Jouvence : nymphe des eaux jeunes

Vous connaissez tous le mythe de la fontaine de Jouvence. Mais savez-vous qui se cache derrière le nom Jouvence ? Pour percer ce mystère, nous devons remonter au temps de la mythologie grecque, à la recherche d’une nymphe très discrète.

Jouvence, océanide des jeunes eaux

Nymphe de la jeunesse

Après bien des batailles, Zeus accède au trône de l’Olympe et règne sur l’ensemble des dieux. Il épouse sa sœur Héra, protectrice du mariage, qui lui donne plusieurs enfants, dont Hébé, déesse de la jeunesse. Ébloui par l’éclat de sa fille, le roi divin lui confie le soin de verser le précieux nectar aux immortels.

Si la jeunesse descend du maître des cieux, cela n’est pas un hasard. En effet, bien avant ses noces avec Héra, Zeus se met en tête de trouver une nymphe très mystérieuse, détentrice des secrets de la vitalité. Elle s’appelle Jouvence et, tout le monde se demande si elle existe vraiment.

La belle se cache, en fait, dans le vaste océan. Fille des Titans Océan et Téthys, Jouvence demeure l’océanide des eaux jeunes. Lorsque Zeus l’aperçoit, son cœur se remplit d’amour. Non seulement la nymphe lui révèle ses mystères, mais elle partage ses sentiments avec lui. Désormais, le secret de la jeunesse éternelle coule dans les veines de l’Olympien et se transmet à sa descendance.

Fontaine de Jouvence

Pour remercier la nymphe Jouvence, Zeus lui accorde de réaliser son vœu le plus cher. Elle choisit d’être encore plus difficile à trouver. Aussitôt, le roi des dieux exécute son souhait et la transforme en fontaine aux couleurs éclatantes et aux parfums revigorants. Elle sera, sous cette forme, plus inaccessible. Puis, il la dissimule dans un lieu confidentiel. On raconte qu’Héra s’y baigne chaque année pour recouvrer sa virginité.

Cairos, dieu des opportunités
Saisissez la mèche rousse de Cairos pour bénéficier d’opportunités !

Bien des années, après toutes les conquêtes amoureuses de Zeus, un dieu juvénile surgit des eaux rajeunissantes de la source secrète. C’est de cette façon que Cairos, personnification de l’opportunité, émerge au grand jour. Il devient le plus jeune fils du souverain olympien et l’unique enfant de Jouvence.

Éternel adolescent, Cairos symbolise le moment favorable pour réussir. Aussi insaisissable que sa mère, il possède une longue mèche de cheveux roux sur le front, seul moyen de l’attraper et de saisir sa chance. Une fois qu’il se retourne, son crâne rasé ne laisse aucune prise. Il s’échappe grâce à des ailes disposées sur ses épaules et ses talons et plus jamais ne repasse au même endroit.

Secret de l’éternelle jeunesse

La Fontaine de Jouvence possède la propriété de rajeunir tous ceux qui s’y baignent. Mais pour les humains, elle reste difficile à trouver. Alors, quand Zeus, voulant renforcer les liens avec eux, leur promet d’exaucer leur désir le plus cher, préserver leur jeunesse pour l’éternité arrive en haut de la liste.

Ne souhaitant pas révéler l’emplacement de la fontaine par respect pour la nymphe, le dieu de la foudre en prélève un certain volume. Il en confectionne une liqueur, l’élixir de jouvence, et charge l’âne du vieux satyre Silène de l’apporter aux mortels.

Lors de la Gigantomachie, guerre entre les dieux et les géants, l’animal avait annoncé, d’un braiment, la retraite des colosses. C’est ce qui lui vaut l’honneur d’accomplir cette tâche. En chemin, la soif le tenaille. Il interrompt son voyage et s’approche d’une fontaine, dont les eaux ondulent, pour se désaltérer.

La mue du serpent
Grâce à l’eau de Jouvence, les serpents changent de peau et conservent leur vigueur. ©Adobe Stock

Soudain, un serpent transparent comme l’eau jaillit de la cascade sacrée et le toise. Si le mammifère souhaite boire, il devra offrir le breuvage au gardien de la fontaine rampante. Épuisé, l’âne troque son fardeau contre quelques gorgées.

Dès lors, les serpents acquièrent la faculté de muer : leur peau se renouvelle et conserve son éclat. Les pauvres mortels, eux, restèrent contraints par la vieillesse et maudirent les ânes.

Découvrir l’histoire d’une autre fontaine qui contient l’Eau de la vie.


