Némésis : déesse de la justice distributive et de la vengeance divine

Déesse grecque de la justice distributive, Némésis personnifie peu à peu la vengeance divine. Ses origines remontent à la nuit des temps et ses visages se révèlent nombreux. De nos jours, elle demeure dans l’ombre, mais sa revanche plane sur notre monde.

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Némésis, déesse grecque de la justice distributive et de la vengeance divine

Une divinité vengeresse

Racines ténébreuses

La naissance de Némésis survient peu après la création du monde. Du Chaos primordial ont émergé des forces primitives, dont Nyx, l’inquiétante entité de la nuit. La descendance de cette dernière impressionne, grâce à sa capacité à se reproduire seule. Ce procédé se nomme la parthénogenèse.

La déesse nocturne ne néglige pas pour autant le mélange avec d’autres puissances fondamentales. Ainsi, elle s’unit avec Océan, Titan de la vaste étendue d’eau qui encercle le monde. De cette alliance naît Némésis. Comme son père, son action couvre la terre entière. Comme sa mère, on la redoute.

La noire justicière évoluera dans le désordre originel du néant, puis dans celui des Titans. Le panthéon des Olympiens, mené par Zeus (Jupiter, en latin), leur roi, apportera l’ordre dans l’univers. Némésis y trouvera sa place, car elle présageait déjà un ensemble de règles.

Punitions et récompenses

À la différence de Thémis, Titanide de la justice divine, Némésis s’intéresse aux crimes impunis par la loi humaine. L’arrogance et l’ingratitude sont ainsi jugées. Qu’importe que le délit soit perpétré par un roi ou un paysan, tous subissent le courroux de la sombre déesse.

La ministre des représailles sanctionne, en particulier, les offenses commises par les enfants à l’encontre de leurs parents. Mais elle récompense les valeureux et incarne une justice distributive. L’ordre universel se maintient de cette façon.

Du haut des Cieux, elle épie les mortels. Ses sentences apparaissent sévères, mais équitables. Nul ne reste à l’abri de sa répression. Dans les mythologies grecques et romaines, d’autres créatures pourchassent les criminels : les Érinyes (ou Furies). Elles s’attachent spécifiquement aux crimes familiaux.

Attributs implacables

Debout sur son char, la divine revancharde pose l’index sur sa bouche pour évoquer le silence. Ses symboles, une paire d’ailes et la roue, traduisent le passage éclair de la Fortune dans ce monde. De plus, la roue figure le supplice des pécheurs. La corde incarne son châtiment. D’une main, elle brandit une lance qui exécute sa sentence ; dans l’autre, elle tient un miroir pour dévoiler le vrai visage des coupables.

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Un griffon, compagnon de Némésis

Un cerf, figure d’une longue vie, lui sert de monture. Hybride entre le roi des oiseaux, l’aigle, et le maître des animaux, le lion, le griffon l’accompagne. Cet animal fabuleux reste également fidèle à Zeus et à Hélios, le dieu du Soleil. Les humains dédient à la redoutée Némésis l’oreille droite dont ils lui offrent la reproduction en argent. Le pommier demeure son arbre fétiche.

Pour le peuple des Étrusques, elle porte un diadème de pierres précieuses. Le narcisse la couronne aussi. Un voile dissimule son visage, métaphore de la vengeance impénétrable et de son intervention brutale chez les fauteurs qui se croient en paix.

 

Les multiples visages de la vengeance

Métamorphoses animales

Belle et mystérieuse, Némésis attire la convoitise de Zeus. Pour lui échapper, elle se transforme en castor, en poisson, puis en oie. À son tour, le seigneur de l’Olympe prend la forme d’un magnifique cygne et s’unit avec l’oiselle sauvage. Cet accouplement engendre la naissance de Tyché, dispensatrice de la chance et de la malchance. Au contraire de sa mère, elle distribue bienfaits et méfaits à l’aveugle.

Opportun, Zeus, sous l’apparence de l’oiseau majestueux, aperçoit la sublime reine de Sparte, Léda. Elle se baigne dans le fleuve Eurotas, situé dans la région de Laconie, en Péloponnèse. Le foudroyant immortel ordonne à la déesse de l’amour, Aphrodite (Vénus chez les Romains), de se changer en aigle et de le poursuivre. Le cygne se réfugie dans les bras de Léda et en profite pour la séduire. Neuf mois plus tard, elle accouchera de deux œufs. De l’un sortiront Pollux et Hélène, enfants de Zeus ; de l’autre apparaîtront Castor et Clytemnestre, descendants de Tyndare, le roi spartiate.

