Taouret : déesse-hippopotame égyptienne de la maternité et des naissances

Appelée Thouéris en Grèce, la déesse égyptienne Taouret se caractérise par sa tête d’hippopotame. Effrayante en apparence, elle repousse uniquement les mauvais esprits. Elle veille sur le foyer familial et, tout particulièrement, sur les nouveau-nés et les mères. Associée à l’élément de l’eau, on la retrouve au ciel et dans le monde des morts, car elle demeure une divinité primordiale du panthéon égyptien.

La déesse égyptienne Thouéris

Déesse-hippopotame

Sur les rives du Nil, les Égyptiens se confrontent à de terribles animaux tels que les crocodiles et les hippopotames. La déesse Taouret revêt ainsi l’apparence de celui que les Anciens surnomment « le cheval du fleuve », pour repousser les mauvais esprits. À la fois craint et vénéré, le mammifère amphibie fascine et incarne cette dualité au sein de la divinité.

De son nom latin Hippopotamus amphibus, ce géant d’Afrique possède un corps massif, une tête énorme et une dentition impressionnante. Il joue un rôle essentiel dans l’équilibre des eaux intérieures. En se frayant un passage à travers les marécages, il crée de petits cours d’eau qui permettent l’irrigation des terres voisines.  De plus, il favorise le développement du plancton grâce aux tonnes d’excréments qu’il libère dans le fleuve. Aujourd’hui, seules deux espèces représentent la famille des Hippopotamidés : l’hippopotame commun et l’hippopotame nain (Hexaprotodon liberiensis).

Protectrice de la naissance et de la maternité

Il suffit d’observer le ventre arrondi de Taouret pour comprendre son rôle dans la naissance et le bon déroulement des accouchements. Elle protège les bébés et leur foyer, avec l’aide de Bès, un nain barbu et hideux. En effet, tout comme la déesse hybride, son apparence repoussante s’explique dans sa fonction à écarter les esprits maléfiques.

Les foyers où un heureux événement est attendu célèbrent la divinité hippopotame. Chaque habitat égyptien devient son temple. Pour s’assurer son aide, les femmes portent une amulette à son effigie.

Si l’enfant naît handicapé, la famille l’estime touché par la déesse. De ce fait, le nouveau-né reçoit le privilège de la divinité et le respect des autres. Loin d’être rejeté par la société, il sera perçu comme une chance pour le peuple de l’Égypte antique.

Un petit hippopotame et sa maman
Un bébé hippopotame et sa mère.

En ce qui concerne l’hippopotame, les petits naissent à la saison des pluies quand l’herbe abonde. Après une gestation d’environ 230 jours, la femelle met bas un seul bébé qu’elle allaitera sur une période d’un an.

Le nœud « sa », sur lequel Taouret s’appuie, symbolise la protection. Avec sa poitrine lourde de lait nourricier et son ventre proéminent, la déesse incarne la fécondité aquatique. À l’aide de son couteau en obsidienne qui lui sert à éloigner le mauvais œil, elle tranche le cordon ombilical des nouveau-nés. Une coiffe rouge et vert recouvre sa tête.

Compagne de Seth

La déesse Thouéris, mélange d'hippopotame, de crocodile et de lion
Taouret est un hybride entre l’hippopotame, le crocodile et le lion.

Divinité bienfaisante, Taouret n’en demeure pas moins une déesse vengeresse quand les forces du mal s’approchent. Outre sa gueule monstrueuse d’hippopotame, elle possède des pattes de lion et une queue de crocodile.

Bien que les puissances positives s’incarnent en Taouret, les hippopotames, notamment les mâles blancs, représentent les forces maléfiques. D’ailleurs, ces mammifères nilotiques vivent en groupe d’une quinzaine de membres, dirigés par un vieux mâle agressif. Pour menacer son ennemi, l’animal ouvre sa gueule immense et pousse un fort mugissement. Seth, le dieu du mal, prend souvent l’apparence d’une bête inconnue aux oreilles dressées et parfois celui d’un hippopotame destructeur. Taouret siège alors aux côtés de ce dieu violent. Les pharaons redoutent l’animal maudit et pour cause…

L'hippopotame possède une gueule immense
L’incroyable gueule de l’hippopotame alimente la peur du peuple égyptien.