Images :

  • Kairos par Francesco Salviati, 2002.
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Triteia : déesse grecque de la cité de Tritée et fille de Triton

Dans la mythologie grecque, Triteia demeure la fille du dieu-poisson Triton. En tant que nymphe marine, elle protège l’isthme de Corinthe, mais révèle des talents de guerrière. Pas étonnant qu’Athéna, déesse des combats stratégiques, et Arès, sanglant guerroyeur, interviennent dans son histoire. Ses amours avec ce dernier méneront à la construction d’une cité en son honneur.

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Peinture de Diane Özdamar ©

Fille du dieu marin Triton

Triteia tient sa nature marine de son père Triton. Mi-homme, mi-poisson, il descend lui-même de Poséidon, le roi des mers, et d’Amphitrite, une néréide, c’est-à-dire une nymphe de la mer. Cet être amphibie élit domicile au fond d’un lac en Libye, une contrée africaine. C’est là qu’il rencontre la gardienne Tritonis et en tombe amoureux. De leur union naissent deux redoutables déesses guerrières : Pallas et Triteia.

La farouche Triteia appartient au groupe des Haliades, nymphes descendantes des premières divinités maritimes et qui veillent sur les plages et les côtes rocheuses. Elle préserve elle-même l’isthme de Corinthe, une bande de terre qui relie le Péloponnèse (une région grecque) à la Grèce continentale.

Son instinct de guerrière s’explique également par ses origines. Poséidon, son grand-père, exprime sa fureur par des tempêtes. Sous ses airs bienveillants, Triton aime déclencher des conflits. Quant à Tritonis, elle représente la nature sauvage.

En savoir plus sur Triton, dieu du mugissement de la mer

Prêtresse d’Athéna

La déesse de la guerre stratégique et de la sagesse, Athéna (Minerve dans les mythes romains), connaît une étrange naissance. Après avoir avalé sa femme Métis, son père Zeus, le roi des dieux, ressent de douloureux maux de tête. Sur les bords du lac Tritonis, il ordonne à son fils Héphaïstos, le forgeron, de lui fendre le crâne avec sa hache ! La divinité des batailles en sort aussitôt, armée de haut en bas.

Triton et son épouse prennent en charge l’éducation de la sublime combattante qui se lie, très vite, avec Pallas. Mais lors d’un entraînement, Athéna tue accidentellement sa sœur adoptive. Elle lui rend hommage en construisant une statue magique à son effigie, le Palladium.

Après le départ d’Athéna, Triteia se met à son service en tant que prêtresse. Dans la ville qui sera dédiée à la nymphe, un temple sera consacré à Athéna avec une représentation en marbre. Une parthénos, une vierge à l’image de la déesse, veille sur ce sanctuaire.

Protectrice de la cité de Tritée

Triteia entame une liaison sauvage avec le redoutable dieu de la guerre Arès (Mars, en latin). De leurs ébats naît Mélanippos, bâtisseur d’une cité en l’honneur de sa mère. Triteia veille ainsi sur la ville de Tritée, aussi appelée Tritia par Pausanias, située dans la région d’Achaïe, dans les contrées du Péloponnèse.

Avant l’entrée de cette commune se dresse un somptueux tombeau de marbre blanc, œuvre du peintre athénien, Nicias. Des peintures y représentent une femme assise sur une chaise d’ivoire. D’un côté, une suivante lève un parasol alors que de l’autre un jeune homme apparaît vêtu de pourpre. Près de lui, un esclave tient des chiens de chasse et des javelots. Sur ce territoire, on trouve « le temple des grands dieux » dont les statues se composent de terre.

Bientôt, les habitants honorent leur bienfaitrice comme une déesse. Au même titre qu’Arès, elle devient leur divinité favorite. Chaque année, des sacrifices célèbrent les deux amants divins.

Récapitulatif des caractéristiques de la déesse Triteia

  • Fonctions : déesse de la cité de Tritée, haliade de l’isthme de Corinthe, prêtresse d’Athéna.
  • Parenté : Fille de Triton et de Tritonis, sœur de Pallas.
  • Descendance : mère de Mélanippos, avec Arès.
  • Autres noms : Tritée, Tritia.

Sources :

  • Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des Arts et des Métiers de Denis Diderot et Jean le Rond d’Alembert, 1772
  • Dictionnaire des Troyens de l’Iliade.
  • La fille d’Athènes de Pierre Brulé, 1987.