Reflets narcissiques

Avec son miroir, dénonciateur des coupables, Némésis va plus loin dans la punition de Narcisse, un garçon d’une beauté exceptionnelle. La vanité du jeune homme repousse toutes ses prétendantes. Après avoir été rejetée par l’éphèbe, l’Oréade (nymphe des montagnes et des grottes) Écho se laisse dépérir.

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Némésis punit Narcisse

Les sœurs de la malheureuse esseulée se plaignent auprès de la déesse de la vengeance qui amène le bourreau des cœurs à apercevoir son reflet dans une fontaine. Aussitôt, il tombe amoureux de son image et se noie pour la rejoindre. Chloris, maîtresse des fleurs, le change en une fleur blanche odorante, le narcisse. Depuis, une personne narcissique désigne un individu qui éprouve un amour excessif pour son image.

En savoir plus sur Chloris, nymphe de la flore

 

Surnoms de la justice punitive

La fatale Némésis se confond avec Adrastée, fille de Zeus et d’Anancé, la Nécessité aux mains de bronze. Selon les Égyptiens, cette furie juge les criminels du haut de la lune. Dotée d’ailes, elle abat sa fureur sur les mortels. Elle porte une couronne rehaussée d’une corne de cerf. Outre sa ressemblance, Némésis prend le nom d’Adrastée en raison d’Adraste, le premier à lui avoir dédié un temple.

Avec Thémis, elle partage le surnom d’Ichné, « qui marche sur les traces », car elle ne se trouve jamais loin derrière les pas des humains répréhensibles. Un autre de ses noms, Rhamnusia, se réfère à sa statue située à Rhamnus, cité de l’Attique.

L’héritage de Némésis

Statue controversée

La statue de Némésis à Rhamnus émerge d’un concours entre Agoracrite et Alcamène, disciples du sculpteur Phidias. Les Athéniens, sensibles à la beauté, désirent une vénus, statuette pleine de grâce, pour leur cité. Dès lors, Alcamène, originaire d’Athènes, s’attelle à sculpter une version d’Athéna (Minerve, en latin), protectrice divine de la ville. Agoracrite, lui, se tourne vers Aphrodite (qui porte d’ailleurs le nom romain de Vénus) pour servir de modèle.

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Vestiges du temple de Némésis à Rhamnus

D’un seul bloc du plus marbre de Paros, île de la mer Égée et patrie d’Agoracrite, l’artiste crée une sculpture éblouissante. Mais le peuple lui préfère l’œuvre de son concurrent, enfant de la cité. Cette injustice se paie lorsque les habitants, subjugués par la représentation de la déesse de l’amour, veulent à tout prix la garder. Le perdant y consent à la condition que son travail ne soit pas exposé à Athènes. Pour marquer sa revanche, il modifie le visage d’Aphrodite par celui de Némésis. Les attributs deviennent une couronne surmontée de petites figures de cerfs et de victoires, et une branche de pommier tenue dans une main. La statue est placée à Rhamnus, autre cité de l’Attique. Face à sa grandeur, un temple se construit pour l’entourer.

À Rome, un autel est consacré à Némésis. Les guerriers, avant une bataille, lui immolent des victimes et lui offrent leur glaive. Les Némésées, fêtes funèbres, se célèbrent en son honneur, car elle veille sur les cadavres et punit ceux qui les souillent.

Sombre jumelle du Soleil

De nos jours, Némésis prête son nom à une étoile noire hypothétique. Elle serait dissimulée dans l’ombre du Soleil et orbiterait autour de lui. Tous les 26 millions d’années, l’astre maléfique provoquerait une catastrophe sur Terre lorsqu’il demeure au plus proche du Soleil.

En effet, une sphère de comètes, le nuage d’Oort, entoure notre système solaire. L’étoile sombre occasionnerait des perturbations gravitationnelles à l’origine de la chute de comètes sur la planète bleue. Cette théorie, émise dans les années 80 par Richard A. Muller, reste toujours une hypothèse.

En savoir plus sur l’étoile Némésis (en anglais)

Synthèse de l’article en français

Pire ennemie

Le mot « Némésis » signifie la fatalité. Dans la langue française, il devient synonyme de colère et de vengeance divine.

Un némésis s’emploie de plus en plus dans le langage courant comme la désignation de son pire ennemi. D’ailleurs, dans le jeu vidéo de survival-horror Resident Evil 3, le Nemesis est un monstre destiné à éliminer les S.T.A.R.S., unité spéciale de police, dont fait partie Jill Valentine, l’héroïne. Seul l’aspect vengeur de Némésis semble perdurer à notre époque.