Ménès, premier pharaon d’Égypte et bâtisseur de la ville de Memphis, se fait dévorer par une de ces créatures fluviales. Depuis, le gros mammifère incarne le maléfice, capable, même, d’anéantir le puissant souverain égyptien.

C’est sous la forme du colossal animal que Seth noie son frère Osiris dans les eaux du Nil ou qu’il affronte Horus, le fils de ce dernier. Toutefois, la cité de Papremis vouait un culte à cette créature tant redoutée, sans doute par peur de la voir dévaster les champs.

Divinité primordiale

La généalogie de Taouret demeure trouble. Dans les mythes égyptiens, le monde émerge de l’eau. Ainsi, la déesse apparaît dans l’océan primordial et veille sur les origines de la vie. Tous les ans, elle renouvelle les forces vitales de l’Égypte, ce qui se manifeste dans la crue du Nil.

D’ailleurs, la seule fête connue consacrée à Taouret se célèbre lors de l’inondation, au Gebel-Silsileh, une carrière de grès qui borde le Nil. Les Égyptiens jettent diverses offrandes dans le fleuve, afin d’en recevoir une quantité démultipliée le jour des moissons.

Le nom de Taouret signifie « la grande »  et elle se trouve présente dans l’autre monde où elle assure la naissance d’une deuxième vie, celle après la mort.

Constellation protectrice

Présente dans le milieu aquatique, Taouret s’installe aussi dans le ciel sous la forme d’une constellation appelée Réret. Elle y tient la cuisse de Seth (qui correspond à la Grande Ourse) qu’Horus arracha au dieu maléfique.

Avec d’autres déesses-hippopotames comme Ipet, elle forme un groupe bienveillant et céleste qui protège les douze mois du calendrier. Elles veillent également sur les cinq dernières journées rajoutées en fin d’année : les jours épagomènes réputés néfastes.

Un hippopotame qui nage dans le fleuve


Sources :

  • Encyclopédie Atlas de la Mythologie d’Éric Mathivet.
  • Le grand livre des animaux de Philip Whitfield et Richard Walker, 1999.
  • Les dieux de l’Égypte de Raphaël Martin, Jean-Christophe Piot et Djilian Deroche, 2017.

Images :

  • Taouret par NoumenonDoesArt, une image que vous pouvez acquérir en cliquant sur ce lien.
  • Photos libres de droit sur Pixabay.
Publicités

Bastet : déesse-chatte égyptienne

Dans la mythologie égyptienne, la déesse Bastet se caractérise par sa tête de chat, un animal vénéré dans l’ancienne Égypte. Elle représente les bienfaits du Soleil, en tant que fille du puissant dieu solaire Râ. Mais garde à son courroux qui laisse émerger une autre personnalité, celle de la sanguinaire Sekhmet au visage de lion !

Bastet, déesse au visage de chat

Fille solaire du divin Râ

Dans les mythes de l’Égypte pharaonique, le dieu (ou Rê) représente le Soleil. Créateur de l’univers, il possède un étrange œil magique qu’il envoie aux quatre coins du monde pour déjouer les éventuels complots destinés à le renverser.

Le pouvoir de ce merveilleux globe oculaire ne s’arrête pas là. Il prend la forme d’une des filles du maître suprême qui symbolisent chacune un aspect de l’astre du jour. Ainsi, la déesse égyptienne Bastet incarne la puissance des rayons lumineux, en compagnie de ses sœurs Hathor, Sekhmet et Maât, respectivement divinités de l’amour, du feu et de la vérité.