Crédit image :

  • Peinture de Diane Özdamar

https://dianeozdamar.myportfolio.com/

Clytie, la nymphe amoureuse du Soleil

La belle Clytie rayonne d’amour pour le dieu du Soleil, Hélios. Quand celui-ci se détourne d’elle pour la princesse Leucothoé, la jalousie l’emporte. Les deux rivales connaîtront toutes les deux un sort tragique et une métamorphose liée à l’astre du jour.

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Océanide des eaux glorieuses, Clytie est la fille d’Océan et de Téthys. Lors de sa course pour propager la lumière sur la terre, Hélios l’aperçoit et nourrit une passion brûlante partagée.

Tout bascule le jour où Hélios, surnommé « celui qui voit tout » surprend Aphrodite, la déesse de l’amour, dans les bras de son amant Arès, le dieu de la guerre. Aussitôt, il s’empresse d’avertir Héphaïstos, l’époux de la déesse. Aphrodite, contrariée par les révélations d’Hélios, lui inspire une passion pour la princesse de Perse, la belle Leucothoé.

Habituée à recevoir les rayons réconfortants d’Hélios, Clytie s’étonne de l’absence de son amant. Elle découvre que le dieu solaire l’a délaissée pour Leucothoé. Folle de jalousie, elle dénonce sa rivale auprès de son père, le roi Orchame.

Outré par le comportement de sa fille, le roi prend une décision radicale : pour empêcher Hélios de voir Leucothoé, il ensevelit la princesse vivante durant la nuit ! Au petit matin, le dieu constate, avec tristesse, la mort de sa bien-aimée. Il verse, pour l’honorer, un nectar parfumé sur la terre qui recouvre sa dépouille. Bientôt, le corps de la pauvre princesse se transforme en un arbre qui émet du parfum lorsqu’on le brûle. L’arbre à encens, qui pousse même dans des zones très ensoleillées, vient de naître.

Après la mort de sa rivale, Clytie espère retrouver les faveurs du dieu. Indigné par son geste, Hélios délaisse la nymphe et la prive de sa lumière. Clytie, désespérée, s’isole des autres océanides et erre dans le désert. Pendant neuf jours, elle reste sans manger ni boire, fixant la course du Soleil.

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Par pitié, Hélios finit par métamorphoser Clytie en une fleur. Sous cette forme, la nymphe continue de tourner son regard vers Hélios. Cette fleur prit le nom de tournesol et est qualifiée d’héliotrope, ce qui signifie qu’elle suit la rotation du Soleil. Les Anciens racontent que le tournesol fait mourir l’arbre à encens.

 

Tout comme Hélios a porté son regard sur elle, Clytie reste à jamais tourné vers celui qu’elle aime.

 

Le petit +

Le tournesol est aussi appelé l’herbe de Clytie.


Sources :

  • Dictionnaire de la mythologie grecque et latine de Gilles Lambert & Roland Harari, 2000
  • Cours de mythologie d’Alexandre Lefranc, 1829
  • La mythologie et les fables expliquées par l’Histoire de Briasson, 1738
  • Mythologie grecque et romaine ou Introduction facile et méthodique à la lecture des poètes de Jean Humbert
  • Traité de mythologie ou explication de la fable par l’histoire et les hiéroglyphes de Jean-Jacques Lionnois, 1808

Crédit Images :

  • Clytie par Louis Welden Hawkins
  • Helios and Clytie par Melinda McCarthy, 2015

Améthyste, la nymphe cristallisée

Variété précieuse de quartz, la pierre améthyste tire son origine d’une nymphe du même nom. Le mot provient du grec « methuein », qui signifie « s’enivrer », et précédé d’un « a » privatif. En effet, les Anciens racontaient que l’améthyste possédait la faculté d’empêcher l’ivresse. L’histoire de la nymphe Améthyste fait d’ailleurs intervenir Dionysos, le dieu du vin…

Améthyste pierre

La belle Améthyste se rend joyeusement au temple d’Artémis, déesse de la chasse, lorsque Dionysos l’aperçoit. Ivre, le dieu du vin se montre très entreprenant avec elle. La nymphe, refusant ses avances, court aussi vite qu’elle peut pour lui échapper. Cependant, le dieu la poursuit inlassablement. En dernier recours, elle implore Artémis.

Lorsque Dionysos l’attrape, Améthyste reçoit l’aide de la déesse vierge. Celle-ci la transforme en un cristal dur et froid. Dépité, le dieu déverse son vin sur le minéral qui se teint en violet. Le sommet de la pierre, par lequel Dionysos a fait couler son vin, reste, depuis, plus coloré.