 

Récapitulons les principales caractéristiques de la déesse grecque Némésis

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Lance, pomme, griffon, roue, font partis des symboles de la divinité
  • Fonctions : justice distributive et vengeance divine.
  • Étymologie : fatalité.
  • Parenté : Fille de Nyx, la Nuit, et du Titan Océan.
  • Descendance : Tyché, la Fortune, avec Zeus.
  • Attributs : paire d’ailes, roue, corde, lance, miroir révélateur, char, cerf, griffon, oreille droite, pommier, narcisse, voile.
  • Capacités : don de métamorphoses, révélation des vrais visages.
  • Autres noms : Adrastée, Ichné, Rhamnusia.
  • Fêtes : les Némésées.
  • Culte : statue et temple à Rhamnus.
  • Aujourd’hui : hypothétique sœur jumelle du Soleil, désignation de son pire ennemi.

 

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Sources :

  • Dictionnaire de la mythologie grecque et latine de Gilles Lambert & Roland Harari, 2000
  • Dictionnaire de l’Académie française
  • Dictionnaire des Mythologies de Myriam Philibert, 1997
  • Cours de mythologie d’Alexandre Lefranc, 1829
  • Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des Arts et des Métiers de Denis Diderot et Jean le Rond d’Alembert, 1772
  • Dictionnaire des Symboles de Jean Chevalier, 1969
  • Dictionnaire de la Fable ou Mythologie de François Noël, 1803
  • L’Univers et ses Mystères n°111 : Némésis, la jumelle maléfique du Soleil de Showshank films, 2013

 

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Clytie, la nymphe amoureuse du Soleil

La belle Clytie rayonne d’amour pour le dieu du Soleil, Hélios. Quand celui-ci se détourne d’elle pour la princesse Leucothoé, la jalousie l’emporte. Les deux rivales connaîtront toutes les deux un sort tragique et une métamorphose liée à l’astre du jour.

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Océanide des eaux glorieuses, Clytie est la fille d’Océan et de Téthys. Lors de sa course pour propager la lumière sur la terre, Hélios l’aperçoit et nourrit une passion brûlante partagée.

Tout bascule le jour où Hélios, surnommé « celui qui voit tout » surprend Aphrodite, la déesse de l’amour, dans les bras de son amant Arès, le dieu de la guerre. Aussitôt, il s’empresse d’avertir Héphaïstos, l’époux de la déesse. Aphrodite, contrariée par les révélations d’Hélios, lui inspire une passion pour la princesse de Perse, la belle Leucothoé.

Habituée à recevoir les rayons réconfortants d’Hélios, Clytie s’étonne de l’absence de son amant. Elle découvre que le dieu solaire l’a délaissée pour Leucothoé. Folle de jalousie, elle dénonce sa rivale auprès de son père, le roi Orchame.

Outré par le comportement de sa fille, le roi prend une décision radicale : pour empêcher Hélios de voir Leucothoé, il ensevelit la princesse vivante durant la nuit ! Au petit matin, le dieu constate, avec tristesse, la mort de sa bien-aimée. Il verse, pour l’honorer, un nectar parfumé sur la terre qui recouvre sa dépouille. Bientôt, le corps de la pauvre princesse se transforme en un arbre qui émet du parfum lorsqu’on le brûle. L’arbre à encens, qui pousse même dans des zones très ensoleillées, vient de naître.

Après la mort de sa rivale, Clytie espère retrouver les faveurs du dieu. Indigné par son geste, Hélios délaisse la nymphe et la prive de sa lumière. Clytie, désespérée, s’isole des autres océanides et erre dans le désert. Pendant neuf jours, elle reste sans manger ni boire, fixant la course du Soleil.

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Par pitié, Hélios finit par métamorphoser Clytie en une fleur. Sous cette forme, la nymphe continue de tourner son regard vers Hélios. Cette fleur prit le nom de tournesol et est qualifiée d’héliotrope, ce qui signifie qu’elle suit la rotation du Soleil. Les Anciens racontent que le tournesol fait mourir l’arbre à encens.

 

Tout comme Hélios a porté son regard sur elle, Clytie reste à jamais tourné vers celui qu’elle aime.

 

Le petit +

Le tournesol est aussi appelé l’herbe de Clytie.


Sources :

  • Dictionnaire de la mythologie grecque et latine de Gilles Lambert & Roland Harari, 2000
  • Cours de mythologie d’Alexandre Lefranc, 1829
  • La mythologie et les fables expliquées par l’Histoire de Briasson, 1738
  • Mythologie grecque et romaine ou Introduction facile et méthodique à la lecture des poètes de Jean Humbert
  • Traité de mythologie ou explication de la fable par l’histoire et les hiéroglyphes de Jean-Jacques Lionnois, 1808

Crédit Images :

  • Clytie par Louis Welden Hawkins
  • Helios and Clytie par Melinda McCarthy, 2015

Carpo, la déesse de l’automne

Dans la mythologie grecque, quatre belles déesses, les Heures célestes, régissent les saisons. Parmi elles, Carpo règne sur l’automne et assure la fructification. Bien au-delà de cette période entre l’été et l’hiver, son empreinte s’étend sur notre langage.

