Auxo : déesse grecque du printemps et de la croissance

Dans la mythologie grecque, la divine Auxo règne sur le printemps. Elle appartient au groupe des Heures célestes, quatre déesses qui régissent les saisons. Sa capacité à accroître les éléments naturels la distingue en tant que divinité de la croissance. Subjugués par sa beauté, les Athéniens l’honorent comme l’une des Grâces.

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Heure printanière

Dans les mythes grecs, plusieurs groupes de déesses apparaissent sous le terme des Heures. Les Heures terrestres, filles de Zeus, le roi des dieux, organisent la vie humaine. Héritières d’Hélios, le Soleil, et de Séléné, la Lune, les Heures solaires divisent la journée en douze temps. Plus anciennes, les Heures célestes descendent d’Ouranos, le Ciel, et de Gaia, la Terre.

Ces quatre divinités des cieux établissent le cycle des saisons. Auxo, la première, instaure le printemps. Ses sœurs, Thallo, Carpo et Hora, veillent respectivement sur l’été, l’automne et l’hiver. De plus, elles gardent le palais du maître de l’Olympe et la porte céleste. Cette dernière prend la forme d’un épais nuage qui entoure le mont Olympe.

En savoir plus sur Carpo, déesse de l’automne

Lorsque la nymphe Chloris épouse Zéphyr, le Vent de l’Ouest, elle devient la déesse des fleurs. Les Heures célestes se chargent de cueillir celles de son jardin magique. Associée au printemps, Chloris intervient elle aussi à la saison de la renaissance et complète le rôle d’Auxo.

En savoir plus sur Chloris, océanide et déesse des fleurs

Déesse de la croissance

Comme la nature qui s’éveille, Auxo symbolise le renouveau, mais aussi l’expansion. Grâce à elle, les champs se développent et les plantes poussent. Son influence s’étend chez les hommes où elle assure la croissance des enfants. Son nom se retrouve dans l’auxologie, l’étude de la croissance des êtres vivants.

Grâce athénienne

Charmante comme ses sœurs, Auxo trouve une place parmi les Charites (les Grâces, en latin), déesses de la beauté et des bienfaits, dans la cité d’Athènes. Au même titre, la déesse Hégémoné apparaît à ses côtés. Toutes les deux veillent sur la croissance.

Protectrices des adolescents, elles sont qualifiées de courotrophes. Les éphèbes les invoquent dans le serment de la stèle d’Acharnes, en tant que figures de la fertilité, avec Thallo, Heure de l’été.

Récapitulatif des caractéristiques de la déesse grecque Auxo

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  • Fonctions : heure du printemps, gardienne de la porte céleste du mont Olympe, déesse de la croissance, charite chez les Athéniens.
  • Parenté : Fille d’Ouranos (le ciel) et de Gaia (la terre). Sœur de Thallo (l’été), Carpo (l’automne) et Hora (l’hiver).
  • Groupe : Les Heures célestes.
  • Mot associé : l’auxologie est l’étude de la croissance des êtres vivants.

Découvrir d’autres déesses de la mythologie grecque


Sources :

  • Dictionnaire Larousse en ligne
  • Dictionnaire portatif de mythologie pour l’intelligence des poètes d’André de Claustre, 1765.
  • Conférence de M. Steven H. Lonsdale dans Annuaires de l’École pratique des hautes écoles, 1992.
  • Guerre et religion en Grèce à l’époque classique : recherches sur les rites, les dieux, l’idéologie et la victoire, 1979.
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Carpo, la déesse de l’automne

Dans la mythologie grecque, quatre belles déesses, les Heures célestes, régissent les saisons. Parmi elles, Carpo règne sur l’automne et assure la fructification. Bien au-delà de cette période entre l’été et l’hiver, son empreinte s’étend sur notre langage.