Sobre, Dionysos éprouve des regrets. Il procure alors à la pierre le pouvoir de dissiper l’ivresse. Au fil du temps, l’améthyste absorbe d’autres propriétés magiques et médicinales. Les démons, cauchemars, fièvres et mauvaises pensées sont repoussés par sa présence.  Elle clarifie l’esprit, apaise les émotions, développe l’intuition et contribue à la sagesse.

Améthyste pendule

Elle possède des facultés plus étonnantes comme de réduire une incarcération, de favoriser la richesse ou de rendre humble. D’ailleurs, la tradition chrétienne l’associe à la couleur de la violette, symbole de l’humilité. Elle protège de la sorcellerie, si les figures de la Lune et du Soleil sont gravées dessus et qu’on la porte au cou avec des duvets de paon et des plumes d’hirondelle. Placée sous l’oreiller, elle procure des rêves doux et prémonitoires.

En accumulant toutes ces énergies mystiques, la nymphe Améthyste trouve le moyen de se faire entendre à travers la pierre transparente. En l’arrosant d’eau et en l’approchant d’un aimant, elle répond aux questions de son possesseur. Pour cela, elle adopte la voix de l’enfant qui sommeille en la personne.

Nymphe effacée aux origines oubliées, Améthyste n’a gardé que trois choses, à la suite de sa transformation en pierre : sa transparence, sa beauté et la marque de Dionysos. Si sa propriété première se limitait à préserver de l’ivresse, elle a accumulé, au fil du temps, de nombreux pouvoirs la rendant incontournable.

Le petit +

Le magnifique étourneau améthyste (Cinnyricinclus leucogaster) présente des plumes aux couleurs de cette pierre.

Violet-backed Starling, Cinnyricinclus leucogaster, at Pilanesbe


Sources :

  • Dictionnaire de la Fable ou Mythologie de François Noël, 1803
  • Dictionnaire des pierres précieuses fines et ornementales d’Encyclopedia Universalis, 2015
  • Dictionnaire des Symboles d’Alain Gheerbrant, 1990
  • Dictionnaire des Sciences occultes de Jacques Collin de Plancy, 1848
  • The Curious Love of Precious Stones de George Kunz, 1913
  • Dictionnaire des pierres magiques et médicinales de Claude Lecouteux

Crédit images :

  • Pierre Précieuse Cristal par Aurelien_L sur Pixabay
  • Pendule d’Améthyste par VisualizarteCreativa sur Pixabay
  • Violet-backed Starling, Cinnyricinclus leucogaster par Derek Keats

Chloris, la déesse des fleurs

Simple nymphe, la belle Chloris s’épanouit en déesse des fleurs le jour où Zéphyr, le doux Vent de l’Ouest souffle dans sa direction. Son empire floral va alors s’étendre au-delà du monde grec et même toucher la mort.

Chloris

Nymphe des îles Fortunées

Au début des temps, les Titans Océan et Téthys règnent sur le monde des eaux. Ils engendrent 3 000 Fleuves et 3 000 Océanides, nymphes des océans. Chloris aurait pu devenir une de ces belles Océanides, mais son père Océan la conçoit avec une mortelle. Dès lors, Chloris ne veillera pas sur l’élément de la vie, l’eau, comme ses demi-sœurs, mais sur les îles Fortunées. C’est sur ces bouts de terre que séjournent les âmes vertueuses après leur mort, notamment celles des héros.

Tout change le jour où Zéphyr, le Vent de l’Ouest, souffle sur les îles Fortunées et aperçoit la nymphe. Le souffle coupé par sa beauté, le dieu est frappé en plein cœur. Lui qui demeure d’habitude si doux, prend l’exemple de son frère Borée, le rustre et froid Vent du Nord, et enlève Chloris, l’emmenant dans les airs.

Conscient de son acte, Zéphyr demande en mariage la nymphe pour officialiser leur liaison. Chloris accepte et son époux divin lui offre trois cadeaux exceptionnels. Tout d’abord, il insuffle l’immortalité à sa belle. Puis, il lui donne le pouvoir de faire fleurir les plantes. Enfin, il lui crée un jardin où pousse une fleur magique capable de rendre fertile, même une femme stérile.

Découvrir l’histoire du dieu Zéphyr

Déesse des fleurs

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Devenue déesse des fleurs, Chloris forme un couple complémentaire avec Zéphyr. Ils réunissent les conditions favorables à une terre fertile et un climat avantageux. S’épanouissant de plus en plus, Chloris répand sur la terre différentes semences et y fait germer de nouvelles fleurs. Le cycle des fleurs qui commence par la dissémination des graines par le vent, assuré par Zéphyr, puis la floraison guidée par Chloris va se compléter avec l’enfant des deux amoureux : Carpos, le dieu des fruits. La famille tout entière participe au cycle floral.

