Le prince-lion : un amoureux ensorcelé

Le prince-lion pousse son rugissement dans un conte des frères Grimm, La fauvette qui saute et qui chante. Sous les chants de ce bel oiseau, se cache une terrible malédiction. Comme la Belle, la dernière fille d’un voyageur demeurera prisonnière de la Bête. Mais un amour surgira de la forêt sauvage. Le temps et un féroce dragon le mettront à rude épreuve. Laissez-vous ensorceler par l’histoire d’un prince qui marche, félin, dans la lumière.

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Un lion ou un prince ?

La fauvette qui saute et qui chante

Tout commence par une fauvette ! Ce petit oiseau chanteur au plumage fauve appartient au groupe des Passériformes, un ordre d’espèces arboricoles. D’ailleurs, le conte où apparaît le prince-lion s’intitule La fauvette qui saute et qui chante par les frères Grimm. Notons que le mot « fauvette » dérive de « fauve« , ce qui rappelle le roi des animaux.

La troisième et dernière fille d’un homme désire un tel oiseau alors que ses sœurs préfèrent les perles et les diamants. Au cours d’un long voyage, le père récupère facilement les bijoux, mais il s’aventure au cœur de la forêt pour trouver le passereau.

Dans ce lieu sauvage, il tombe sur un redoutable lion, propriétaire d’une fauvette parfaite en tout point. La féroce bête consent à lui épargner la vie et à lui laisser son compagnon à plumes s’il lui ramène la première personne qu’il croisera à son retour. Vous l’avez deviné : la cadette est condamnée à finir dans la gueule du félin.

Le royaume qui rugit

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La jeune femme se trouve dans un étrange royaume peuplé de lions

Heureusement pour la pauvre fille, le lion demeure un prince victime d’un enchantement. Lui et les siens se transforment en félins au contact de la lumière. Ainsi, la jeune femme erre au milieu de ces dangereux carnivores. Le soir venu, elle découvre le vrai visage de son ravisseur et en tombe amoureuse.

Bientôt, la captive devient princesse. Elle dort la journée, en compagnie des félidés, et vit la nuit avec les hommes. Un jour, le prince confie à sa tendre que la sœur aînée de cette dernière va se marier. Son époux l’autorise à y aller, mais refuse lui-même de s’y rendre. Il la fait escorter par des lions. Elle retrouve avec joie sa famille qui la pensait dévorée.

Lors des noces de sa deuxième sœur et devenue mère d’un enfant, elle supplie son bien-aimé de l’accompagner. Le prince lui révèle que si un rayon de lumière le touche en dehors de la forêt, il se métamorphosera en colombe pendant sept longues années. Sa compagne insiste et ils participent tous deux à la fête.

Le fauve lion qui devient blanche colombe

Prenant toutes les précautions nécessaires, la princesse mure une pièce chez son père pour que son mari s’y réfugie. Mais lorsque les invités allument les flambeaux de la noce, un fin rayon touche le prince qui se transforme aussitôt en colombe.

Quand elle revient, son épouse découvre le drame. Il lui explique que, pendant sept ans, il volera jusqu’au bout du monde. Pour qu’elle suive sa trace, il déposera tous les sept pas une goutte de sang et l’une de ses plumes. Si elle parvient à le retrouver, elle pourra le libérer.

La jeune femme poursuit l’oiseau pendant presque sept ans jusqu’à ce que les plumes et le sang n’apparaissent plus sur son chemin. Désespérée, elle demande de l’aide au Soleil. Ce dernier ne sait pas où se trouve la colombe, mais lui offre un coffret à ouvrir en cas de danger. De même, elle interpelle, sans succès, la Lune qui lui remet un œuf.

Le vent de la nuit n’a rien vu non plus, mais il interroge les autres courants d’air. Par chance, le souffle du Sud a aperçu le pigeon blanc. Le prince est arrivé jusqu’à la mer Rouge où il est redevenu un lion.

Le dragon qui s’empara du prince

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Le prince-lion et la princesse-dragon s’affrontent sur les bords de la mer Rouge où habite un griffon.