Elle diffuse la lumière sur la Terre et participe au renouvellement de la vie. Si la divine Bastet personnifie les bienfaits du Soleil, elle peut, cependant, se montrer destructrice…

Divinité féline des terres chaudes d’Égypte

À l’origine, l’antique déesse Bastet revêt une tête de lionne. Elle porte une croix ansée, nommée la croix Ankh, symbole de la vie, et un sceptre. Progressivement, la gueule effrayante du roi des animaux prend les doux traits d’un chat.

La délicate immortelle, sous la forme d’une chatte, se pare de bijoux. Puis elle redevient femme et conserve le faciès de l’animal. Elle joue le sistre, un instrument de musique à percussion, ou déploie l’égide, bouclier de la sage déesse grecque Athéna et emblème de la puissance suprême. Mais sur ce dernier ne figure pas l’effigie du monstre Méduse, mais celle d’une lionne.

Car, de temps à autre, la femme hybride ressent des ardeurs léonines et libère le fauve en elle. C’est là que les ennuis commencent…

Double bienfaisant de la redoutable Sekhmet

La déesse Sekhmet
La dangereuse Sekhmet laisse libre cours à ses pulsions animales.

Pacifiste, Bastet se métamorphose en sa sœur Sekhmet, sous l’effet d’une intense colère. Personnification de la fureur, cette double personnalité emprunte les traits et l’instinct des lions et symbolise les ravages du Soleil.

Quand la terrible Sekhmet prend le dessus, la sauvagerie s’abat sur les hommes. Même le puissant Râ ne peut la raisonner. Dans la légende égyptienne dite de la Lointaine, le dieu âgé apprend que les humains complotent contre lui. Il consulte l’Ennéade, un groupe de neuf divinités primordiales, qui lui conseille d’envoyer son œil prodigieux, sous la forme d’Hathor afin qu’elle dévoile les coupables.

La déesse de l’amour et de la joie devient ainsi l’œil du Soleil, mais se querelle avec son père avant son départ. Contrariée, elle s’exile dans le désert de Nubie. Le maître céleste mandate le dieu guerrier Onouris, pour la ramener.

Le combattant la retrouve sous la forme de la chatte Bastet. Pour l’apaiser, il lui narre de fabuleuses histoires sur le royaume des pyramides. L’exilée comprend sa fourberie et se change en Sekhmet, la cruelle carnivore. Ivre de rage, elle extermine un à un les êtres humains conspirateurs.

Pour calmer le fauve, Onouris lui promet des offrandes dans tous les temples égyptiens et lui remet du vin, boisson concoctée par Rê, qu’elle pense être du sang. Elle reprend, sous l’effet de l’alcool, sa version de chat.

Déesse festive de la musique, la joie et la danse

À la frontière égyptienne (la Nubie demeurait un territoire indépendant lors de l’Antiquité), une foule joyeuse accueille Bastet, selon la promesse du brave Onouris. Les deux compagnons de voyage décident de se reposer à Thèbes. Pendant la nuit, un serpent du chaos tente d’étouffer la chatte, mais le guerrier la réveille et parvient à éviter l’attaque.

De retour à Héliopolis, la ville du Soleil, l’œil reprend la forme d’Hathor et retourne auprès de son propriétaire. La fureur de Sekhmet a vaincu les ennemis de Râ, mais elle reste incontrôlable. Pour maîtriser ses accès de colère, le dieu lui institue des fêtes, lors des inondations du Nil, où l’on prendra soin de lui servir l’alcool rouge.

C’est à Bubastis (« la maison de Bastet »), dans le temple de la déesse, que se célèbrent ces cérémonies musicales qui se terminent en orgie. Tout comme Hathor, Bastet dispense les joies, les musiques et les danses.

Protectrice des chats et du foyer

Bastet est souvent représentée avec un panier dans lequel reposent ses petits. Les chatons symbolisent l’amour maternel de la déesse. De même, elle protège les nouveau-nés. Pour s’assurer sa protection, une entaille s’effectue dans le creux du bras du nourrisson où l’on verse quelques gouttes du sang du compagnon à moustaches.

Dans les sanctuaires, les statues de chats remplacent celles des lions, autrefois consacrés à Sekhmet. Bastet repousse également les maladies contagieuses et préserve les hommes des mauvais esprits.