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Contrairement aux Heures terrestres, filles de Zeus organisant la vie humaine, les Heures célestes, plus anciennes, descendent d’Ouranos, le Ciel, et de Gaïa, la Terre. Elles assurent l’ordre de la nature. Ainsi, Auxo s’occupe du printemps et de la croissance des végétaux. L’été et la floraison reviennent à Thallo, suivie de Carpo pour l’automne et la fructification. La dernière, Hora, représente l’hiver.

Ces déesses se distinguent par leur beauté. Après une blessure infligée par son fils, le titan Cronos, Ouranos s’exile au ciel et fomente sa vengeance. Il envoie les Heures pour séduire leur frère et l’assassiner. Cependant, le piège d’Ouranos se retourne contre lui : Hora tombe amoureuse de Cronos, représentation du Temps, bientôt suivie par ses trois autres sœurs.

Lorsque le Titan tombe face à son fils Zeus, les Heures rejoignent le camp du vainqueur. Le nouveau Roi des dieux leur confie le soin de veiller sur son palais et d’ouvrir et de fermer la porte céleste, c’est-à-dire d’écarter ou de rapprocher l’épais nuage situé au-dessus du mont Olympe. C’est en particulier Carpo qui occupe cette fonction et garde un œil sur le chemin menant à la demeure des divinités.

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Carpo assiste également Perséphone, la déesse de la germination devenue Reine des Enfers, Héra, l’épouse de Zeus, ou encore Aphrodite, la déesse de l’amour et de la beauté. Elle-même gracieuse, Carpo n’a rien à envier à ces déesses. Elle porte une tunique aux tons de la feuille de vigne sous une draperie, couleur de sang, référence au vin nouveau. Une couronne de grappes de raisins et de pampre, branche de vigne avec ses feuilles, ses vrilles et ses fruits, sublime ses cheveux roux. Son lien avec la vigne la rapproche de Dionysos, dieu du vin, dont elle est une compagne.

Dans ses mains, la déesse automnale, responsable des récoltes et vénérée par les agriculteurs, transporte un panier rempli de fruits. D’ailleurs, son nom signifie « fruit ». Il constitue l’origine de mots entrés dans notre langage comme la carpologie, science qui étudie les fruits et les graines, le carpophage, un pigeon frugivore ou encore le carpelle, pièce florale qui constitue l’organe femelle des plantes. Un satellite de la planète Jupiter (Zeus, en latin) porte le nom de Carpo.

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Le petit +

En alchimie, l’automne correspond au temps de maturation du Grand œuvre, c’est-à-dire à la réalisation de la pierre philosophale, substance capable notamment de changer le plomb en or. La déesse Carpo symbolise de même la maturation.


Sources :

  • Dictionnaire universel de mythologie ancienne et moderne de Jacques Migne, 1855
  • Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des Arts et des Métiers de Denis Diderot et Jean le Rond d’Alembert, 1772
  • Mythologie pittoresque de Joseph Odolant-Desnos, 1839

Crédits images :

  • La déesse de l’automne, illustration de Ravven, en 2013
  • Avenue de l’automne de jplenio sur Pixabay
  • Feuille d’automne sur un banc, photographie personnelle prise le 08 octobre 2018

Triton, le dieu du mugissement de la mer

Dieu grec marin, Triton sillonne la mer, avec sa conque, sous l’aspect d’un être mi-homme, mi-poisson. Il se montre bienveillant avec certains, mais sans pitié avec d’autres, tout comme la mer possède des humeurs changeantes. Son nom a laissé son empreinte sur notre monde.

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Triton soufflant dans sa conque marine.

Le plus gros satellite de la planète Neptune ne se nomme pas par hasard Triton. En effet, Neptune est l’appellation romaine du dieu grec Poséidon qui règne sur la mer. Triton n’est autre que le fils de ce dernier et de son épouse, la néréide [nymphe de la mer] Amphitrite.

D’ailleurs, il remplit rapidement le rôle de messager de son père, comme Hermès est le messager de son père Zeus, le Roi des dieux. Triton séjourne dans le palais doré et sous-marin de son père. Un jour qu’il parcourt la mer dont il contrôle l’humeur, il remarque un énorme coquillage sur une plage. Après l’avoir vidé, il en fait une conque marine.

Très vite, il concentre son pouvoir dans la conque pour émettre des sons qui apaisent les vents maritimes et calme la mer. Poséidon, souhaitant rappeler les eaux du Déluge, lui demande de se servir de son instrument pour retirer ces eaux. Lors de la Gigantomachie, guerre entre les Dieux et les Géants, Triton s’arme de son coquillage pour effrayer ses adversaires. Les monstres gigantesques pensant entendre l’arrivée d’une bête bien plus féroce qu’eux préfèrent fuir. Triton symbolise ainsi les bruits marins et devient le dieu du mugissement de la mer.