La jeune femme apprend que son lion combat un dragon, en réalité une princesse elle aussi victime d’une malédiction. Le vent nocturne lui conseille de couper le onzième roseau qu’elle trouvera sur la rive droite de la mer Rouge et de frapper le monstre volant avec. Selon lui, cela permettra aux animaux de retrouver forme humaine. Pour retourner chez elle avec son mari, elle montera sur un griffon qui habite non loin. Elle devra jeter une noix au milieu de la mer qui deviendra aussitôt un noyer pour que l’oiseau fabuleux se repose à mi-chemin.

Alors que la princesse parvient à rendre leur véritable apparence aux deux adversaires, la suite ne se déroule pas comme prévu. L’autre princesse serre le prince dans ses bras et tous deux s’envolent sur le dos du griffon. Désespérée, notre héroïne trouve pourtant le courage de partir à la recherche de son bien-aimé. Après un long voyage, elle arrive au château de sa rivale et où les noces avec son prince vont être célébrées.

Ne sachant comment pénétrer dans l’enceinte, elle ouvre le coffret du Soleil et y découvre une robe rayonnante. Ainsi vêtue, elle illumine le bal royal. Sa concurrente, qui ne l’a pas reconnue, marchande avec elle pour obtenir sa tenue afin de la porter à son mariage. Alors la belle lui répond :

— Ni pour or, ni pour argent, mais chair et sang en sont le prix.

Elle demande ainsi à passer une nuit dans la chambre où dort le fiancé. La future mariée, subjuguée par la robe, accepte, ayant pris soin au préalable d’endormir le prince avec un somnifère. L’héroïne lui raconte toute sa mésaventure, mais il ne peut l’entendre. Abattue, la belle quitte le château en larmes. Elle se rappelle alors l’œuf de la Lune et le casse. Une poule et ses douze poussins en or en sortent aussitôt. Ainsi les échangent-elles contre une nouvelle nuit au chevet de son amour. Cette fois-ci, le prince, au courant pour le somnifère, écoute toute l’histoire. Il ouvre les yeux et enlace sa bien-aimée. Ses retrouvailles le délivrent d’un charme qui avait effacé sa mémoire.

Sous la crainte du père de la princesse, un méchant sorcier, les amoureux s’échappent. Ils s’envolent à dos de griffon et regagnent leur royaume où leur fils est devenu un homme.

Lire l’histoire de La Fauvette qui saute et qui chante des frères Grimm

Connaissez-vous l’histoire du prince-grenouille ?


Sources :

  • La fauvette qui saute et qui chante des frères Grimm.
  • Dictionnaire de l’Académie française.

Images :

  • Un lion par IanZa sur Pixabay.
  • The Lady and the Lion d’Arthur Rackham, 1909.
  • Un lion-tigre par DrSJS sur Pixabay.

 

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Clytie, la nymphe amoureuse du Soleil

La belle Clytie rayonne d’amour pour le dieu du Soleil, Hélios. Quand celui-ci se détourne d’elle pour la princesse Leucothoé, la jalousie l’emporte. Les deux rivales connaîtront toutes les deux un sort tragique et une métamorphose liée à l’astre du jour.

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Océanide des eaux glorieuses, Clytie est la fille d’Océan et de Téthys. Lors de sa course pour propager la lumière sur la terre, Hélios l’aperçoit et nourrit une passion brûlante partagée.

Tout bascule le jour où Hélios, surnommé « celui qui voit tout » surprend Aphrodite, la déesse de l’amour, dans les bras de son amant Arès, le dieu de la guerre. Aussitôt, il s’empresse d’avertir Héphaïstos, l’époux de la déesse. Aphrodite, contrariée par les révélations d’Hélios, lui inspire une passion pour la princesse de Perse, la belle Leucothoé.

Habituée à recevoir les rayons réconfortants d’Hélios, Clytie s’étonne de l’absence de son amant. Elle découvre que le dieu solaire l’a délaissée pour Leucothoé. Folle de jalousie, elle dénonce sa rivale auprès de son père, le roi Orchame.

Outré par le comportement de sa fille, le roi prend une décision radicale : pour empêcher Hélios de voir Leucothoé, il ensevelit la princesse vivante durant la nuit ! Au petit matin, le dieu constate, avec tristesse, la mort de sa bien-aimée. Il verse, pour l’honorer, un nectar parfumé sur la terre qui recouvre sa dépouille. Bientôt, le corps de la pauvre princesse se transforme en un arbre qui émet du parfum lorsqu’on le brûle. L’arbre à encens, qui pousse même dans des zones très ensoleillées, vient de naître.