Femme aux pupilles changeantes

Bastet surveille les mauvais esprits
Bastet veille sur la barque de Râ.

Le rapport entre la déesse Bastet et le Soleil transparaît dans les yeux du chat. En fonction de l’intensité de la lumière, ses pupilles changent de formes. Elles se réduisent à une simple fente verticale en pleine clarté.

La nuit, le chasseur à quatre pattes utilise une membrane réflectrice derrière sa rétine, pour voir dans l’obscurité. Ses yeux luisent dans le noir. Bastet, elle, chasse les ténèbres qui, sous la forme du dieu-serpent Apophis, tentent de renverser la barque de Râ, chaque soir après l’accomplissement de son parcours diurne sur le monde.

Adoratrice des chats

Maîtresse des chats, Bastet participe à les rendre sacrés auprès du peuple du Nil. Pour lui remettre des offrandes, les adorateurs nourrissent ces animaux familiers des meilleurs aliments. Ils les gardent dans leur habitat pour leurs qualités de chasseurs de rats et ainsi leur rôle dans la préservation des récoltes et l’éloignement de la peste.

À la mort d’un chat domestique, les hôtes de la maison se rasent les sourcils pour signifier leur peine. Comme le pharaon, la bête est embaumée. Sa momie, enterrée dans une nécropole, comporte des couleurs qui représentent son pelage et ses yeux.

En outre, on attribue au petit félin la capacité d’éteindre le feu. La légende raconte qu’il bondit dans les flammes, ce qui estompe subitement l’incendie.

Au travers de sa nouvelle Les Chats d’Ulthar, H.P. Lovecraft redonne à cet animal tout le pouvoir qui lui était accordé dans l’Antiquité.

Découvrir l’histoire des chats d’Ulthar

Caractéristiques et attributs de la déesse égyptienne Bastet

La déesse Bastet de l'Egypte ancienne

  • Fonctions : déesse des chats, des bienfaits du soleil, de la joie, de la musique, de la danse, de l’amour maternel et du foyer ; une des incarnations de l’œil de Râ.
  • Parenté : Fille de Râ, sœur de Sekhmet, Hathor et Maât.
  • Attributs : chat, croix Ankh, sceptre, bijoux, sistre, égide.
  • Pouvoirs : se transformer en Sekhmet, repousser les maladies contagieuses et les esprits malveillants.
  • Territoire : Égypte.

Sources :

  • Dictionnaire des Mythologies de Myriam Philibert, 1998.
  • Encyclopédie Atlas de la mythologie des Éditions Atlas, 2003.
  • Mythologies du monde entier de Roy Willis, 1993.
  • Sphinx, les gardiens de l’Égypte, exposition de 2006.

Les Chats d’Ulthar

Les Chats d’Ulthar est le titre d’une nouvelle de H.P. Lovecraft, parue en 1926. Dans ce récit, les habitants d’Ulthar s’en tiennent à une règle : « aucun homme n’a le droit de tuer un chat ». En effet, les félins, guidés par la vengeance, se sont révélés redoutables. À travers cette histoire, l’auteur nous rappelle les différentes représentations du chat.

Chats-Ulthar
Chats d’Ulthar représentés par Frej Agelli

Mystérieux animaux de compagnie

Amour et Haine

À Ulthar, les chats vivent en harmonie avec les villageois. Seul un couple de vieux paysans les considère comme des indésirables. Les citoyens n’osent s’approcher de ces marginaux. Leur visage, creusé de rides terrifiantes, suffit à les en dissuader.

Dans leur chaumière, dissimulée sous des chênes centenaires, derrière une cour abandonnée, les deux étranges personnages piègent et tuent les animaux de compagnie de leurs voisins. Personne n’est prêt à leur porter accusation. Mieux vaut plutôt éviter que son compagnon à quatre pattes erre dans le coin.