Triton et ses parentsPoséidon lui accorde aussi un nouveau rôle, celui de trompettiste. Ainsi, Triton annonce l’arrivée du char de son père à la surface des eaux. Il obtient son propre char, sous la forme d’un immense coquillage, traîné par de magnifiques chevaux bleuâtres possédant des pinces d’écrevisse, un symbole de sa mère Amphitrite.

Pour le jeune dieu couronné d’algues et de coraux, le temps est venu de prendre large. Il s’installe au fond d’un lac, en Libye [une contrée de l’Afrique] où il tombe amoureux de la gardienne qui le protège : Tritonis. Celle-ci appartient à une trinité de nymphes, vêtues d’une cape en peau de chèvre, qui veille sur les régions sauvages de la Libye, surnommée « le pays des bêtes sauvages ».

C’est près du lac Tritonis que le Roi des dieux, Zeus, se trouve affligé de maux de tête, après avoir avalé sa première femme Métis, par peur de la puissance de l’enfant qui allait naître de leur union. Face à la douleur, il commande à son fils Héphaïstos, dieu-forgeron, de lui fendre le crâne ! La surprise est de taille, car c’est une déesse armée de la tête aux pieds qui en jaillit : Athéna, déesse-guerrière de la sagesse.

Triton et Tritonis se chargent de l’éducation de la jeune déesse ; Zeus ne souhaitant pas attiser davantage la jalousie de sa femme actuelle, la colérique Héra. Ils l’élèvent comme leur propre fille, Pallas, qui devient rapidement l’amie d’Athéna. Mais lors d’un entraînement au combat, la déesse de la sagesse commet l’irréparable en blessant mortellement sa sœur de cœur. Pour lui rendre hommage, elle construit une statue en bois à son effigie qu’on nommera le Palladium. Cette œuvre avait le pouvoir d’empêcher l’envahissement d’un lieu. C’est pourquoi Zeus offrit la statue de Pallas à Dardanos, le fondateur de la ville de Troie pour assurer sa protection.

Une autre fille de Triton, Triteia, se révèle une guerrière également et devient la prêtresse d’Athéna, puis la protectrice de la cité qui prit son nom. Le dieu de la guerre, Arès, se laisse séduire par cette nymphe sauvage.

Les Tritonides, d’autres filles du dieu marin, se mettent au service de Galatée, néréide des mers calmes. Elles guident les quatre dauphins qui transportent la nymphe et représentent le côté bienveillant de leur père. En effet, Triton n’hésite pas à secourir les naufragés.

C’est le cas quand le héros Jason et ses coéquipiers, les Argonautes, tentent de rentrer en Grèce, après une expédition pour retrouver la légendaire Toison d’or. Empêtré dans le désert libyen, l’Argo, le navire de l’équipe, reçoit d’abord l’aide des trois gardiennes, puis de Triton, qui prend l’apparence d’un mortel nommé Eurypolos, pour ne pas les effrayer. Le dieu leur offre l’hospitalité, mais Jason et ses amis sont pressés de rejoindre leur pays.

Le dieu use alors de toute sa puissance pour remettre à flot l’Argo dans la bonne direction. Avant les adieux, il offre une motte de terre à Euphémos, l’un des matelots, lui aussi fils de Poséidon. Celui-ci, intrigué par cet étrange cadeau, rêve, pendant le voyage du retour, que la motte prend la forme d’une belle nymphe. Il s’unit à elle et elle lui déclare que, grâce à lui, elle apparaîtra au grand jour et accueillera sa descendance.

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Triton utilise sa conque pour contrôler les vents et la mer.

Troublé, le matelot se confie à Jason. Le chef de l’équipage comprend très vite qu’il s’agit d’une prophétie et que Triton a offert un cadeau inestimable à son demi-frère. Il suggère à son ami de jeter la motte à la mer. Euphémos s’exécute aussitôt et voit surgir des flots une magnifique île : Calliste qui n’est autre que la fille de Triton et de Libye, l’esprit de cette contrée sauvage. Le matelot vient de trouver son âme-sœur et sa descendance pourra vivre en paix sur ce bout de terre. L’île de Calliste prendra, plus tard, le nom de Théra, puis, aujourd’hui, de Santorin. Elle se situe dans la mer Égée, en Grèce.

Triton possède un côté sanguin comme son père Poséidon. Ainsi, les habitants de Tanagra, ancienne cité grecque, redoutent le dieu depuis qu’ivre, il a violenté des femmes lors d’une cérémonie consacrée à Dionysos, le dieu du vin. Ce dernier interviendra pour tenter de le raisonner.