Après la mort de sa rivale, Clytie espère retrouver les faveurs du dieu. Indigné par son geste, Hélios délaisse la nymphe et la prive de sa lumière. Clytie, désespérée, s’isole des autres océanides et erre dans le désert. Pendant neuf jours, elle reste sans manger ni boire, fixant la course du Soleil.

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Par pitié, Hélios finit par métamorphoser Clytie en une fleur. Sous cette forme, la nymphe continue de tourner son regard vers Hélios. Cette fleur prit le nom de tournesol et est qualifiée d’héliotrope, ce qui signifie qu’elle suit la rotation du Soleil. Les Anciens racontent que le tournesol fait mourir l’arbre à encens.

 

Tout comme Hélios a porté son regard sur elle, Clytie reste à jamais tourné vers celui qu’elle aime.

 

Le petit +

Le tournesol est aussi appelé l’herbe de Clytie.


Sources :

  • Dictionnaire de la mythologie grecque et latine de Gilles Lambert & Roland Harari, 2000
  • Cours de mythologie d’Alexandre Lefranc, 1829
  • La mythologie et les fables expliquées par l’Histoire de Briasson, 1738
  • Mythologie grecque et romaine ou Introduction facile et méthodique à la lecture des poètes de Jean Humbert
  • Traité de mythologie ou explication de la fable par l’histoire et les hiéroglyphes de Jean-Jacques Lionnois, 1808

Crédit Images :

  • Clytie par Louis Welden Hawkins
  • Helios and Clytie par Melinda McCarthy, 2015

Améthyste, la nymphe cristallisée

Variété précieuse de quartz, la pierre améthyste tire son origine d’une nymphe du même nom. Le mot provient du grec « methuein », qui signifie « s’enivrer », et précédé d’un « a » privatif. En effet, les Anciens racontaient que l’améthyste possédait la faculté d’empêcher l’ivresse. L’histoire de la nymphe Améthyste fait d’ailleurs intervenir Dionysos, le dieu du vin…

Améthyste pierre

La belle Améthyste se rend joyeusement au temple d’Artémis, déesse de la chasse, lorsque Dionysos l’aperçoit. Ivre, le dieu du vin se montre très entreprenant avec elle. La nymphe, refusant ses avances, court aussi vite qu’elle peut pour lui échapper. Cependant, le dieu la poursuit inlassablement. En dernier recours, elle implore Artémis.

Lorsque Dionysos l’attrape, Améthyste reçoit l’aide de la déesse vierge. Celle-ci la transforme en un cristal dur et froid. Dépité, le dieu déverse son vin sur le minéral qui se teint en violet. Le sommet de la pierre, par lequel Dionysos a fait couler son vin, reste, depuis, plus coloré.

Sobre, Dionysos éprouve des regrets. Il procure alors à la pierre le pouvoir de dissiper l’ivresse. Au fil du temps, l’améthyste absorbe d’autres propriétés magiques et médicinales. Les démons, cauchemars, fièvres et mauvaises pensées sont repoussés par sa présence.  Elle clarifie l’esprit, apaise les émotions, développe l’intuition et contribue à la sagesse.

Améthyste pendule

Elle possède des facultés plus étonnantes comme de réduire une incarcération, de favoriser la richesse ou de rendre humble. D’ailleurs, la tradition chrétienne l’associe à la couleur de la violette, symbole de l’humilité. Elle protège de la sorcellerie, si les figures de la Lune et du Soleil sont gravées dessus et qu’on la porte au cou avec des duvets de paon et des plumes d’hirondelle. Placée sous l’oreiller, elle procure des rêves doux et prémonitoires.

En accumulant toutes ces énergies mystiques, la nymphe Améthyste trouve le moyen de se faire entendre à travers la pierre transparente. En l’arrosant d’eau et en l’approchant d’un aimant, elle répond aux questions de son possesseur. Pour cela, elle adopte la voix de l’enfant qui sommeille en la personne.

Nymphe effacée aux origines oubliées, Améthyste n’a gardé que trois choses, à la suite de sa transformation en pierre : sa transparence, sa beauté et la marque de Dionysos. Si sa propriété première se limitait à préserver de l’ivresse, elle a accumulé, au fil du temps, de nombreux pouvoirs la rendant incontournable.