Automne Carpo

Heure automnale

Contrairement aux Heures terrestres, filles de Zeus organisant la vie humaine, les Heures célestes, plus anciennes, descendent d’Ouranos, le Ciel, et de Gaïa, la Terre. Elles assurent l’ordre de la nature. Ainsi, Auxo s’occupe du printemps et de la croissance des végétaux. L’été et la floraison reviennent à Thallo, suivie de Carpo pour l’automne et la fructification. La dernière, Hora, représente l’hiver.

Ces déesses se distinguent par leur beauté. Après une blessure infligée par son fils, le titan Cronos, Ouranos s’exile au ciel et fomente sa vengeance. Il envoie les Heures pour séduire leur frère et l’assassiner. Cependant, le piège d’Ouranos se retourne contre lui : Hora tombe amoureuse de Cronos, représentation du Temps, bientôt suivie par ses trois autres sœurs.

Lorsque le Titan tombe face à son fils Zeus, les Heures rejoignent le camp du vainqueur. Le nouveau Roi des dieux leur confie le soin de veiller sur son palais et d’ouvrir et de fermer la porte céleste, c’est-à-dire d’écarter ou de rapprocher l’épais nuage situé au-dessus du mont Olympe. C’est en particulier Carpo qui occupe cette fonction et garde un œil sur le chemin menant à la demeure des divinités.

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Compagne des déesses et de Dionysos

Carpo assiste également Perséphone, la déesse de la germination devenue Reine des Enfers, Héra, l’épouse de Zeus, ou encore Aphrodite, la déesse de l’amour et de la beauté. Elle-même gracieuse, Carpo n’a rien à envier à ces déesses.

Elle porte une tunique aux tons de la feuille de vigne sous une draperie, couleur de sang, référence au vin nouveau. Une couronne de grappes de raisins et de pampre, branche de vigne avec ses feuilles, ses vrilles et ses fruits, sublime ses cheveux roux. Son lien avec la vigne la rapproche de Dionysos, dieu du vin, dont elle est une compagne.

Déesse de la fructification et de la maturation

Dans ses mains, la déesse automnale, responsable des récoltes et vénérée par les agriculteurs, transporte un panier rempli de fruits. D’ailleurs, son nom signifie « fruit ». Il constitue l’origine de mots entrés dans notre langage comme la carpologie, science qui étudie les fruits et les graines, le carpophage, un pigeon frugivore ou encore le carpelle, pièce florale qui constitue l’organe femelle des plantes. Un satellite de la planète Jupiter (Zeus, en latin) porte le nom de Carpo.

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En alchimie, l’automne correspond au temps de maturation du Grand œuvre, c’est-à-dire à la réalisation de la pierre philosophale, substance capable notamment de changer le plomb en or. La déesse Carpo symbolise de même la maturation.


Sources :

  • Dictionnaire universel de mythologie ancienne et moderne de Jacques Migne, 1855
  • Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des Arts et des Métiers de Denis Diderot et Jean le Rond d’Alembert, 1772
  • Mythologie pittoresque de Joseph Odolant-Desnos, 1839

Crédits images :

  • La déesse de l’automne, illustration de Ravven, en 2013
  • Avenue de l’automne de jplenio sur Pixabay
  • Feuille d’automne sur un banc, photographie personnelle prise le 08 octobre 2018

Dame Holle, la Dame Hiver

Munie de longues dents, la vieille Dame Holle a de quoi faire peur ! Pourtant, elle se révèle bienfaisante, du moins avec ceux qui en valent la peine…

Dame Holle

Dans un royaume paisible où pousse une infinité de fleurs et où les aliments sont doués de parole, une vieille dame coule des jours heureux dans sa maisonnette. Sa principale préoccupation demeure de garder son logis en ordre. Elle se prénomme Dame Holle ; ce dernier mot signifie « enfer » en allemand.