Chat noir

Un jour, une caravane d’étrangers venue du sud s’installe dans le village. Les voyageurs à la peau sombre intriguent les habitants. Sur la place du marché, ils prédisent la bonne aventure et dépensent leur argent contre des colliers de verroterie.

Chat-Noir
Chat noir

Puis, ils réalisent de curieuses prières. Et que dire des étranges silhouettes peintes sur leurs roulottes ? On y voit des humains avec des têtes de béliers, de chats, de faucons ou encore de lions. D’ailleurs, le chef de cette expédition porte un bonnet décoré d’une paire de cornes et d’un cercle.

 

L’un d’eux, Ménès est un petit orphelin. Il se montre inséparable de son chaton noir. Mais au troisième matin, son ami disparaît. Les villageois lui parlent du couple isolé et de leur haine des félins. Alors l’enfant tend les bras vers le soleil et récite une prière. Bientôt, les nuages prennent de curieuses formes. Le soir venu, les vagabonds quittent Ulthar.

La malédiction des chats

Le lendemain matin, tous les chats demeurent introuvables. Kranon, le maire, accuse les voyageurs de les avoir enlevés pour venger la peine de Ménès. Pour Nith, le notaire, le couple haineux doit encore avoir joué un mauvais tour.

Le jour suivant, à l’aube, tous les familiers réapparaissent. Pendant deux jours, ils refusent de manger leur pâtée ou de boire leur soucoupe de lait. Une semaine plus tard, leurs maîtres se rendent compte que la chaumière des époux maléfiques reste plongée dans le noir.

Accompagné de Shang, le forgeron et de Thul, le tailleur de pierres, Kranon, non sans peur, va voir ce qui se passe dans la maisonnette. Il y trouve deux squelettes parfaitement nettoyés et un grand nombre de scarabées étranges qui grouillent à travers la pièce. Les animaux domestiques semblent s’être livrés à un terrible festin, de quoi être victime d’ailurophobie ! Depuis, plus personne n’a le droit de tuer un chat à Ulthar.

Découvrir d’autres histoires de chats maléfiques.

Représentations du chat

Animal sacré

Bastet-déesse-égyptienne-chatte
Bastet, déesse égyptienne à tête de chat

Dans son récit, Lovecraft, qui adorait les chats, rappelle leur nature divine. En Égypte ancienne, ils étaient l’égal d’un dieu. Ils passaient pour manger les chagrins et, après leur mort, bénéficiaient de l’honneur de la momification.

L’une des divinités les plus appréciées de ce peuple antique est Bastet. Elle présente les traits d’une chatte. Solaire, elle personnifie les bienfaits de l’astre lumineux.

Découvrir l’histoire de la déesse égyptienne Bastet

Notons dans la nouvelle une référence au premier homme à avoir régné sur l’Égypte, Ménès. Le nom de Narmer, son prédécesseur lui est parfois attribué.

Cousin du lion

Si la déesse Bastet se montre de nature pacifique, elle garde en elle une autre personnalité, celle de Sekhmet. Cette dernière possède les caractéristiques d’une lionne et symbolise les ravages du Soleil. Violente, elle propage une puissance de feu destructif.

Lovecraft mentionne le chat comme roi de la jungle. En effet, il appartient à la même famille que le redoutable lion, celle des Félidés. Son caractère sauvage ne doit pas être oublié.

Sphinx
Le sphinx, monstre à corps de lion, parent du chat

Le sphinx est un autre de ses parents. Monstre à corps de lion et à tête humaine, il garde l’entrée des sanctuaires et représente le pharaon. Dans la mythologie grecque, la sphinge est son équivalent féminin et dévore les voyageurs incapables de résoudre ses énigmes. Lovecraft précise que la chat demeure plus ancien et plus sage que cette créature.

Compagnon des sorcières

Au Moyen Âge, les chats semblent se doter d’un autre aura, celle du diable. Ils assistent au Sabbat, assemblée nocturne des sorciers. Le démon aime, lui-même, prendre l’aspect d’un félin.