Misène, un mortel véritable virtuose de la trompette, se confronte à la jalousie et au courroux de Triton lorsqu’il se vante d’être meilleur musicien que les divinités marines. La réaction du dieu ne se fait pas entendre : il jette Misène dans la mer et le laisse se noyer.

L’héritage de Triton est assuré avec sa descendance masculine nommée simplement les Tritons. Accompagnant le cortège de Poséidon ou d’autres divinités marines, ils se servent, comme leur père, d’une conque pour annoncer l’arrivée des chars aquatiques.

Triton fontaineCes Tritons possèdent une queue de poisson, mais des écailles, des branchies et des dents animales. Leurs yeux et leurs cheveux sont verts de mer. Ils ont la capacité de contrôler les vents. D’ailleurs, en architecture, ils servaient de modèles pour créer des girouettes au sommet des temples. Les Tritons deviennent les équivalents masculins des sirènes et s’utilisent comme statues dans les fontaines.

Le petit +

Deux animaux portent le nom de Triton : un petit amphibien de la famille des salamandres et un mollusque marin. Ce dernier se nomme le Triton géant, car sa coquille en spirale est de très  grande taille. Elle rappelle la conque.

Triton animal
Triton a aussi donné son nom à un petit amphibien.

Sources :

  • Description générale de l’Afrique de Bechet, 1660
  • Dictionnaire des Symboles de Jean Chevalier, 1969
  • Dictionnaire de la Fable ou Mythologie de François Noël, 1803
  • Dictionnaire de la Mythologie grecque et latine de Roland Harari et de Gilles Lambert, 2000
  • Dictionnaire mythologique universel d’E. Jacobi
  • Encyclopédie « Atlas de la Mythologie » de Mativox et Fateh Kimouche
  • Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des Arts et des Métiers de Denis Diderot et Jean le Rond d’Alembert, 1772
  • Encyclopédie méthodique : Antiquités, Mythologie, Diplomatique des Chartes et Chronologie d’Antoine Mongez, 1786
  • Nouveau Dictionnaire de la Conversation d’Auguste Wahlen
  • République des Champs Elysées ou Monde Ancien de Charles de Grave
  • Le site : http://www.theoi.com/

Crédits photos & images :

  • Mosaïque représentant Triton et sa conque au Bardo National Museum
  • Triton photographié par Piet Spaans, 2007

Améthyste, la nymphe cristallisée

Variété précieuse de quartz, la pierre améthyste tire son origine d’une nymphe du même nom. Le mot provient du grec « methuein », qui signifie « s’enivrer », et précédé d’un « a » privatif. En effet, les Anciens racontaient que l’améthyste possédait la faculté d’empêcher l’ivresse. L’histoire de la nymphe Améthyste fait d’ailleurs intervenir Dionysos, le dieu du vin…

Améthyste pierre

La belle Améthyste se rend joyeusement au temple d’Artémis, déesse de la chasse, lorsque Dionysos l’aperçoit. Ivre, le dieu du vin se montre très entreprenant avec elle. La nymphe, refusant ses avances, court aussi vite qu’elle peut pour lui échapper. Cependant, le dieu la poursuit inlassablement. En dernier recours, elle implore Artémis.

Lorsque Dionysos l’attrape, Améthyste reçoit l’aide de la déesse vierge. Celle-ci la transforme en un cristal dur et froid. Dépité, le dieu déverse son vin sur le minéral qui se teint en violet. Le sommet de la pierre, par lequel Dionysos a fait couler son vin, reste, depuis, plus coloré.

Sobre, Dionysos éprouve des regrets. Il procure alors à la pierre le pouvoir de dissiper l’ivresse. Au fil du temps, l’améthyste absorbe d’autres propriétés magiques et médicinales. Les démons, cauchemars, fièvres et mauvaises pensées sont repoussés par sa présence.  Elle clarifie l’esprit, apaise les émotions, développe l’intuition et contribue à la sagesse.

Améthyste pendule

Elle possède des facultés plus étonnantes comme de réduire une incarcération, de favoriser la richesse ou de rendre humble. D’ailleurs, la tradition chrétienne l’associe à la couleur de la violette, symbole de l’humilité. Elle protège de la sorcellerie, si les figures de la Lune et du Soleil sont gravées dessus et qu’on la porte au cou avec des duvets de paon et des plumes d’hirondelle. Placée sous l’oreiller, elle procure des rêves doux et prémonitoires.

En accumulant toutes ces énergies mystiques, la nymphe Améthyste trouve le moyen de se faire entendre à travers la pierre transparente. En l’arrosant d’eau et en l’approchant d’un aimant, elle répond aux questions de son possesseur. Pour cela, elle adopte la voix de l’enfant qui sommeille en la personne.