Le passage d’accès au monde de Dame Holle se situe dans un puits, suggérant un royaume souterrain comme l’enfer. La vieille femme symbolise la mort de la terre ce qui explique son lien avec l’enfer et la quatrième saison. On la surnomme, d’ailleurs, Dame Hiver. En secouant son édredon, des plumes volent et se transforment en neige. Quand les flocons tombent, on dit que « Dame Holle fait son lit« .

Le plus souvent, Dame Holle présente l’aspect d’une vieille femme dont la dentition n’a rien à envier à un vampire ! Cette apparence perdure en automne et en hiver. Au printemps, la dame se transforme en une belle jeune femme. Elle se baigne aux alentours de minuit dans un lac ou une fontaine. Le Roi de l’Hiver passe son temps à la courtiser. En été, le mariage entre le Roi et la Dame est célébré. Holle devient femme et un symbole de fertilité. De dos, son apparence est celle d’un arbre.

C’est durant la saison froide qu’une fille de notre monde rencontre Dame Holle. Chargée par son affreuse belle-mère de récupérer sa quenouille tombée dans un puits, elle plonge dans le royaume de Dame Holle. Dans un four, des pains lui crient en chœur :

« Retire-moi ! Retire-moi ! Sinon, je vais brûler, je suis déjà bien cuit et plus que cuit ! »

Sans hésiter, la visiteuse les retire. Puis des pommes l’interpellent :

« Secoue-moi, secoue-moi ! Nous, les pommes, nous sommes toutes mûres ! ».

Alors, elle s’exécute.

Bien que le soleil rayonne, dans ce royaume, plusieurs saisons coexistent. C’est ainsi que la fille aperçoit Dame Holle au travers d’une fenêtre et prend peur face à son apparence. La vieille se montre pourtant aimable et lui propose de l’aider à conserver une maison propre en échange d’un foyer et d’un repas quotidien. L’étrangère accepte et remplit son office de bon cœur.

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Un jour, la fille souhaite, cependant, retrouver son monde. Dame Holle l’aide à franchir un portail et la récompense, pour ses efforts, en la couvrant d’or et en lui rendant sa quenouille. De retour chez elle, la « demoiselle d’or » attire la jalousie et la curiosité de sa demi-sœur, laide et paresseuse.

Cette dernière plonge à son tour dans le royaume enchanteur de Dame Holle. Toutefois, pas question de retirer le pain du four ou d’aider les pommes à tomber de l’arbre ! Après avoir trouvé l’habitation de la vieille dame, l’affreuse demi-soeur se met à son service. Toutefois, pas question d’épousseter ! A bout de nerfs, Dame Holle congédie la paresseuse. Avant de traverser le portail, elle la couvre d’une tonne de poix ! La « sale demoiselle » restera dans cet état toute sa vie.

Dame Holle représente bien la dualité des choses : son apparence peut être repoussante, mais son cœur bon, sa récompense peut être d’or ou sous forme de poix, son corps peut être à la fois humain et végétal, son royaume peut s’écouler à la fois en été et en hiver… Ses dons lui permettent de faire tomber des éléments sur la terre comme la neige, la fortune ou le malheur. Prenez donc garde à votre attitude lorsque vous la croiserez !


Sources :

  • Dame Holle des Frères Grimm
  • Le Dictionnaire Féérique d’André-François Ruaud, 2002

Crédit image :

  • Dame Holle dans le parc d’attractions Efteling (Pays-Bas)
  • Madame Holl d’Anne Anderson

Chloris, la déesse des fleurs

Simple nymphe, la belle Chloris s’épanouit en déesse des fleurs le jour où Zéphyr, le doux Vent de l’Ouest souffle dans sa direction. Son empire floral va alors s’étendre au-delà du monde grec et même toucher la mort.

