fécondante, la mandragore continue d’entretenir le mystère.


Sources :

  • Le Dictionnaire des Arts et des Sciences de Thomas Corneille, 1732
  • Dictionnaire de mythologie de tous les peuples avec les rapprochements historiques de Luigi Capello, 1833
  • Dictionnaire du diable, des démons et sorciers de Pierre Ripert, 2012
  • Dictionnaire portatif de mythologie d’André de Claustre, 1765
  • Nouveau dictionnaire universel de Maurice Lachatre, 1865
  • Dictionnaire de la fable ou mythologie de François Noël, 1803

Crédit Image :

Image libre de droit sur Pixabay, par eriktx

La rose bleue : symbole du vrai amour

Une rose bleue, qui symbolise l’inaccessible, se révèle bien plus difficile à trouver qu’un trèfle à quatre feuilles ! Un peu comme le véritable amour… Dans le monde des hommes, les botanistes affirment l’inexistence de cette couleur pour la reine des fleurs. Mais dans le Royaume Bleu, tout devient possible…

rose bleue

Fleur de Chine

L’histoire de la rose aux teintes bleuâtres fleurit dans un conte chinois. Dans ce récit merveilleux, l’empereur de Chine vieillissant aimerait bien marier sa fille. Après insistance, il la convainc de penser au mariage, mais la belle se montre rusée : elle promet de donner son cœur à celui qui lui offrira la fameuse fleur aux tons céruléens tant convoités.

Plusieurs prétendants, conscients de l’impossible requête, emploient différents stratagèmes :

  • colorer une rose blanche en mettant de l’encre bleue dans l’eau du vase ;
  • tailler la reine des fleurs dans un saphir ;
  • peindre une rose ciel sur une toile.

Chaque fois, la princesse refuse leur cadeau, car les roses bleues restent artificielles.

Symbole d’un amour vrai qui apporte le rêve bleu

Un jour, un poète chante sous son balcon et la princesse en tombe amoureuse. Coincée par sa promesse d’épouser celui qui lui ramènera une rose bleue, elle décline la proposition de son soupirant. Celui-ci décide pourtant de lui en cueillir une, car selon lui il y en pousse dans tous les endroits !

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Une rose est bleue dans le cœur d’un amoureux sincère.

Le lendemain, l’artiste se présente au palais et dévoile une rose crème à l’empereur. Ce dernier se moque de lui, mais va tout de même chercher sa fille. Celle-ci s’écrie que le poète a réussi à lui présenter une rose bleue ! D’abord surpris, l’empereur, se rendant compte de l’amour sincère de sa fille, prétend lui aussi que la fleur est bleue. Le mariage peut avoir lieu.

Fleur aux pétales de l’impossible

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La couleur du bleuet provient d’un pigment, la cyanidine.

Au travers de manipulations génétiques, les chercheurs tentent de relever le défi d’obtenir une rose bleutée. Pourtant, des fleurs aux pétales bleus existent comme le bleuet. Cette plante des champs, que l’on appelle aussi le bluet, tient sa couleur de la cyanidine, un pigment qui change de teinte en fonction du pH. Rouge en milieu acide, elle vire au bleu dans un terrain alcalin.

Ce pigment est le plus répandu de la famille des Anthocyanes (du grec anthos, « fleur » et kuanos, « bleu ») qui donnent leur couleur à plusieurs fruits (mûre, myrtille), légumes (pomme de terre vitelotte) et autres plantes (mauve). Issue de ce groupe, la delphinidine permet elle aussi la coloration bleutée que l’on retrouve dans les hortensias. Que ce soit la cyanidine ou la delphinidine, les rosiers restent dépourvus de ces deux molécules colorantes.

De plus, les hybridations ne permettent d’obtenir que des rosiers mauves auxquels les découvreurs attachent, tout de même, des noms en référence à la couleur cyan, comme le Nil Bleu (Blue Nile). Comme nous l’avons vu dans le conte, une rose blanche (ou toute autre fleur) deviendra bleue en plongeant ses tiges dans une eau avec de l’encre ou du bleu de méthylène.

Réaliser l’expérience de coloration de fleurs blanches

En sciences ou dans les contes, la rose bleue apparaît comme le symbole de l’impossible. Mais en amour tout reste possible : une rose bleue peut fleurir à tout instant.

Expression des sentiments et de la tendresse

Le mythe de la rose bleue se rapproche de l’expression « être fleur bleue« , qui exprime le sentimentalisme et la tendresse. L’origine de cette formule remonte au 19e siècle dans le roman inachevé Henri d’Ofterdingen de l’écrivain allemand Novalis. Le livre narre l’histoire d’un trouvère, poète et jongleur du Moyen Âge, en quête d’un idéal. Il trouvera la rose de couleur bleue, personnification de la poésie qui nous rappelle le poète de notre conte de Chine.


Sources :

  • La Rose Bleue, conte chinois
  • Dictionnaire des Symboles d’Alain Gheerbrant, 1990
  • Expressio.fr

Images :

  • Une rose bleue par cbaquiran, sur Pixabay.
  • Un bleuet par pasja1000, sur Pixabay.