Nymphe effacée aux origines oubliées, Améthyste n’a gardé que trois choses, à la suite de sa transformation en pierre : sa transparence, sa beauté et la marque de Dionysos. Si sa propriété première se limitait à préserver de l’ivresse, elle a accumulé, au fil du temps, de nombreux pouvoirs la rendant incontournable.

Le petit +

Le magnifique étourneau améthyste (Cinnyricinclus leucogaster) présente des plumes aux couleurs de cette pierre.

Violet-backed Starling, Cinnyricinclus leucogaster, at Pilanesbe


Sources :

  • Dictionnaire de la Fable ou Mythologie de François Noël, 1803
  • Dictionnaire des pierres précieuses fines et ornementales d’Encyclopedia Universalis, 2015
  • Dictionnaire des Symboles d’Alain Gheerbrant, 1990
  • Dictionnaire des Sciences occultes de Jacques Collin de Plancy, 1848
  • The Curious Love of Precious Stones de George Kunz, 1913
  • Dictionnaire des pierres magiques et médicinales de Claude Lecouteux

Crédit images :

  • Pierre Précieuse Cristal par Aurelien_L sur Pixabay
  • Pendule d’Améthyste par VisualizarteCreativa sur Pixabay
  • Violet-backed Starling, Cinnyricinclus leucogaster par Derek Keats

Cerbère, le gardien des Enfers

Bienvenue en Enfer ! Dans la mythologie grecque, un monstre terrifiant y garde l’entrée : le chien Cerbère. Avec ses trois têtes, il veille au passage des défunts dans le royaume infernal et ne les autorise plus à repartir. Pourtant, certains héros ont réussi l’impossible…

Cerbère

Les chiens ne font pas des chats ou, plutôt, les monstres ne font pas des licornes. Ainsi, Cerbère est l’un des enfants du premier monstre, Typhon, qui effraie même les dieux et d’Échidna, la « mère des monstres » à corps de vipère. Ce chien infernal se distingue par ses trois têtes utiles pour garder des yeux partout sur l’entrée des Enfers. Noirs sont ses crocs tranchants et son corps colossal terminé par une queue de dragon. Des serpents surgissent de ses trois cous. Comme tous les chiens, il a juré fidélité à son maître. Le sien s’appelle Hadès, dieu régnant sur le royaume souterrain.

Couché dans son antre, Cerbère autorise les âmes défuntes à entrer aux Enfers et interdit l’accès aux vivants. D’ailleurs, son nom est passé dans le langage courant pour désigner un gardien implacable. De toute façon, qui voudrait se rendre en Enfer ? Et bien, plusieurs héros se sont confrontés au chien monstrueux pour y descendre. Malgré son imposante présence, Cerbère possède un point faible…

Symbole de la terreur de la mort, Cerbère représente plus précisément l’enfer intérieur propre à chaque être humain. Cela signifie que chaque mortel peut l’affaiblir en utilisant sa plus grande capacité.

Psyché et Cerbère

Lorsqu’il perd sa femme Eurydice, mordue par un serpent, le musicien et poète Orphée descend aux Enfers pour la ramener sur terre. En jouant de sa lyre, il envoûte l’animal qui baisse sa garde. La princesse Psyché, amante du dieu de l’amour Éros, a une tout autre approche. Chargée par Aphrodite, déesse de la beauté, de rapporter le charme de la Reine des Enfers Perséphone, elle amadoue Cerbère avec un gâteau au miel qui reflète sa douceur.

Le héros Héraclès (Hercule en latin) utilise ,lui, sa force légendaire pour vaincre le monstre. Lors de son douzième travail, il doit amener Cerbère sur terre, devant son cousin Eurysthée, roi de Mycènes qui lui dicte ses travaux à accomplir. Héraclès descend aux Enfers et saute sur le chien infernal. La lutte s’annonce terrible. Puis le héros prend l’avantage en serrant le cou de l’animal. Pour sauver Cerbère, son maître Hadès autorise le héros à le remonter à la surface.

La lumière du jour acerbe la rage de Cerbère. Sa bave noire toxique se répand sur le sol et donne naissance aux aconits. Ces dernières s’épanouissent en fleurs violettes, mais se révèlent très vénéneuses. Les magiciennes s’en servent alors pour concocter leurs philtres et les archers pour empoisonner leurs flèches.

Devant l’immensité de Cerbère, Eurysthée s’enfuit de panique. Héraclès a accompli sa dernière tâche. Il ramène le chien infernal dans le monde souterrain où il y séjourne depuis.