Le petit +

Le magnifique étourneau améthyste (Cinnyricinclus leucogaster) présente des plumes aux couleurs de cette pierre.

Violet-backed Starling, Cinnyricinclus leucogaster, at Pilanesbe


Sources :

  • Dictionnaire de la Fable ou Mythologie de François Noël, 1803
  • Dictionnaire des pierres précieuses fines et ornementales d’Encyclopedia Universalis, 2015
  • Dictionnaire des Symboles d’Alain Gheerbrant, 1990
  • Dictionnaire des Sciences occultes de Jacques Collin de Plancy, 1848
  • The Curious Love of Precious Stones de George Kunz, 1913
  • Dictionnaire des pierres magiques et médicinales de Claude Lecouteux

Crédit images :

  • Pierre Précieuse Cristal par Aurelien_L sur Pixabay
  • Pendule d’Améthyste par VisualizarteCreativa sur Pixabay
  • Violet-backed Starling, Cinnyricinclus leucogaster par Derek Keats

La flûte de Pan

La flûte de Pan, baptisée la syrinx, porte le nom d’une nymphe aimée de Pan, dieu grec des campagnes et des bergers. La perte tragique de cette dernière inspira cet instrument enchanteur au dieu.

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Né avec des cornes sur la tête et des jambes velues terminées par des pattes de bouc, Pan effraie sa mère. Celle-ci l’abandonne dans une forêt. Son père Hermès, le messager des dieux, le ramène sur l’Olympe pour amuser les divinités. Déjà, les deux grands aspects de la vie de Pan se dessinent : l’abandon et l’amusement.

Le joyeux Pan établit sa demeure dans les bois de la région d’Arcadie, en Grèce. Un jour, il rencontre la belle naïade Syrinx, fille du dieu-fleuve Ladon. Elle veille sur les roseaux, des plantes s’épanouissant au bord de l’eau. Subjugué, Pan s’approche d’elle, mais elle s’enfuit face à sa laideur.

Amusé, Pan continue de poursuivre la nymphe. Prise au piège, elle court jusqu’au fleuve gouverné par son père et supplie les nymphes, ses sœurs, de l’aider à échapper au dieu.

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Aussitôt, le vœu de Syrinx se réalise : elle se transforme en roseau. Dépité, Pan pleure la belle nymphe. Soudain, un vent doux et chaud se met à souffler et produit des sons dans le roseau. Le dieu a alors l’idée de le couper en 7 tubes de tailles inégales. Il les assemble avec de la cire pour former une flûte. La syrinx est inventée.

En soufflant dans sa flûte à 7 tubes, Pan devient un merveilleux musicien. Il divertit les bergers et charme enfin les nymphes. D’un amour non partagé est né un instrument qui rassemble des êtres vivants envoûtés par la mélodie émise.

 


Sources :

  • Cours de Mythologie d’Alexandre Lefranc, 1829
  • Dictionnaire de la mythologie grecque et latine de Roland Harari et de Gilles Lambert, 2000
  • Dictionnaire Classique de l’Antiquité Sacrée et Profane de Marie-Nicolas Bouillet, 1841
  • Dictionnaire de la Fable ou Mythologie de François Noël, 1803

Crédit Image :

Image issue de The story of Greece : told to boys and girls de Mary Macgregor.

Scylla, le monstre marin

Un tremblement de terre sépara la Sicile de l’Italie et créa le détroit de Messine. D’un côté, le terrible gouffre Charybde engloutit les navires et de l’autre la monstrueuse Scylla dévore les marins. Fille de Phorcys, dieu des dangers des profondeurs marines, et de Cratéis, déesse des sorciers et des enchanteurs, Scylla était à l’origine une belle haliade, nymphe marine.

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Lorsqu’il aperçoit la belle Scylla se baigner dans une fontaine, le dieu marin Glaucos en tombe éperdument amoureux. Mais la nymphe ne partage pas ses sentiments. Le dieu se tourne alors vers la redoutable magicienne Circé. Celle-ci lui concocte un philtre d’amour à verser dans la fontaine de sa bien-aimée.