Mais Chloris ne s’arrête pas là. Lorsque la mort frappe, elle cherche à l’embellir et à lui trouver un sens. Quand les jeunes Narcisse, Crocus ou d’autres meurent tragiquement, les dieux appellent la déesse pour les transformer en fleur qui porte désormais leur nom. C’est aussi en tombant sur le corps sans vie d’une nymphe qu’elle a l’idée de s’en servir pour créer la reine des fleurs : la rose. Elle reçoit l’aide d’Aphrodite, déesse de l’amour, qui donne toute sa beauté à la fleur et de Dionysos, dieu du vin, qui la dote d’un délicieux parfum. Les trois Charites, déesses de la grâce, l’agrémentent de charme, de l’éclat et de la joie.

Les Charites participent également au tressage des fleurs pour former des couronnes que les divinités porteront. Les Heures célestes, déesses des saisons, se chargent de cueillir les fleurs dans le jardin de Chloris. Cette dernière était elle-même associée au printemps.

La déesse des fleurs offre également aux hommes le miel, en faisant appel à la violette, le cytise et le thym argenté, mais aussi aux insectes. Elle est la déesse de la floraison au sens large, car elle veille sur la jeunesse des hommes. Sans elle, la production des céréales, des légumes et des fruits serait amoindrie.

D’une nymphe discrète et réservée est née une déesse aux pouvoirs immenses. Chloris, surnomée la verdoyante, tire son nom du grec « khlôros » qui signifie « vert » et qui a donné aussi le mot « chlorophylle ». Son culte se répand jusqu’à Rome où elle est vénérée sous le nom de Flore.


Sources :

  • Fastes d’Ovide, vers 15 après J.-C
  • Petit Larousse illustré des mythes et des légendes de Philip Wilkinson, 2009
  • Mythologies : personnages et légendes du monde entier de Philip Wilkinson, 1999

Crédit image :

  • Détail du tableau « Le Printemps » de Sandro Botticelli, 15e siècle
  • Zephyrus wooing Flora d’Henrietta Rae, vers 1888
  • Flora d’Evelyn de Morgan, 1894

La flûte de Pan

La flûte de Pan, baptisée la syrinx, porte le nom d’une nymphe aimée de Pan, dieu grec des campagnes et des bergers. La perte tragique de cette dernière inspira cet instrument enchanteur au dieu.

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Né avec des cornes sur la tête et des jambes velues terminées par des pattes de bouc, Pan effraie sa mère. Celle-ci l’abandonne dans une forêt. Son père Hermès, le messager des dieux, le ramène sur l’Olympe pour amuser les divinités. Déjà, les deux grands aspects de la vie de Pan se dessinent : l’abandon et l’amusement.

Le joyeux Pan établit sa demeure dans les bois de la région d’Arcadie, en Grèce. Un jour, il rencontre la belle naïade Syrinx, fille du dieu-fleuve Ladon. Elle veille sur les roseaux, des plantes s’épanouissant au bord de l’eau. Subjugué, Pan s’approche d’elle, mais elle s’enfuit face à sa laideur.

Amusé, Pan continue de poursuivre la nymphe. Prise au piège, elle court jusqu’au fleuve gouverné par son père et supplie les nymphes, ses sœurs, de l’aider à échapper au dieu.

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Aussitôt, le vœu de Syrinx se réalise : elle se transforme en roseau. Dépité, Pan pleure la belle nymphe. Soudain, un vent doux et chaud se met à souffler et produit des sons dans le roseau. Le dieu a alors l’idée de le couper en 7 tubes de tailles inégales. Il les assemble avec de la cire pour former une flûte. La syrinx est inventée.

En soufflant dans sa flûte à 7 tubes, Pan devient un merveilleux musicien. Il divertit les bergers et charme enfin les nymphes. D’un amour non partagé est né un instrument qui rassemble des êtres vivants envoûtés par la mélodie émise.

 


Sources :

  • Cours de Mythologie d’Alexandre Lefranc, 1829
  • Dictionnaire de la mythologie grecque et latine de Roland Harari et de Gilles Lambert, 2000
  • Dictionnaire Classique de l’Antiquité Sacrée et Profane de Marie-Nicolas Bouillet, 1841
  • Dictionnaire de la Fable ou Mythologie de François Noël, 1803

Crédit Image :

Image issue de The story of Greece : told to boys and girls de Mary Macgregor.