Sources :

  • Dictionnaire des Mythologies de Myriam Philibert, 1997
  • Dictionnaire de la mythologie grecque et latine de Roland Harari et de Gilles Lambert, 2000
  • L’Encyclopédie du Merveilleux – Tome 2 : du bestiaire fantastique d’Édouard Brasey, 2006.
  • Dictionnaire des Symboles d’Alain Gheerbrant, 1990
  • Encyclopédie ou Dictionnaire Raisonné des Sciences, des Arts et des Métiers de Denis Diderot et Jean le Rond d’Alembert, 1772

Crédit Image :

  • Cerberus par Todd Lockwood
  • Psyché et Cerbère par Edmond Dulac

 

 

Chloris, la déesse des fleurs

Simple nymphe, la belle Chloris s’épanouit en déesse des fleurs le jour où Zéphyr, le doux Vent de l’Ouest souffle dans sa direction. Son empire floral va alors s’étendre au-delà du monde grec et même toucher la mort.

Chloris

Au début des temps, les Titans Océan et Téthys règnent sur le monde des eaux. Ils engendrent 3 000 Fleuves et 3 000 Océanides, nymphes des océans. Chloris aurait pu devenir une de ces belles Océanides, mais son père Océan la conçoit avec une mortelle. Dès lors, Chloris ne veillera pas sur l’élément de la vie, l’eau, comme ses demi-sœurs, mais sur les îles Fortunées. C’est sur ces bouts de terre que séjournent les âmes vertueuses après leur mort, notamment celles des héros.

Tout change le jour où Zéphyr, le Vent de l’Ouest, souffle sur les îles Fortunées et aperçoit la nymphe. Le souffle coupé par sa beauté, le dieu est frappé en plein cœur. Lui qui demeure d’habitude si doux, prend l’exemple de son frère Borée, le rustre et froid Vent du Nord, et enlève Chloris, l’emmenant dans les airs.

Conscient de son acte, Zéphyr demande en mariage la nymphe pour officialiser leur liaison. Chloris accepte et son époux divin lui offre trois cadeaux exceptionnels. Tout d’abord, il insuffle l’immortalité à sa belle. Puis, il lui donne le pouvoir de faire fleurir les plantes. Enfin, il lui crée un jardin où pousse une fleur magique capable de rendre fertile, même une femme stérile.

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Devenue déesse des fleurs, Chloris forme un couple complémentaire avec Zéphyr. Ils réunissent les conditions favorables à une terre fertile et un climat avantageux. S’épanouissant de plus en plus, Chloris répand sur la terre différentes semences et y fait germer de nouvelles fleurs. Le cycle des fleurs qui commence par la dissémination des graines par le vent, assuré par Zéphyr, puis la floraison guidée par Chloris va se compléter avec l’enfant des deux amoureux : Carpos, le dieu des fruits. La famille tout entière participe au cycle floral.

Mais Chloris ne s’arrête pas là. Lorsque la mort frappe, elle cherche à l’embellir et à lui trouver un sens. Quand les jeunes Narcisse, Crocus ou encore Hyacinthe meurent tragiquement, les dieux appellent la déesse pour les transformer en fleur qui porte désormais leur nom. C’est aussi en tombant sur le corps sans vie d’une nymphe qu’elle a l’idée de s’en servir pour créer la reine des fleurs : la rose. Elle reçoit l’aide d’Aphrodite, déesse de l’amour, qui donne toute sa beauté à la fleur et de Dionysos, dieu du vin, qui la dote d’un délicieux parfum. Les trois Charites, déesses de la grâce, l’agrémentent de charme, de l’éclat et de la joie.

Les Charites participent également au tressage des fleurs pour former des couronnes que les divinités porteront. Les Heures célestes, déesses des saisons, se chargent de cueillir les fleurs dans le jardin de Chloris. Cette dernière était elle-même associée au printemps.

La déesse des fleurs offre également aux hommes le miel, en faisant appel à la violette, le cytise et le thym argenté, mais aussi aux insectes. Elle est la déesse de la floraison au sens large, car elle veille sur la jeunesse des hommes. Sans elle, la production des céréales, des légumes et des fruits serait amoindrie.

D’une nymphe discrète et réservée est née une déesse aux pouvoirs immenses. Chloris, surnomée la verdoyante, tire son nom du grec « khlôros » qui signifie « vert » et qui a donné aussi le mot « chlorophylle ». Son culte se répand jusqu’à Rome où elle est vénérée sous le nom de Flore.


Sources :

  • Fastes d’Ovide, vers 15 après J.-C
  • Petit Larousse illustré des mythes et des légendes de Philip Wilkinson, 2009
  • Mythologies : personnages et légendes du monde entier de Philip Wilkinson, 1999

Crédit image :

  • Détail du tableau « Le Printemps » de Sandro Botticelli, 15e siècle
  • Zephyrus wooing Flora d’Henrietta Rae, vers 1888
  • Flora d’Evelyn de Morgan, 1894