Ce que Glaucos ignore c’est que Circé nourrit un amour pour lui et elle est prête à tout pour se débarrasser de sa rivale. Ainsi lorsque Glaucos verse le philtre dans la fontaine, c’est un poison qui se mélange aux eaux. Scylla y pose à peine un pied qu’elle se métamorphose en un monstre à six têtes. Des gueules d’horribles chiens lui poussent sur son bassin.

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Glaucos et Scylla

Ce monstre terrorise bientôt les habitants. Elle-même effrayée par son apparence, Scylla se jette dans la mer et se cache désormais dans un rocher, dans le détroit de Messine, en face du gouffre Charybde.

Ulysse, lors de son Odyssée, navigue par le détroit de Messine. Sous les conseils de son amante, la magicienne Circé, il choisit d’affronter Scylla plutôt que Charybde. Mais en croyant éviter le plus gros danger, le héros se confronte à la fureur de Scylla, prête à tout pour se venger de Circé. Tombé de Charybde en Scylla, c’est-à-dire dans un danger plus grand que celui qu’il a évité, Ulysse voit Scylla dévorer six de ses compagnons. Il parvient à s’en sortir et traverse le détroit de Messine avec le reste de son équipage.

Découvrir l’histoire de Charybde, le gouffre marin.

Certains pensaient que Scylla était un navire Tyrrhénien qui pillait les côtes de Sicile. Sur sa proue, une figure de femme monstrueuse entourée de chiens correspondrait à l’image de Scylla.


Sources :

  • Encyclopédie ou Dictionnaire Raisonné des Sciences, des Arts et des Métiers de Denis Diderot et Jean le Rond d’Alembert, 1772
  • Nouveau Dictionnaire Universel de Maurice Lachatre, 1865
  • Cours de Mythologie d’Alexandre Lefranc, 1829
  • Dictionnaire Classique de l’Antiquité Sacrée et Profane de Marie-Nicolas Bouillet, 1841
  • Dictionnaire de la mythologie grecque et latine de Roland Harari et de Gilles Lambert, 2000

Crédit Image :

  • The Iliad of Homer, part II, planche 15, de John Flaxman (1793)
  • Scylla et Glaucus de Pierre Paul Rubens, vers 1636

Charybde : le gouffre marin

L’expression « tomber de Charybde en Scylla » signifie « pour éviter un mal, tomber dans un autre bien pire ». Dans la mythologie grecque, Charybde, un gouffre, et Scylla, un monstre, se font face dans le détroit de Messine. Les marins, naviguant par ces eaux, doivent affronter ces deux dangers. Découvrons, aujourd’hui, l’histoire de Charybde.

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À l’origine, Charybde est la fille de Gaïa, la Terre, et de Poséidon, dieu de la mer, et la déesse des marées. Habitée par un appétit vorace, elle vole du bétail le long des côtes de la Sicile. Les Grecs inventent alors l’expression « avaler comme Charybde » pour désigner « un énorme appétit ».

Un jour, Charybde commet l’erreur de voler les bœufs d’Héraclès (Hercule en latin). Zeus, roi des dieux et père du héros, la foudroie aussitôt et la précipite dans la mer. La déesse s’y transforme en gigantesque gouffre tourbillonnant.

Désormais, Charybde engloutit les flots trois fois par jour et les recrache trois fois avec de terribles mugissements. La représentation des marées prend alors tout son sens, sous cette nouvelle apparence.

Lors de son Odyssée, le héros Ulysse navigue par le détroit de Messine qui, à l’époque, sépare la Sicile de l’Italie. C’est dans ce bras de mer que se trouvent Charybde et, en face d’elle, le monstre Scylla. Ulysse choisit d’éviter Charybde afin de ne pas perdre tout son équipage et affronte Scylla. Il perdra six de ses hommes face à ce monstre.

Découvrir l’histoire du monstre marin Scylla.


Sources :

  • Encyclopédie ou Dictionnaire Raisonné des Sciences, des Arts et des Métiers de Denis Diderot et Jean le Rond d’Alembert, 1772
  • Nouveau Dictionnaire Universel de Maurice Lachatre, 1865
  • Cours de Mythologie d’Alexandre Lefranc, 1829
  • Dictionnaire Classique de l’Antiquité Sacrée et Profane de Marie-Nicolas Bouillet, 1841
  • Dictionnaire de la Fable ou Mythologie de François Noël, 1803