Croiser un chat noir porte malheur. D’ailleurs, notre couple de paysans ne survivra pas à sa rencontre avec celui de l’histoire de Lovecraft…

Découvrir l’univers de Lovecraft.

Le petit +

Ghost Towns : les Chats d’Ulthar est un jeu PC d’objets cachés édité par Big Fish Games.

« À votre arrivée dans la ville d’Ulthar, vous découvrez que le procès d’un garçon pour le meurtre d’un couple âgé se déroule. Sa sœur clame son innocence et vous demande d’en trouver les preuves avant que le verdict ne tombe ! Parcourez la ville à la recherche d’indices sur la disparition du vieux couple et la raison pour laquelle ils capturaient les chats de la ville. Tentez de sauver Ménès d’une condamnation injuste, et découvrez pourquoi les chats sont considérés comme sacrés à Ulthar. »

Récapitulons les principales caractéristiques des chats d’Ulthar

  • Lovecraft-Chats-Ulthar
    H.P. Lovecraft, auteur des Chats d’Ulthar.

    Fonctions : Animaux de compagnie, instruments de la vengeance de Ménès.

  • Apparition : en 1926, dans la nouvelle éponyme.
  • Créateur : H.P. Lovecraft.
  • Parenté : les déesses égyptiennes Bastet et Sekhmet, le lion (famille des Félidés), le sphinx.
  • Représentations : divinités, rois de la jungle, compagnons des sorcières.
  • Culte : animaux sacrés en Égypte antique et maléfiques au Moyen Âge.

Sources :

  • Dictionnaire du diable, des démons et sorciers de Pierre Ripert, 2012
  • Les Chats d’Ulthar (The Cats of Ulthar), nouvelle de H.P. Lovecraft, 1926
  • Dictionnaire Illustré des Arts Divinatoires de Thomas Decker, 1999
  • Dictionnaire des Mythologies de Myriam Philibert, 1998
  • Dictionnaire de la Mythologie grecque et latine de Gilles Lambert et Roland Harari, 2000.

Ammout, la dévoreuse de cœurs

Les Anciens Égyptiens ne craignaient pas la mort, car elle promettait une nouvelle vie heureuse dans l’au-delà. Mais une chose les effrayait tout de même dans cet autre monde : la créature Ammout.

Ammout

Alors que le corps meurt sur terre, l’esprit de l’homme s’envole vers le continent des morts. Pour les Égyptiens, celui-ci ressemble à la vallée du Nil. Libérés de leurs douleurs, ils y séjournent, heureux, pour l’éternité.

Mais avant d’en arriver là, le tribunal des morts se chargeait de juger la vie terrestre du mortel. Ainsi, Anubis, dieu à la tête de chacal, récupérait le cœur du trépassé pour le peser sur la grande balance du Jugement. Le contrepoids s’effectuait à l’aide de la plume de la vérité. Si le cœur se trouvait plus léger que la plume alors le défunt pouvait séjourner dans l’au-delà. Mais s’il se révélait plus lourd, le monstre femelle Ammout, veillant sous la balance, se chargeait de le dévorer. Comme l’âme était contenue dans le cœur, l’esprit du défunt disparaissait pour toujours.

Ammout est un monstre femelle hybride. Elle possède la tête d’un crocodile, la crinière d’un lion, le corps d’un léopard et l’arrière-train d’un hippopotame. En fait, elle personnifie tous les animaux dangereux et réputés mangeurs d’hommes que les anciens Égyptiens connaissaient.

En fin de compte, Ammout a un rôle bénéfique puisqu’elle purge le monde divin des mauvaises âmes. Compagne d’Osiris, dieu des morts, elle en assure sa protection.

Symbole de la mort de l’âme, c’est-à-dire d’une mort définitive, Ammout ne fait l’objet d’aucun culte tant elle était redoutée. Mais sa présence permettait de prévenir le mal sur terre, pour ne pas finir dans sa gueule, et d’assurer une éternité peuplée d’âmes pures.


Sources :

Crédit Image :

Papyrus figurant dans le Livre des Morts, British Museum