Chloris

Nymphe des îles Fortunées

Au début des temps, les Titans Océan et Téthys règnent sur le monde des eaux. Ils engendrent 3 000 Fleuves et 3 000 Océanides, nymphes des océans. Chloris aurait pu devenir une de ces belles Océanides, mais son père Océan la conçoit avec une mortelle. Dès lors, Chloris ne veillera pas sur l’élément de la vie, l’eau, comme ses demi-sœurs, mais sur les îles Fortunées. C’est sur ces bouts de terre que séjournent les âmes vertueuses après leur mort, notamment celles des héros.

Tout change le jour où Zéphyr, le Vent de l’Ouest, souffle sur les îles Fortunées et aperçoit la nymphe. Le souffle coupé par sa beauté, le dieu est frappé en plein cœur. Lui qui demeure d’habitude si doux, prend l’exemple de son frère Borée, le rustre et froid Vent du Nord, et enlève Chloris, l’emmenant dans les airs.

Conscient de son acte, Zéphyr demande en mariage la nymphe pour officialiser leur liaison. Chloris accepte et son époux divin lui offre trois cadeaux exceptionnels. Tout d’abord, il insuffle l’immortalité à sa belle. Puis, il lui donne le pouvoir de faire fleurir les plantes. Enfin, il lui crée un jardin où pousse une fleur magique capable de rendre fertile, même une femme stérile.

Découvrir l’histoire du dieu Zéphyr

Déesse des fleurs

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Devenue déesse des fleurs, Chloris forme un couple complémentaire avec Zéphyr. Ils réunissent les conditions favorables à une terre fertile et un climat avantageux. S’épanouissant de plus en plus, Chloris répand sur la terre différentes semences et y fait germer de nouvelles fleurs. Le cycle des fleurs qui commence par la dissémination des graines par le vent, assuré par Zéphyr, puis la floraison guidée par Chloris va se compléter avec l’enfant des deux amoureux : Carpos, le dieu des fruits. La famille tout entière participe au cycle floral.

Mais Chloris ne s’arrête pas là. Lorsque la mort frappe, elle cherche à l’embellir et à lui trouver un sens. Quand les jeunes Narcisse, Crocus ou d’autres meurent tragiquement, les dieux appellent la déesse pour les transformer en fleur qui porte désormais leur nom. C’est aussi en tombant sur le corps sans vie d’une nymphe qu’elle a l’idée de s’en servir pour créer la reine des fleurs : la rose. Elle reçoit l’aide d’Aphrodite, déesse de l’amour, qui donne toute sa beauté à la fleur et de Dionysos, dieu du vin, qui la dote d’un délicieux parfum. Les trois Charites, déesses de la grâce, l’agrémentent de charme, de l’éclat et de la joie.

Les Charites participent également au tressage des fleurs pour former des couronnes que les divinités porteront. Les Heures célestes, déesses des saisons, se chargent de cueillir les fleurs dans le jardin de Chloris. Cette dernière était elle-même associée au printemps.

La déesse des fleurs offre également aux hommes le miel, en faisant appel à la violette, le cytise et le thym argenté, mais aussi aux insectes. Elle est la déesse de la floraison au sens large, car elle veille sur la jeunesse des hommes. Sans elle, la production des céréales, des légumes et des fruits serait amoindrie.

D’une nymphe discrète et réservée est née une déesse aux pouvoirs immenses. Chloris, surnomée la verdoyante, tire son nom du grec « khlôros » qui signifie « vert » et qui a donné aussi le mot « chlorophylle ». Son culte se répand jusqu’à Rome où elle est vénérée sous le nom de Flore.


Sources :

  • Fastes d’Ovide, vers 15 après J.-C
  • Petit Larousse illustré des mythes et des légendes de Philip Wilkinson, 2009
  • Mythologies : personnages et légendes du monde entier de Philip Wilkinson, 1999

Crédit image :

  • Détail du tableau « Le Printemps » de Sandro Botticelli, 15e siècle
  • Zephyrus wooing Flora d’Henrietta Rae, vers 1888
  • Flora d’Evelyn de Morgan, 1894